dimanche, juin 18, 2006

Enfants de ma vie, enfants de l’avenir



Je dédie ce poème à toutes les enseignantes et à tous les enseignants qui se dévouent pour leurs élèves.

Enjoués, fatigués, aimés, bafoués
Ces enfants de ma vie
Ces enfants de l'avenir
Ces enfants qu'on m'a confiés
Ces enfants qui me laissent épuisé
Ces enfants qui attendent des gestes d'amour
Ces enfants qui feront le monde à leur tour.

Ce soir, je marche dans leurs rêves
Tricotés avec crayon et papier
Malgré les courants contraires
Malgré les discours réducteurs
Ces enfants sont l'avenir
Ces enfants sont ma source d'énergie
Ces enfants sont mes trésors en or

Le plus beau métier du monde
Développer la personne
Celle qui sera l'avenir
Celle dont je tire le meilleur
Celle que je mène ailleurs
Celle qui sera l'avenir

Ce métier le plus beau
Comme le plus vieux
A pour nom Amour
Femmes et hommes
Par milliers
Chaque jour
Dans la solitude
Dans la joie
Savent
Qu'ils façonnent
L'avenir.

Ce pouvoir
Leur appartient
Personne
Ne peut leur ravir.

vendredi, juin 16, 2006

Du bisse au jardin d’Éden

La fleur : Pavot Pizzicatto

J’errais quelque part sur ma planète
Tant de guerres
Tant de souffrances
Tant de sanglots
Me disais-je dévasté

Au détour d’un boisée
Dans une colline abrupte
Une femme assise près d’un bisse
Pieds nus dans l’eau fraîche
Irradiait la plénitude, la sainte paix

J’ai lu ton poème ô femme
Dans Expression9.com
Si je suis cette perle si précieuse
Pourquoi les incertitudes du siècle présent
Viennent te tourmenter?

Le bisse se transforma en rivière
Avec cette femme toujours assise près d’elle
Cette main qu’elle caressa tendrement
Devint légère laissant échapper le poids de mes soucis
Suis-je le Siddhartha qui rencontre sa belle Kamala
Me disais-je intrigué

La rivière se transforma en fleuve
Avec cette femme toujours assise près de lui
Ses lèvres se posèrent sur mon front
Les sueurs froides provoquées
À la pensée des bipèdes inconscients s’estompèrent
Un doux envoûtement fit place aux soucis
Suis-je l’alchimiste qui réalise sa légende personnelle
Me disais-je pacifié

Le fleuve se transforma en océan
Avec cette femme toujours assise près de lui
Son corps nu se posa sur le mien
Une marée foudroyante arrosa nos corps enlacés
Les terribles vagues étaient de douces caresses
Les écumes gagnèrent leurs chaudes crevasses
Les soubresauts erratiques de l’humanité
Les angoisses de mes contemporains
Le vide existentiel de tant d’autres
Suis-je le Candide qui retrouve sa Cunégonde
Me disais-je surexcité

L’océan se transforma en jardin d’Éden
Avec cette femme qui m’aide à cultiver mon jardin
Seul importe ma perle précieuse, ma nouvelle Ève
Je mangerai toutes les pommes qu’elle m’offrira
Me disais-je agapêtisé

jeudi, juin 15, 2006

L'écoute de l'autre

La fleur : Pivoine Gay Paree

Tout le monde parle, mais personne n’écoute vraiment l’autre. Ce constat, on le fait tous les jours. Quand quelqu’un ose écouter, il juge et condamne ce qui amène l’autre à le haïr, car il sent un manque de respect envers sa personne.

Écouter l’autre ne veut pas dire se laisser impressionner ou magnétiser. C’est regarder ce qu’il y a d’intelligent dans ses propos. Ce n’est pas par hasard si l’autre est dans votre vie. En l’écoutant vraiment, vous recevrez une information très pertinente qui vous concerne même si l’autre ne s’en rend pas compte. En laissant de côté tout ce qui vient de l’âme i.e. tout ce qui est émotionnel, vous constaterez que l’esprit de l’autre se manifeste et a des informations qui vous concernent.

Cette prise de conscience que l’écoute de l’autre peut améliorer votre vie permettra de vivre des associations qui vont améliorer la définition et la qualité de votre personne. Cette aptitude à reconnaître l’intelligence des autres lorsqu’ils vous parlent va changer votre dynamique personnelle et établir des associations durables.

Il est évident que l’individu centrique possède une forte individualité, mais s’il est capable d’écouter l’autre, son individualité ne l’isolera pas nécessairement. Il a compris qu’en ce troisième millénaire l’action passe par l’alliance.

C’est cette absence d’écoute de l’autre qui est la cause de tous les conflits qui affligent encore malheureusement notre planète. C’est triste de constater que les races, les langues, les religions, les idéologies sont la source de tant de conflits encore en ce début de siècle.

Comment vont se résoudre ces conflits ? Il faudra bien un jour que le juif écoute le musulman, que le catholique écoute le protestant, que le Serbe écoute l’Albanais, que le Russe écoute le Tchéchène, que le riche écoute le pauvre, etc.

En ces temps-ci, le bogue à combattre est le manque d’écoute, car l’évolution de la personne passe par l’alliance et la reconnaissance de l’esprit de l’autre par l’action.

Culpabilité

La fleur : Iris conjuration

Culpabilité, quel poison rare
Qui tue à petites doses
Qui enchaîne le quotidien
Qui atrophie la conscience
Qui amnésie le positif de la vie

Tu t’infiltres dès le jeune âge
Tu t’intensifies à coups de morale
Tu te densifies avec des pseudo-valeurs
Tu sécurises par l’approbation généralisée

Seul un saut en hauteur peut t’extirper
Ce saut est synonyme de prise de conscience
Conscience qui démasque ton imposture
Conscience qui foudroie ton monde virtuel
Conscience qui montre au grand jour tes mises en scène
Conscience clé de salut de l’individuation
Conscience qui brise les barreaux de ta prison
Conscience qui fait de toi un être libre

mercredi, juin 14, 2006

Sept mots bafoués

La fleur : Pivoine Scarlet O'Hara

Quand je regarde ce monde
Ce ne sont pas sept mots
Qui me viennent à l'esprit
Quand je regarde ce monde
Ce sont sept maux
Qui font mal à mon esprit

Qui a parlé de paix?
Où est cette sainte paix tant recherchée?
Dans la super consommation?
Dans la mort d'un autre humain?

Qui a parlé de liberté?
Où se cache cette liberté?
Dans les cartes à puces?
Dans les rapports d'impôts?

Qui a parlé d'égalité?
Où se vit cette égalité?
Dans la couleur de la peau?
Dans le salaire d'une femme?

Qui a parlé de fraternité?
Où se rencontre cette fraternité?
Dans le salon ovale de la Maison Blanche?
Dans les synagogues, les églises, les mosquées?

Qui a parlé de démocratie?
Où se pratique cette démocratie?
Dans les pots-de-vin des grosses Compagnies?
Dans les discours démagogiques et les fausses promesses?

Qui a parlé de justice?
Où se terre cette justice?
Dans les salaires des avocats?
Dans les bidonvilles des grandes villes?

Qui a prononcé le mot humain?
Où est ce terrien appelé humain?
Est-ce celui qui tue?
Est-ce celui qui exploite un autre humain?
Est-ce celui qui ignore d'où il vient?
Est-ce celui qui pense qu'il pense?
Est-ce celui qui sait où il va?

Est-ce celui qui sait
Que ces mots bafoués
Que ces maux sont une mise en scène
Que sa vie est une série d'expériences
Qu'un jour tout deviendra clair
Clair comme du cristal
Claire comme l'eau d'une source
Il saura d'où vient la source.

lundi, juin 12, 2006

Nostalgie voltairienne


Encore aujourd’hui
Je relis ton poème
Sur le désastre de Lisbonne
Cri existentiel
Sur une telle absurde souffrance

Encore aujourd’hui
Tu aurais écrit un poème
Sur le désastre causé par le tsunami
Cri démentiel
Sur une telle asiatique agonie

Encore dans un lointain hier
Tu dénonçais les guerres
Dans les contrées ravagées de ton époque
Cri de colère
Sur la royale bêtise humaine

Encore dans un proche aujourd’hui
Tu ragerais contre les intrusions impériales
Sur les terres du Golfe
Cri viscéral
Sur ce persique carnage humain

Encore il y a si longtemps
Tu raillais les pontifes religieux de tout acabit
Sur leur hypocrisie camouflée
Cri désespéré
Sur leur sainte sauvage supercherie

Encore maintenant
Tu pourfendrais ces bonzes
Sur leurs offensives kamikazes et suicidaires
Cri de haine
Sur le prétendu axe du mal ou du bien

Voltaire, reviens
Ton absence est insupportable aux temps présents
Voltaire, reviens
Je ne supporte plus cette grande noirceur planétaire
Ta lumière est indispensable.


dimanche, juin 11, 2006

Les pêcheurs du lac Gorgotton

Chaque année, je vais à la pêche avec plusieurs de mes frères et quelques amis. Ce poème témoigne de l'ambiance qui y règne.



Dans ce décor de rêve
Loin des bruits de la civilisation
Loin des tapages inutiles
Loin des traquenards sociétaux
Loin des hurlements réducteurs
Huit humains, frères par le sang et l’amitié
Vivent une étonnante complicité.

Venant d’horizons divers
Ayant des vécus riches
Vivant de désirs profonds
Souhaitant des demains prometteurs

Ces huit humains pêcheurs, pendant quelques heures confraternisent
S’émerveillent de leurs prises
S’émeuvent en évoquant les amours de leur vie
Bénissent Bacchus et son précieux liquide
Théâtralisent des faits divers
Discutent des heures durant des mets à déguster
Admirent celui qui dépèce les petites truites
Eux qui préféreraient en pêcher de plus grosses
Se bidonnent des histoires rocambolesques de Rosaire
S’extasient devant les prouesses réparatrices de Richard
Sont médusés devant les silences significatifs de Michel
Constatent avec ravissement les constructions de Romuald
Sont étonnés par la transparence émotive de Guy
Se méfient des entourloupettes d’Élie
Sont magnétisés par la franchise de Claude.

Moi, Jacques, qui écris ce poème
Pour rien au monde, j’échangerais ces compagnons
Malgré leurs propos farfelus
Malgré leurs extases devant les filles des calendriers
Malgré leurs jugements à l’emporte- pièce
Malgré leurs histoires de cul
Malgré leurs flèches acérées
Contre les politiciens
Contre les fanatiques religieux
Contre les crosseurs du système
Contre les faux-dieux
Contre les idéologues de tout acabit


Toi, le poète, laisse tomber ta colère,
Pense à ces huit compagnons
Qui, sur ce lac de rêve,
Font le vide plein du quotidien
Hument les fragrances de la nature
Entendent le cri des huards
S’attendrissent sur les rejetons des hirondelles
S’affairent dans l’intendance domestique du camp
Ronflent en chœur dans une diabolique et divine harmonie
Se prêtent aux confidences d’un compagnon en détresse
Montrent leurs corps nus aux regards indiscrets
Prennent leurs pilules en se bidonnant
Mordent tout simplement dans la vie
Sans n’avoir plus rien à prouver à la galerie.


Vous qui lirez ce poème
Sachez que ces huit compagnons heureux
Admiratifs inconditionnels de la nature
Se prêtent à des confidences
Laissent tomber inopinément
Par bribes leurs effluves amoureuses verbales
Sous les regards ébahis de leurs interlocuteurs
Sidérés par leurs prouesses verbales ou fictives.
De loin, j’entrevois vos sourires amusés!
Qu’ils sont vantards ces joyeux gaillards!
Pour eux, les collines sont des montagnes
Les patates brunes sont des pépites d’or
Les « Toronto Wobbler » sont des étoiles filantes
Leurs vers de terre sont de succulentes lentilles
Leurs barques sont des Crossfire Roadster
Les truites sont des Naïades.

Laissons rêver ces pêcheurs
Laissons-les fraterniser
Laissons-les vivre pleinement
Dans ce décor de rêve
La civilisation les rattrapera
Bien assez vite.