lundi, août 02, 2021

La campagne de mon enfance

 


Je me suis promené en vélo dans la campagne de mon enfance

La plupart de mes repères ont disparu

J'ai retrouvé cependant les mêmes senteurs

Senteurs de foin

Senteur de fumier

Senteur de porcherie

Senteurs de la nature campagnarde

 

Ce Québec rural était vraiment un autre monde

Pas de Facebook, pas de iPod, pas de iPad

Route poussiéreuse de terre

Tas de roches partout dans les clos

La cloche du village qu’on entendait dans le lointain

Chapelet quotidien avec les litanies parfois en prime


Une religiosité déroutante par sa naïveté

Des croyances farfelues sur l’au-delà

Bref la plus insignifiante des enfances

 

La nature brute avec la déesse de la foi et le dieu du travail



 

Trouver les mots

 


Pas facile de trouver les mots

Pour dire  ce qui bouillonne

À l’intérieur

Cet intérieur si fragile

 

Si facile de se réfugier dans le silence

Pour s’épargner de crier

Sa souffrance

Cette douleur si tangible

 

Aller vers l’autre pour se livrer

Pour dire sa peine

Ce qui ronge son intérieur

Ce mystérieux monde impénétrable

 

Encore faut-il trouver les mots

Sans trouver les excuses

Pour s’esquiver

Cette fuite qui mène au gouffre

 

Ne pas cacher le côté fragile

De son être tourmenté

Trouver les mots les authentiques

Pour enfin entendre les vrais mots

Qui redonneront l’espoir

D’un lendemain plus heureux



 

vendredi, juillet 30, 2021

Souvenirs évelyniens

 


J’ai souvenir encore

D’une maman qui cuisinait

De bons pâtés aux patates

Au gars du bateux en automne

 

Quand le four daigne encore

Recevoir une tarte au sucre

Le petit gars que jadis j’étais

Vit une extase si intense

Au mépris d’une apoplexie

 

Je connais un frère

Qui dans son rang

Concocte à sa douce

Pains et gâteaux

La laissant dans une extase

Dans une espèce de béatitude

Temporelle quasi éternelle

 

J’ai souvenir encore

Que malgré notre extrême pauvreté

Des moments volés au destin

Transcendaient nos tristes insignifiances

Les rendaient magiques par moment

Même nos lendemains de misère

Nous laissaient un imaginaire heureux



jeudi, juillet 29, 2021

De l'ombre à la lumière

 


Ah ces nouvelles en continu

Ah ces nouvelles terrifiantes

Ah cette pauvre humanité

Ah ce pauvre bipède humain

 

Ce futur monstre voit le jour

Tout petit tout dépendant

Sa mère l’allaite et le dorlote

On s’émerveille de ses premiers sons

 

Puis vient l’adolescence

Puis viennent les influences

Il gobe tout sans discernement

On ne lui a pas appris à penser

Par lui-même

 

On l’enrôle on l’endoctrine

On lui désigne ses futurs ennemis

On lui fait miroiter la construction

D’un bel avenir pour les siens

 

Il ne connaît pas ces trois mots

Égalité liberté fraternité

Il ne connaît que trois réalités

Dominer tuer terroriser

Pauvre bipède qui n’a rien d’humain

C’est un animal qui guette sa proie

Il ne sait pas ce qu’est la lumière

L’ombre est son refuge



mercredi, juillet 28, 2021

Dételer

 


Oui ce court passage terrestre

Amène l’humain que je suis

À dételer

Il n’y a pas que l’ancestral cheval

Qui se fait dételer

Par son maître

 

Non, il y a nous pauvres humains

Qui arrivons un jour à l’orée de nos vies

Qui devons par nous-mêmes ou contre nous

À cause de l’impitoyable destin

Dételer de cette courte vie

 

Qu’est-ce que dans la longue histoire

De notre petite planète bleue

Ces quelques années de notre terrestre vie

À peine une ruade éphémère

 

Alors que comprendre d’intelligent

À quoi pourtant s’accrocher

Aux harnais de ce cheval

Qui refuse de se faire dételer

Oh que non


J’entends vos pleurs et vos silences

J’entends ce refus de l’évidence

Mais il y a ce réveil brutal

Que bientôt il faut dételer


Pour plonger dans l’inconnu

Dans le vide ou le plein sidéral

Ou dans rien du tout

Mais pour le moment

Il y a la vie

Il y a l’amour

Il y a l’espoir



jeudi, mars 31, 2016

Les tiroirs de ma mémoire

Jamais je n’aurais pensé
Que rendu à un âge vénérable
Les tiroirs de la mémoire s’entrouvriraient
Sans que je le veuille vraiment

Ce que j’y trouve est tellement beau
Que le doute s’installe en moi
La réalité de mon enfance semble
Tellement embellie que j’en suis ému

Pourtant je suis né sur une terre infertile
Où les roches contrôlaient le territoire
Pourtant j’ai vécu dans l’insignifiance
D’une enfance épicée au fondamentalisme
Catholique empreint de religiosité

Je ne savais pas ce qu’était la révolte
L’allée des vaches étant le tracé
Qui me conduisait à l’orée du boisé
Où j’ignorais le mot décimation

Mon œil vieilli voit tellement proche
Ces insignifiances lointaines
L’homme que je suis
N’aurait jamais assumé
Ce qui fut jadis
Sans un cri de révolte
De colère

Prendre l’affabulation pour la vérité
Voir mes ancêtres si chers s’abreuver
De ces eaux sans se questionner
Ne les voir jamais remettre en question
Ce qu’il prenait pour la réalité
Tout cela horripile au plus haut point
Le septuagénaire que je suis

Mais hélas je comprends qu’ils étaient
Prisonniers dans leur univers clos
Qu’ils ne pouvaient regarder de haut
Et rejeter toutes ces fables qui ont meublé
Le désert de leur vie.
Il y a de ces vérités qu’ils n’auraient tout simplement

Pas pu supporter sans suffoquer.


jeudi, mars 17, 2016

Béatrice

En cette fin d’hiver, à l’heure du midi
J’apparus. Je sais que vous m’attendiez.
Malgré mes petits yeux fermés, j’ai senti votre présence
Je sais que vous allez me chérir et me cajoler

Ma vie commence dans une famille de rêve
La médecine douce sera à mon secours en tout temps
Je mangerai de bons produits venant de la ferme
Qui sait. J’irai moi aussi un jour au Portugal.

La douce voix de la reine des Neiges
Accompagnera mes nombreuses siestes
Mon grand frère adoré tourbillonnera autour de moi
Il sera toujours là pour me donner ma suce

Ma grande sœur m’apprendra tout
Elle me fera bricoler, chanter, danser
Je lirai la fierté dans les yeux de mon papa
Que dire de ma douce et tendre maman
Elle saura me consoler, m’apaiser et me chérir


Ah oui ! Mes grands parents. Laissez-les me gâter.