samedi, novembre 01, 2008

Théos et Théodore

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Theos dort toujours et encore
Malgré les guerres
Malgré les famines
Théodore lui soupire encore

Theos fait la sieste toujours et encore
Malgré les épidémies
Malgré les agonies
Théodore lui est en colère

Theos rêvasse toujours et encore
Malgré le chaos
Malgré les turbulences
Théodore lui ne se maîtrise plus

Theos se tourne les pouces toujours et encore
Malgré l’ozone troué
Malgré le pergélisol dégelé
Théodore lui en a ras le bol

Theos ignore Théodore
Theos est sur un autre plan
Théodore doit oublier Theos
Le créateur ignore sa créature

Théodore se doit d’être
Son propre Theos

vendredi, octobre 24, 2008

Nuit d'octobre

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Nuit cauchemardesque
Mon corps craque de partout
Un quatrième accouchement
Dans les cris et les hurlements

Lui le géniteur fait les cent pas
Incapable de contrôler sa libido
Moi l’innocente vestale de sa bestialité
Moi l’accoucheuse en série sidérée

Le vent hurle, le poêle chauffe
La chatte se cache derrière le coffre
Je pousse et je hurle tout mon désespoir
Il se fait attendre trop attendre

Lui le géniteur ne sait que faire
Il connaît pourtant l’entrée de ma souffrance
Il y pénètre comme une idée fixe
Il y fixe son instrument sans artifice

Nuit d’octobre, nuit d’horreur
Je le donnerai aux forces des ombres
Celui qui sortira de mes entrailles
Il cherchera l’impossible conquête
Il sentira la soif du désespoir
Il touchera les plaies vives de l’humiliation
Il comprendra alors toute mon agonie
L’autre l’imbécile continuera à faire les cents pas

dimanche, octobre 19, 2008

Onondaga libéral

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Ce sous-marin difficile à placer sous son socle
Vaines réussites après quatre tentatives infructueuses
Toujours sur le côté tel que le parti libéral
Incapable de se redresser pour prendre le large

Est-ce la faute du capitaine
Se terre-t-il à quelque part
La Pointe au Père se lasse d’attendre
Le Messie se cache et fulmine

Les gérants d’estrade savent quoi faire
Personne ne les écoute
Ils attendent un miracle
Une grosse marée

Hélas la marée humaine à couler le Parti libéral
Comment le remettre sur le bon côté
Les pirates trépignent d’impatience
Dépêchez-vous à le couler pour de bon

mercredi, octobre 08, 2008

Trois mètres de liberté

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Attachée à une corde de trois mètres
Liberté ainsi contrôlée sur le patio
Pièces interdites dans la maison
Qui viendra me parler d’aventures
Moi la captive persane beauceronne

Adieu oiseaux rats et autres reptiles
Surveiller quelques mouches étourdies
Voilà mes seules aventures sur le patio
Je lorgne de loin les oiseaux aux mangeoires
Qui viendra couper cette maudite corde

L’aventure de la maternité quelle farce
On m’a enlevé mes ovaires
On ne me voulait pas en chaleur
On m’enlève cette extraordinaire aventure
Celle de donner la vie et de l’amour

Me faire les ongles sur les meubles
À oublier pour toujours et à jamais
On m’a dégriffée et mutilée
L’autre jour j’ai plongé comme une conne
Parce que je n’avais plus mes griffes

Ne me parler pas de raconter une aventure
De faire vibrer les poètes de PoéSarts
Je leur en aurais mis plein la gueule avec mes aventures
Je leur aurais montré ce que c’est que d’être une Routarde
J’aurais sillonné le Nord de l’Angleterre
J’aurais rêvassé en Provence
J’aurais parcouru la Corse
Je me serais étourdie en Perse
Mais je n’ai que trois mètres de liberté


dimanche, septembre 28, 2008

Le Stéphanocanthrope

Par Jacques Rancourt
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Pour certains il est libéral
Pour d’autres il est conservateur
Pour plusieurs il est une honte
Pour des partisans il est un dieu

Il court comme un fou depuis des semaines
Il prend des poupons dans ses bras
Il courtise la FADOQ
Il se ridiculise

L’un veut une taxe sur le carbone
L’autre se fout si on se fait carboniser
L’un a un plan qui sent la verdure
L’autre savoure le goût bitumineux

L’un a une voix grave
L’autre use de sons aigus
Il parle et démonise l’autre
Il utilise la redoutable peur

Laissez le Stéphanocanthrope divaguer
Il est le cauchemar de plusieurs
Laissez l’indifférence le tuer
Il ne mérite pas un meilleur sort

samedi, septembre 27, 2008

Liberté

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Liberté j’ai cherché ton sentier
Cherché dans toutes les vallées
Liberté j’ai pleuré ton absence
Dans le fond secret des êtres

Liberté, liberté
Ma devise est dans ce mot
Liberté vraiment te conquérir
Le plus beau de mes rêves

Liberté j’ai gémi sur l’esclavage
Sous le lourd poids des mémoires
Liberté tu sembles enfouie
Que se lève la brise

Liberté j’ai glané quelques parcelles
L’air frais et la fougère
Mon front s’est illuminé
De cette si petite lumière

Liberté j’ai chanté ta grandeur
Hors d’haleine me serais-je trompé
Liberté j’ai jeté mon espérance
Mon cœur au vent du désespoir

Liberté j’ai appris
Bien mieux que dans un livre
Liberté j’ai enfin compris
Qu’il faut aimer pour te saisir

mardi, septembre 16, 2008

Premier jour d'école

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes

Comme si c’était hier
Moi qui suis presque septuagénaire
C’était comme aller à la Pozer, la lointaine
Une aventure mystérieuse et magique

Du haut de mes six ans
Mes petits pieds avançaient vers l’inconnu
Encadré par deux belles grandes compagnes
Je me sentais brave et conquérant

Moi le nostalgique marqué par l’ennui
Quitter le giron d’une mère poule
Délaisser un instant les travaux de la ferme
Avancer dans ce rang poussiéreux
Quelle prouesse extraordinaire

On me donna un pupitre à moi tout seul
Sur la première rangée près de la balustrade
Vision magnifique du grand tableau noir
Tout près étais-je de cette grande déesse
Maîtresse du savoir absolu et définitif

C’était le début de la grande aventure
Le début de ma légende personnelle
Le début d’une grande désinformation
Le début d’une terrible intoxication
Le début vers une grande aliénation

J’effaçai les traces de ces premiers pas
À grands coups de cris et de pleurs
Je parcourus plus tard la planète
En quête d’un début de libération

Jamais je n’oublierai Linette et Marie-Thérèse
Ces deux grandes filles de mon premier jour d’école
Je sens encore ces petits pieds endoloris
Cette nuit-là je fis un terrible rêve prémonitoire