dimanche, février 11, 2007

Le cellulairocanthrope

Par Jacques Rancourt
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le cellulairocanthrope

Elle cellulairise
Il temporise
Elle active sa jugulaire
Il maudit son cellulaire

Elle parle
Il regarde
Elle articule
Il gesticule

Elle parle à sa mère
Il regarde la mer
Elle commère
Il s’exaspère
Elle se confie
Il rebondit
Elle jubile
Il devient débile

Elle s’esclaffe
Il piaffe
Elle s’entretient
Il se retient

Elle s’exprime
Il déprime
Elle converse
Il tergiverse

Elle égrène ses mots
Il endure ses maux
Elle adore la communication
Il déteste la résignation

Elle envoie des messages
Il veut des massages
Elle court-circuite la distance
Il déplore l’absence de présence
Elle rit avec sa lointaine mamie
Il craint une autre sonnerie
Elle colle son cellulaire à l’oreille
Il plonge dans le sable ses orteils

Elle termine enfin son appel
Il rêve du repos éternel
Elle cellulairise à nouveau
Il se croit dans un tombeau

Elle n’en finit plus
Il n’en peut plus

vendredi, février 09, 2007

Le rancourtocanthrope

Par Jacques Rancourt
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le rancourtocanthrope

Il lui faut une rencontre annuelle
Il veut revoir ses frères et sœurs
Il s’amène joyeux au lieu choisi
Il a réservé très tôt sa chambre d’hôtel

Il connaît d’avance le scénario
Il décapsule tôt sa première bière
Il parle travail et politique
Il décapsule une autre bière

Il s’amène au souper traditionnel
Il commande une bouteille de vin
Il parlotte, rigole, s’esclaffe
Il se lève et prend la parole

Il souligne un anniversaire
Il lève un verre à la retraite d’un autre
Il s’écoute parler d’abondance
Il égrène de creuses banalités

Il se croit unique
Il se croit drôle
Il se croit extraordinaire
Ne brisez surtout pas son bonheur rancourtien

jeudi, février 08, 2007

Le cadavrocanthrope

Par Jacques Rancourt
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le cadavrocanthrope

Il se rue sur les salons mortuaires
Il se précipite vers le cadavre
Il fait semblant de prier
Il fait semblant de pleurer

Il donne la main à la veuve
Il balbutie une quelconque condoléance
Il fait le tour de tous les éplorés
Il fait semblant de connaître le défunt

Il signe le livre souvenir
Il prend une photo souvenir
Il les collectionne
Il échange dans le boudoir

Il sort son mouchoir
Il se mouche
Il verse une pseudo larme
Il a fait son devoir

Il retourne chez lui
Il a le cœur léger
Il est encore en vie
Il a rempli sa vie

mercredi, février 07, 2007

Le potinocanthrope

Par Jacques Rancourt
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le potinocanthrope

Cet hominidé a comme univers
Les faits divers
Les faits anodins
Les faits sans importance

Ce primate ne veut rien savoir
Du sida
De la pollution
De la guerre
De la mondialisation

Le terrain de sa jouissance
Le divorce d’une cousine
Le cancer d’une belle-sœur
La crise cardiaque du voisin
La faillite du commerçant

Jamais de questions existentielles
Aucune curiosité littéraire
La lecture est une perte de temps
La conscience environnementale est un complot

Il mange
Il boit
Il copule
Il dort
Il travaille
Il potine

Ne lui demandez rien de plus
Il a l’insignifiance heureuse
Un potin le fait jouir

mardi, février 06, 2007

Point G

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Point G

Oh Kanda
Oh perle noire
Oh point G
Tu es le point de convergence
De ma tendresse tantrique
De mon amour taoïste
De ma passion occidentale

Je suis capable
D’abandon
De maturité
De patience
De don de soi
De créativité

Apprendre le plaisir avec toi
Quel art sublime
Je me consacre
Totalement
Indéniablement
À ton plaisir

Oublions
Dans cette fusion totale
Les tracas de la planète
Cultivons
Notre jardin amoureux.

vendredi, février 02, 2007

Le théocanthrope

Par Jacques Rancourt
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le théocanthrope

Il sert Dieu apprêté à sa façon
Il se sert de Dieu à toutes les sauces
Même si ça sent le brûlé
Il n’en perçoit rien
Il jubile sur son Sinaï
Il détient les tables du Savoir
Le peuple préfère le lard, le veau et l’or

Si Dieu nous a faits à son image
Nous le lui avons bien rendu
Dixit Voltaire

La vérité est au fond de l’abîme
Dixit Démocrite
Et l’abîme est sans fond

Je crois parce que c’est absurde
Dixit Pascal
Pas fort comme argument

Dieu
Asile de l’ignorance
Asile de l’anthropomorphisme
Dixit un certain Jacques Rancourt

Assez de balivernes
Allons donner du lait à la chatte
Dixit celui qui écrit ces lignes

jeudi, février 01, 2007

Le traître

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Le traître

Enfin ma main écrit

ces mots de colère
renfrognée
au plus profond
de mon être
mystifié
par l'illusoire quête
par l'illusoire finalité
de trouver un sens
de trouver une réponse
à ce mal de vivre
à ce vide existentiel
qui me fait tant souffrir
qui fait que j'agonise

Je crie à qui veut m'entendre
que la fin approche
que je démasquerai le traître
qui m'empêche de vivre
qui me barre la route

Maintenant je sais où il se cache
Maintenant je sais qu'il tente
une ultime approche
Il est trop tard
La conscience est entrée
La conscience pulvérise
La conscience infinitise
Adieu les limites
Adieu les mensonges
Le traître ne peut plus jouer
au caméléon
pour mieux me piéger
Le traître ne peut plus se cacher
derrière son ombre
La lumière éclaire tout