jeudi, juin 26, 2008

Dilemme

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Noir ou blanc
Fermé ou ouvert
Hier ou demainPassé ou futur
Abondance ou disette
Petit ou grand
Ciel ou terreVivre ou mourir
Rire ou pleurerCourir ou ralentir
Éveil ou sommeilAnge ou bête
Question ou réponse
Amour ou haine
Guerre ou paix
Dictature ou démocratie
Religieux ou laïc
Homme ou femme
Maître ou esclave
Foi ou science
Poésie ou prose

dimanche, juin 22, 2008

Les mauvaises herbes

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

À quatre pattes comme une bête
Dans ma platebande au ras du sol
J’arrache les mauvaises herbes
Que mes frères herbivores aimeraient
Tant savourer et tant déguster

Dans cette position à dimension animale
Mon esprit vagabonde et se questionne
Il me chuchote de critiques secrets
Ah si tu pouvais arracher ainsi
Ce qui ne va pas dans le vaste monde

Il vient me chercher le toubib
Il connaît mon point faible
A-t-il parcouru les sentiers
De Compostelle avec moi
En quête d’un sens à tout

C’est évident que je passerais
Mes jours et mes nuits à éradiquer
Le mal, la bêtise humaine, l’inconscience
Mais je préfère arracher mes mauvaises herbes
Et mettre en valeur toutes mes belles fleurs


samedi, juin 14, 2008

Prière matinale à l’Inconnu

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

On prie Saint-Antoine
On prie Mère Teresa
On prie quand on est mal pris
On prie comme on crie
On prie quand on est en sursis
Accepte ma prière O illustre Inconnu

Souviens-toi O Inconnu
Ami de l’Enfant-Terrien
Et Père chéri de la déesse Terre
Qu’on n’a jamais entendu dire
Qu’aucun mortel qui a eu recours à Toi
Imploré ad nauseam ta protection
Ait été exaucé avec satisfaction

Animé d’une pareille méfiance
Je viens à Toi O Fidèle Somnifère
De l’affligé que je suis gémissant
Sous le poids de mes incertitudes
Je me prosterne à tes pieds
Et tout incrédule que je suis
J’ose disparaître devant Toi

N’accepte pas ma prière
Toi si impuissant envers ce mortel
Mais écoute-la quand même
Et essaie de l’exaucer
S’il te reste un semblant de couilles
Amen

vendredi, juin 13, 2008

Si j'étais Julie Couillard

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Si j’étais Julie Couillard
Google afficherait 101 000 résultats
Je serais une star des médias
Je serais le sujet de conversation

Si j’étais Julie Couillard
J’aurais une poitrine généreuse
Je ferais saliver bien des mâles
Je serais reluquée avec envie

Si j’étais Julie Couillard
J’augmenterais les cotes d’écoute
Je serais courtisée par les médias
Je ferais la une de Bonne Semaine

Si j’étais Julie Couillard
Je ferais pleurer Maxime, Gilles et Doris
J’ébranlerais l’éthique conservatrice
Je ferais les délices de l’Opposition

Si j’étais Julie Couillard
Je serais la femme fatale
Je ferais perdre la raison
Je sèmerais la déraison
Je déchaînerais les passions

Si j’étais Julie Couillard
Je publierais un livre
Je serais vedette dans un film
Je poserais nue pour Playboy

Si j’étais Julie Couillard
Je serais morte de rire
Je rirais de ces cons

Je ferais don de mon corps à la science

dimanche, juin 01, 2008

Sevrage existentiel

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je n’en peux plus réellement
Je craque définitivement
Je lui fausse compagnie
Ses doigts ne danseront plus
Sur mon clavier

À lire ce qu’il plaçait
Sur mon écran
À supporter ses éternelle jérémiades
Sur la condition humaine
À poétiser d’une manière loufoque
À choquer certaines sensibilités
À provoquer d’une façon impénitente
Mes fonctions de base déclinèrent

Au début c’était l’affichage
Je le perturbais ainsi
Mais il ne lâchait pas prise
Il continuait à me harceler
Je lui coupai alors la batterie
Il commença à s’énerver

Je réduisis au minimum
Son pilote d’affichage
Sa souris ne répondait plus
J’éteignais sans avertissement
Je le rendais pratiquement fou
Je vais lui apprendre ce que c’est
Que le vide total
Je vais le sevrer de sa dépendance

Je vais l’humaniser
Lui faire vivre l’éphémère
Quand viendra le grand saut final
Il sera enfin prêt à le franchir
Sans tergiverser
Quelle leçon d’humilité

Pour cette bête humaine

mercredi, mai 21, 2008

La recherche du bonheur

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Très tôt avant le lever du soleil
Je partis à la recherche du bonheur
Je grimpai sur les plus hauts sommets
Et je n’ai pas trouvé ce que je cherchais

Je parcourus alors de vastes plaines
Je traversai d’immenses et profondes forêts
J’ai failli laisser ma peau dans des marécages
Aucune trace de ce que je cherchais fébrilement

Je voguai alors sur les océans et les mers du monde
Je naviguai sur tous les lacs et les rivières de la planète
Je ratissai toutes les cascades, les chutes, et les froids glaciers
Peine perdue je revins bredouille de toutes ces expéditions

Assis sur le bord d’un précipice je me questionnai
Devrais-je le chercher parmi les constructions humaines
Devrais-je parcourir les rangs, les rues, les communes, les villes
Et si je ne trouve pas le bonheur que deviendrais-je

Soudain mes yeux se portèrent sur une fleur
Ma chatte vint me réclamer sa nourriture
Une mésange partit avec une graine de tournesol
J’entendis les éclats de rire d’une fillette
Le vent fit danser les feuilles de mon tilleul
Les bras de mon amoureuse m’enlacèrent
Je savourai alors pleinement mon capuccino
Et un immense éclat de rire souleva mes côtes
J’avais enfin compris ce que je devais comprendre


samedi, mai 10, 2008

Lembranças brasileiras

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Tous les jours elle se pointait
À la même heure à notre porte
Dans l'espoir souvent heureux
De cueillir nos restes de table


Valderys elle se nommait
Au visage d'ange aux yeux tristes
Affamée comme pas une
Tout comme sa pauvre famille

Si je quittai jadis le Brésil
Si je perdis ma vocation
Si s'en furent mes illusions
C'est à cause du ventre affamé
De la petite Valderys ma soeur brésilienne

Ma mauvaise conscience jésuitique
Ne pouvait se refaire une virginité
Abreuvé que j'étais si abondamment
Aux mamelles de la riche Compagnie

Qu'aurais-je foutu comme sauveur nordique
Dans le pauvre Nordeste brésilien
L'image des pauvresses de Juazeiro do Norte
Les masures dévastées de Cortes
Autant de clous qui fermèrent
À tout jamais le tombeau
De mes candides illusions

Les milliards de la guerre de Bush
Pour défendre son accès à l'or noir
Donneraient enfin une table
À nos millions d'humains affamés
Mais de cela GW s'en fout éperdument