mercredi, juin 14, 2006

Sept mots bafoués

La fleur : Pivoine Scarlet O'Hara

Quand je regarde ce monde
Ce ne sont pas sept mots
Qui me viennent à l'esprit
Quand je regarde ce monde
Ce sont sept maux
Qui font mal à mon esprit

Qui a parlé de paix?
Où est cette sainte paix tant recherchée?
Dans la super consommation?
Dans la mort d'un autre humain?

Qui a parlé de liberté?
Où se cache cette liberté?
Dans les cartes à puces?
Dans les rapports d'impôts?

Qui a parlé d'égalité?
Où se vit cette égalité?
Dans la couleur de la peau?
Dans le salaire d'une femme?

Qui a parlé de fraternité?
Où se rencontre cette fraternité?
Dans le salon ovale de la Maison Blanche?
Dans les synagogues, les églises, les mosquées?

Qui a parlé de démocratie?
Où se pratique cette démocratie?
Dans les pots-de-vin des grosses Compagnies?
Dans les discours démagogiques et les fausses promesses?

Qui a parlé de justice?
Où se terre cette justice?
Dans les salaires des avocats?
Dans les bidonvilles des grandes villes?

Qui a prononcé le mot humain?
Où est ce terrien appelé humain?
Est-ce celui qui tue?
Est-ce celui qui exploite un autre humain?
Est-ce celui qui ignore d'où il vient?
Est-ce celui qui pense qu'il pense?
Est-ce celui qui sait où il va?

Est-ce celui qui sait
Que ces mots bafoués
Que ces maux sont une mise en scène
Que sa vie est une série d'expériences
Qu'un jour tout deviendra clair
Clair comme du cristal
Claire comme l'eau d'une source
Il saura d'où vient la source.

lundi, juin 12, 2006

Nostalgie voltairienne


Encore aujourd’hui
Je relis ton poème
Sur le désastre de Lisbonne
Cri existentiel
Sur une telle absurde souffrance

Encore aujourd’hui
Tu aurais écrit un poème
Sur le désastre causé par le tsunami
Cri démentiel
Sur une telle asiatique agonie

Encore dans un lointain hier
Tu dénonçais les guerres
Dans les contrées ravagées de ton époque
Cri de colère
Sur la royale bêtise humaine

Encore dans un proche aujourd’hui
Tu ragerais contre les intrusions impériales
Sur les terres du Golfe
Cri viscéral
Sur ce persique carnage humain

Encore il y a si longtemps
Tu raillais les pontifes religieux de tout acabit
Sur leur hypocrisie camouflée
Cri désespéré
Sur leur sainte sauvage supercherie

Encore maintenant
Tu pourfendrais ces bonzes
Sur leurs offensives kamikazes et suicidaires
Cri de haine
Sur le prétendu axe du mal ou du bien

Voltaire, reviens
Ton absence est insupportable aux temps présents
Voltaire, reviens
Je ne supporte plus cette grande noirceur planétaire
Ta lumière est indispensable.


dimanche, juin 11, 2006

Les pêcheurs du lac Gorgotton

Chaque année, je vais à la pêche avec plusieurs de mes frères et quelques amis. Ce poème témoigne de l'ambiance qui y règne.



Dans ce décor de rêve
Loin des bruits de la civilisation
Loin des tapages inutiles
Loin des traquenards sociétaux
Loin des hurlements réducteurs
Huit humains, frères par le sang et l’amitié
Vivent une étonnante complicité.

Venant d’horizons divers
Ayant des vécus riches
Vivant de désirs profonds
Souhaitant des demains prometteurs

Ces huit humains pêcheurs, pendant quelques heures confraternisent
S’émerveillent de leurs prises
S’émeuvent en évoquant les amours de leur vie
Bénissent Bacchus et son précieux liquide
Théâtralisent des faits divers
Discutent des heures durant des mets à déguster
Admirent celui qui dépèce les petites truites
Eux qui préféreraient en pêcher de plus grosses
Se bidonnent des histoires rocambolesques de Rosaire
S’extasient devant les prouesses réparatrices de Richard
Sont médusés devant les silences significatifs de Michel
Constatent avec ravissement les constructions de Romuald
Sont étonnés par la transparence émotive de Guy
Se méfient des entourloupettes d’Élie
Sont magnétisés par la franchise de Claude.

Moi, Jacques, qui écris ce poème
Pour rien au monde, j’échangerais ces compagnons
Malgré leurs propos farfelus
Malgré leurs extases devant les filles des calendriers
Malgré leurs jugements à l’emporte- pièce
Malgré leurs histoires de cul
Malgré leurs flèches acérées
Contre les politiciens
Contre les fanatiques religieux
Contre les crosseurs du système
Contre les faux-dieux
Contre les idéologues de tout acabit


Toi, le poète, laisse tomber ta colère,
Pense à ces huit compagnons
Qui, sur ce lac de rêve,
Font le vide plein du quotidien
Hument les fragrances de la nature
Entendent le cri des huards
S’attendrissent sur les rejetons des hirondelles
S’affairent dans l’intendance domestique du camp
Ronflent en chœur dans une diabolique et divine harmonie
Se prêtent aux confidences d’un compagnon en détresse
Montrent leurs corps nus aux regards indiscrets
Prennent leurs pilules en se bidonnant
Mordent tout simplement dans la vie
Sans n’avoir plus rien à prouver à la galerie.


Vous qui lirez ce poème
Sachez que ces huit compagnons heureux
Admiratifs inconditionnels de la nature
Se prêtent à des confidences
Laissent tomber inopinément
Par bribes leurs effluves amoureuses verbales
Sous les regards ébahis de leurs interlocuteurs
Sidérés par leurs prouesses verbales ou fictives.
De loin, j’entrevois vos sourires amusés!
Qu’ils sont vantards ces joyeux gaillards!
Pour eux, les collines sont des montagnes
Les patates brunes sont des pépites d’or
Les « Toronto Wobbler » sont des étoiles filantes
Leurs vers de terre sont de succulentes lentilles
Leurs barques sont des Crossfire Roadster
Les truites sont des Naïades.

Laissons rêver ces pêcheurs
Laissons-les fraterniser
Laissons-les vivre pleinement
Dans ce décor de rêve
La civilisation les rattrapera
Bien assez vite.

vendredi, juin 09, 2006

Dodge Caravan


Ci-dessus le nouveau bolide de mon frère. J'ai décidé d'une façon humoristique de lui concocter un poème question de s'amuser durant ces jours pluvieux. Pas question d'inciter à consommer, ni à polluer. C'est tout simplement un clin d'oeil humoristique, car souvent mes sujets sont très songés et ne prêtent pas à rigoler.

Toi qui me caravanes sur les routes de l'Amérique
Toi qui m'accueilles dans ton habitacle douillet
Je me chryslère en toi
Je me dodge d'émotions

Toi, mon esclave
Toi, mon elfe SE
Je n'irai pas jusqu'à te déifier
Je n'irai pas jusqu'à me fondre en toi

Je reste maître de toi
Je suis celui qui te conduit
Capte bien mes vibrations
Ajuste tes senseurs

Les grands espaces de mon pays t'exigent
Tu m'amèneras à mon camp de pêche
Tu me conduiras au terrain de golf
Tu accueilleras ma bien-aimée, mon amoureuse
Tu iras partout où je voudrai
C'est moi ton maître

Mes besoins relationnels te font nécessaires
Garde bien la route
Si tu te dégonfles, je t'enfonce
Si je m'enrage au volant, motorise-moi des bruits doux
Si j'appuie trop sur ta pédale, freine mes élans

Tu trouveras enfin le repos sous mon abri d'auto
Sois toujours à la hauteur de ma carrière passée.
Moi, nouveau retraité, tu me rappelleras de merveilleux souvenirs
Pour moi, dans cette nouvelle vie, tu seras une compagne nécessaire
Sois pour toujours ma complice, le symbole de ma liberté nouvelle.

jeudi, juin 08, 2006

Rêve humaniste


Nom de la fleur : Beautiful Edgings

J’ose rêver
D’amitié
D’amour
Entre les humains
Une inconditionnelle fraternité

Ni races
Ni castes
Ni religions
Ni langues
Ni cultures
Ni sexuelles orientations
Ni économiques conditions
Comme barrières à la fraternité

Une planétaire complicité
Un idéal commun
Le matériel au service de l’humain
L’avoir au service de l’être

Une attention soutenue pour la petite planète bleue
Qui nous sert de demeure provisoire
Une attention soutenue pour l’autre bipède sans plumes
Qui est un humain comme moi
Qui aspire à vivre et à laisser vivre.

mercredi, juin 07, 2006

Quand la poésie se mêle d’astrologie


Nom de la fleur : Ice Follies

Bélier qui pétille
calme ton élan
toi, le séducteur

Taureau qui provoque
écoute sans preuve
toi, le producteur

Gémeaux qui bouge
concentre tes énergies
toi, l'acteur

Cancer qui raisonne
contrôle ton émotivité
toi, l'assureur

Lion qui s'impose
laisse vivre les autres
toi, le dominateur

Vierge qui critique
cesse tes stratégies
toi, l'évaluateur

Balance qui doute
décide par toi-même
toi, le négociateur

Scorpion qui dramatise
apprends à vivre
toi, le récupérateur

Sagittaire qui brise l'inertie
apprécie la paix
toi, le compétiteur

Capricorne qui est prévisible
aie du plaisir
toi, l'inventeur

Verseau qui projette
vis dans le présent
toi, le rêveur

Poissons qui intrigue
oublie ta rancune
toi, le charmeur

Myrtilles

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes
Mon eldorado est un jardin de myrtilles
Je le cultive loin de la ville
Loin des bruits inutiles
Loin des traquenards sociétaux
Loin de tout ce qui cause des maux

Quelles sont belles mes myrtilles
Dans la rosée matinale
Sous le soleil du midi
Dans la pénombre de la naissante nuit

Mes myrtilles arborent un sourire radieux
Elles devinent la souffrance des anxieux
Pas de mur ne les sépare
Personne ne les écrase
Elles sont pleines de grâce