mardi, juin 12, 2007

Une révolution céleste

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Une révolution céleste

Deux écorchés vifs au septième ciel
Copulations sur copulations pour oublier
Oublier d’avoir été largués sur terre
Oublier leur tondeuse thérapeutique

Les jouissances duraient une éternité
Les érections se dressaient comme des cathédrales
L’intimité de la voisine était comme le Grand Canyon
C’est ce qu’on appelle le bonheur éternel

Ils étaient sur un nuage à quelque part
Ils croisaient d’autres saints tout énervés
Les plus curieux étaient les martyrs de la chasteté
Ils étaient toujours aux premières loges pour observer

Le pire voyeur était Dominique Savio
Jaloux de tant de bonheur visible et divin
Il alla se lamenter auprès de Dieu
Oh Grand Dieu éloignez de ma vue cet ignoble spectacle

Dieu lui fit comprendre que les lois du ciel n’était pas celle de la terre
Il lui expliqua que son martyr pour sauver sa chasteté était stupide
Tu as oublié que ton corps était mon temple
Tu as trop écouté ces ministres de cul trompeurs

J’ai expliqué cela l’autre jour à Bernadette Soubirous
Va la rejoindre et fais la même chose que le couple d’écorchés vifs
Il sauta de nuages en nuages pour rejoindre Bernadette
Elle l’attendait déjà nue sur un douillet nuage
Ces deux saintes nitouches terrestres perdirent enfin leur chasteté
Ce fut le point de départ d’une orgie sexuelle céleste
Dans les annales paradisiaques on appela cela la Révolution tranquille

lundi, juin 11, 2007

Une céleste surprise

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Une céleste surprise

Deux écorchés vifs
Deux voisins largués
Deux urnes dans le même mausolée
Deux arrivées soudaines au paradis

Ils voulaient amener leur tondeuse
Symbole des souvenirs de réconfort mutuel
Pas question leur a-t-on signifié
Ce paradis blanc ne sera pas pollué

Ils choisirent un joli nuage
Là ils se donnèrent encore du réconfort
Leurs baisers et leurs caresses duraient l’éternité
Leurs orgasmes étaient quasi éternels

La voisine eut la surprise de sa mort ou de sa vie
Elle vit sur un autre nuage son ex
Il faisait l’amour avec Sainte Thérèse d’Avila
Leur ardeur démontrait un haut degré de sainteté

L’autre voisin n’en revenait tout simplement pas
Sur un nuage lointain son ex était dans les bras du Padre Pio
Il fut tout stigmatisé et fort étonné de ce divin spectacle
De longs sanglots célestes soulevèrent sa poitrine

Même au paradis la triste réalité les relançait
Leur âme tremblait de rage, de colère, de déception
Dieu ne pouvait rien faire pour les consoler
Ils décidèrent de se rendre au septième ciel
Pour oublier à tout jamais l’inconfort d’un tel spectacle

samedi, juin 09, 2007

Deux urnes dans le même mausolée

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Deux urnes dans le même mausolée

Étrange destin que ces deux voisins
L’une éjectée par son ignoble mari
Parti avec une plus jeune qu’elle
Lui cocufié par son énigmatique épouse
Partie avec un plus jeune que lui

L’esseulée trouva réconfort chez le voisin
Lui prouva concrètement sur le champ
Que son ex n’avait aucune raison de la délaisser
Le voisin qui a son tour vécu le même drame
Prouva à sa voisine qui tondait sa pelouse
Que son ex avait laissé un être extraordinaire

Chaque fois que les deux voisins tondaient leur pelouse
Ils arrêtaient le moteur et se réconfortaient mutuellement
Les multiples caresses et baisers apportaient la sérénité
Les orgasmes répétés mettaient un baume sur leurs plaies vives
Ils repartaient les moteurs et coupaient leur gazon à nouveau
Ils remerciaient la vie et ils souhaitaient que le gazon pousse vite

Après des mois et des années à se consoler mutuellement
Ils demandèrent qu’on place leur urne dans le même mausolée
Ils choisirent le cimetière Notre-Dame-des-Neiges
On plaça leur urne dans le mausolée La Pieta, celui des Italiens
Chaque dimanche les arrières-petits-enfants évoquèrent
Cette belle et triste histoire de ces deux êtres abandonnés

...................................................................................................................................
Photo d'un mur de La Pieta au cimetière Notre-Dame-des-Neiges

jeudi, juin 07, 2007

Inconsolable voisine

Par Jacques Rancourt

Inconsolable voisine

Je tondais mon gazon
Elle étendue près de la haie
Pleurait, suffoquait et reniflait
Elle me fit signe d’arrêter le moteur

Mon mari vient de me quitter
Pour une plus jeune que moi
La voisine était pourtant jeune encore
À peine quarante ou cinquante ans

Qu’a-t-elle de plus que moi sauf l’âge
J’ai une belle apparence
Regarde je n’ai pas de vergetures
Je ne fais pas d’embonpoint

Elle fit tomber sa robe près de la tondeuse
Regarde ces cuisses et ces jambes
Aucune varice, aucune cellulite
Elle me fit pencher pour mieux voir

Dégrafant son soutien-gorge
Touche à mes seins ils sont fermes
Une seule caresse fait dresser les mamelons
Appuie ta bouche et tes lèvres et tu verras

Si au moins j’étais frigide
Un tout petit rien m’excite
Touche ma toison pubienne
Elle poussa un cri étrange

Je n’ai aucune inhibition
Je suis capable de fellation
Approche je vais te le prouver
Elle me fit monter au septième ciel

Je ne feins pas le plaisir lors d’une relation
Attends. Elle m’enfourcha comme une déchaînée
Un cri strident de plaisir accompagna son orgasme
Je compris qu’elle disait toute la vérité

Que dire ou que faire pour réconforter
Cette voisine si éplorée sinon une écoute attentive
La contrarier n’était pas le moment
Je plaçai par ma seule présence
Une lueur d’espérance dans ce cœur brisé
Elle reprit sa robe et je repartis mon moteur

Songeur je continuai à tondre mon gazon
Je ne comprenais vraiment pas
Pourquoi son homme l’avait quittée
Pour une plus jeune qu’elle
Je lui promis de tondre mon gazon
Souvent plus souvent très très souvent

mercredi, juin 06, 2007

Laura

Par Jacques Rancourt

Laura

Toi, l’américaine aimée
À quelque part en Ouganda
La faucheuse de vie a frappé
Un bête accident tout simplement

Pleine de projets
Pleine de joie de vivre
Éducatrice de tes enfants
Tu vas créer un vide irremplaçable

Implacable est le destin
Pourquoi toi
Question sans réponse
Tant de pleurs et difficiles consolations

Si au moins on savait où tu es
Si peu de réponses de ce côté
L’éphémère existence terrestre
Que de réflexions et que de questions

mardi, juin 05, 2007

Limpidité exténuée atténuée éternuée

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Limpidité exténuée atténuée éternuée

Pif paf arabes arrachent et crachent
Talibs proscrits cris cris hauts hauts
Al qui aida yes Bush cache cache où
Bing bang sautés sautés encore encore

Pas fini fini oui oui pourri pourri
Demain tomorrow torrieux pieux vœux
Parlottes soliloques bloquent blocs
Déprime en crime cimes déciment

Afri faim miam miam pas pas bocou
Désert pas dessert désert pas eaux pas eaux
Sec pas sou pas saoul pôvres peau à peine
Pétrole pas intérêt pas Afri en friche pas riche

G8 embonpoint gros poings pas de points
Pas G point mieux eros G8 mal en point
Ki qui Kyoto autos trop pétro trop trop
UIUSQUE té Sam oncle honte honte

Deus hola allah boude pas faqueketchausse
Planète tite tite bleue moins moins avec trous
Assauts chars blindés débridés rouillés rêvé rêvé
Pacte Paix paître moutons rivières poissons contents

lundi, juin 04, 2007

Pluie et puis

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Pluie et puis

Gouttes par gouttes elle tombe la pluie
Projets humains en déroute après la nuit
La terre boit et renvoie cette pluie
Coule et refoule le petit bisse

Nuages qui se dégonflent
Humains qui songent
Ciel ouvert bien couvert
Elle tombe sur le vert

Soleil bien caché
Humains enragés
Nuages bien placés
Elle sera longue la journée

Pluie fine et pluie dense
Humains pas de chance
Adieu la plage
Adieu le golf

Pluie et puis
Humains à demain
Gouttes à gouttes
Nature et culture
Horticulture
Gouttes
Gouttes
Gouttes
Fin de la pluie
Soleil lui reluit
Humains réjouis