jeudi, juillet 27, 2006

Veux-tu te battre?

Par Marice-Claude, 16 ans

La jeune Marie-Claude exprime dans son poème une réalité quotidienne : la violence.
La famille, la rue, l'école : reflet de ce qui se passe à l'échelle des nations. Nous sommes les témoins impuissants de ce qui se passe au Liban, en Israël, en Irak, au Darfour, etc.


Veux-tu te battre
Âme rigide, poing fermé
N'ayant plus rien à perdre
Ne voulant qu'oublier

Aveuglé par la haine
Enivré par la rage
Laissant son corps allé
Telle une marionnette
Manipulé par la démence

Ne laissant que la colère
Parcourir l'atmosphère
Ne laissant que le noir
Se déverser dans ses veines

À coup de demi ton
S'écriant, jurant, beuglant
«M'a te péter la gueule»
... et vlan dans les dents.

mardi, juillet 25, 2006

Je promets, je promets…


Au nom de certains hommes
Hélas trop nombreux
J’aligne une série de promesses
Qui ne seront pas tenues hélas!

Je promets de ne plus me servir d’une certaine idée de Dieu
Pour imposer ma vision du monde
Pour contraindre les autres à accepter ma vérité.

Je promets de ne pas abuser du fait que je suis propriétaire
Pour exploiter mes employés
Pour les maintenir exclusivement au service de mes intérêts

Je promets de ne pas me servir de l’holocauste
Pour me flageller éternellement
Pour culpabiliser les autres ad vitam aeternam

Je promets de ne pas me servir du pouvoir politique
Pour soutirer des subventions à répétition
Pour m’engraisser aux frais des contribuables

Je promets de changer ma vision de la femme
Pour ne plus lui imposer le voile et les chaudrons
Pour en faire une égale à moi-même

Je promets de protéger mon environnement
Pour ne plus polluer davantage
Pour assurer une planète vivable pour les générations futures

Je promets de promouvoir le bien-être des enfants
Pour ne plus les voir victimes de la faim, orphelins des guerres
Pour les sortir de l’exploitation sexuelle, de la pédophilie, etc.

Je promets de promouvoir la paix
Pour ne plus supporter des armées
Pour ne plus engloutir des milliards dans l’industrie de la mort

Je promets de prôner un gouvernement mondial
Pour ne plus vivre des déséquilibres criants
Pour répartir également les richesses sur la planète

Je promets de me changer d’abord
Je promets d’être plus conscient
Je promets de tenir mes promesses

Je promets de continuer à rêver
À une possible fraternité
À une humaine amitié.

lundi, juillet 24, 2006

Point Oméga

Hier, point G
Point de convergence
De ma terrestre condition
Où je mets le doigt sur le possible

Aujourd’hui, point Oméga
Point d’incidence
De ma cosmique condition
Où je mets le doigt sur l’impossible

G aspiré par Oméga
Fusion amoureuse
Point culminant
De mon odyssée personnalisée
Qui me sort de cette prison
Où l’ego s’ennuie

Oméga qui rend possible
L’amour fusionnel
Avant-goût d’un amour universel
Aimant qui me rend aimable
Centre de mes centres

Oméga, synthèse de moi-même
Centre réel et actuel
Ma raison de Survie

dimanche, juillet 23, 2006

Evelyne

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes

Évelyne, la sainte du ciel ?
Non, la contrée, théâtre de mon enfance
Celle où à l’orée des bois j’allais cueillir les myrtilles
Celle où sur les tas de roches s’offraient les framboises
Celle où dans les champs se cachaient les fraises

Évelyne, le rang aux braves gens
Qui le peuplaient abondamment
Qui lui extirpaient un maigre butin
Qui ouvraient sa route l’hiver avec sueurs au front
Qui se retrouvaient en mai près d’une croix de chemin

Évelyne, aux gens colorés avec milles manies
Hector, le raconteur d’histoires, la commère du coin
Fidèle, le discret, commerçant très habile
Godefroy, plein de bonne volonté, gaffeur inconditionnel
Josaphat, le timide, toujours avec son sourire énigmatique
Eugène, l’invalide, homme de devoir
Lorenzo, le chiqueur, toujours affairé
Adolphe, friand d’Algarol, fermier manqué
Edgard, la prune au front, agnostique

Évelyne, ton rang est méconnaissable
Je ne pleure pas sur ton passé
Je me le rappelle
Ces braves gens appartiennent au passé
Tes maisons ancestrales sont presque toutes disparues
Une abbaye s’y est même installée
Le bitume a remplacé la terre de ta route

Évelyne d’autrefois, tu ne vis que dans mes souvenirs
Je ne suis pas le seul poète à me rappeler mon coin de terre
Que de poètes ont chanté la terre ancestrale, celle d’autrefois
Chaque poète dans son coin peut en témoigner
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Photo dans le rang Sainte-Évelyne par Alexandra Rancourt

jeudi, juillet 20, 2006

Ma mère, ma terre

Le cri d'Édith, cette jeune québécoise de 16 ans, sera-t-il entendu?

Je crie à qui veut m'entendre
Que des hommes au visage amer
Meurtrisse ma mère, ma Terre.

Je crie à qui veut m'entendre
Que des canons de haine
Transforment fleurs en cargot de peine.

Je crie à qui veut m'entendre
Que des cravates de pouvoirs inventés
Étouffent les rires de vos pensées.

Je crie à qui veut m'entendre
Que dansent amèrement des joies synthétiques
Au milieu de murs de béton fatidiques.

Je crie à qui veut m'entendre
Mais ma voix résonne dans une oreille sourde
Mon utopie est trop lourde.

mardi, juillet 18, 2006

Cent morts

Un autre poème écrit par un jeune. Je suis convaincu que les jeunes de la planète sont pacifistes. Ils ne veulent pas la guerre. Ils aiment voyager et sont ouverts aux différences, sources d'enrichissement. Pour eux, l'être humain prime sur les idéologies, les races, les langues, les religions. Ils sont les fils et les filles de la terre.

Cent morts pour toi
Cent morts pour moi!
Tant que nous vivrons
Et partagerons nos morts
Tous nos morts de guerre
Et tous nos morts de trahison!
Mille morts pour toi
Mille morts pour moi
Mille Libanais
Et mille Afghans
Fedayines, Israélites
Ou mille Africains
Mille Palestiniens
Mille morts pour nous
Que j'oublierai
Tant que je vivrai
Jusqu'au nom de chacun
Pour ne garder que le nombre commun!
Mille morts pour nous
Mille morts à retenir
Et pour combien de temps
Dans la mémoire vacillante!
Mille morts à retenir
Remplacés par mille morts à venir
D'une guerre nouvelle!
Mille morts de combats incessants
Mille morts de batailles mémorables
Oubliés déjà Dans la mémoire distraite
Mille morts à effacer
Par mille autres morts renouvelés
Mille morts pour toi
Mille morts pour moi
Mille morts à retenir
Mille morts à oublier
Et pour que l'on dise :
«Il s'est bien battu!»
Et pour que l'on dise aussitôt :
« Mille morts se sont bien battus!»
Mille morts pour toi
Mille morts pour moi
Liste trop longue
Pour la mémoire infidèle
Mille morts pour toi
Mille morts pour moi
À oublier!

lundi, juillet 17, 2006

Toujours les armes, jamais la sainte paix

Au moment où j'écris ces lignes, des bipèdes fanatisés et inconscients sèment la terreur au Liban et en Israël. Ces mots maladroits expriment ma profonde tristesse et mon profond dégoût pour ces fanatiques de tout acabit qui ne connaissent que le langage de la force, de la terreur, des armes. Stupides êtres, prisonniers de leurs mémoires ancestrales!

Les armes, la mort
La paix, la vie
Les dieux illusoires, la mort
L’humain centrique, la vie

2000 ans sans apprendre
2000 ans de souffrances
2000 ans de guerre
2000 ans sans paix

Si le soldat devenait poète
Si le soldat refusait de se battre
Si le soldat désertait
Si le soldat devenait conscient

Innocentes victimes
Familles éplorées
Cris de haine
Cris de vengeance
Cercle infernal

Jeunes de ma planète
Refusez la guerre
Désertez l’armée
Rejetez les milices
Tenez à distance les gourous
Fermez vos oreilles aux chefs
Guerriers
Religieux
Idéologues
Fumistes

Lisez Voltaire
Dévorez Victor Hugo
Cultivez les fleurs
Baignez-vous dans la mer

Ce soleil majestueux
Et la couche d’ozone…
Ces mers qui font rêver
Et la surpêche et la pollution…
Cette eau source de vie
Et de plus en plus rare…
Cette terre divisée
Cette terre massacrée
Cette terre torturée à outrance

Me restera-t-il une place au soleil?