mardi, août 18, 2009

Lysimaque cou d’oie

Par Jacques RancourtMes autres poèmes




Quand je regarde le bipède humain
Souvent je me désole
Que faire pour consoler mon moi triste
Contempler ma Lysimaque cou d’oie
Et le sourire revient par enchantement

Elle est source de sagesse
Elle me donne des leçons de vie
Elle est tolérante à plusieurs types de sols
Comme je devrais tolérer plusieurs types
De notre chère espèce humaine

Elle accepte les sols humides et pauvres
Et même secs
Comme je dois accepter différentes formes
D’imbécilité et y trouver quelque chose
Elle adore coloniser les sous-bois
Comme j’adore débusquer les travers
Des humains

Cette tête d’oie est fière et digne
Je passe des heures en sa compagnie
Nous parlons de tout et de rien
Elle ne se prend pas pour une autre
Elle n’est pas capricieuse
Je vis une sainte paix en sa compagnie


dimanche, août 16, 2009

Ce ciel trop proche ou trop lointain

Par Jacques Rancourt
Cette Galaxie du Chapeau
À 28 millions d’années-lumière
Captée par le télescope Hubble
Cela donne à réfléchir

Car vers un ciel trop proche
Un sens à ma vie
Je croyais donner
Nageant dans cette mélasse
Intoxiqué par cet opium
Trop longtemps hélas
Jusqu’au début hélas
De l’âge adulte hélas

Je compris enfin
Qu’à force de regarder
Vers ce ciel trop proche
On se donne un torticolis
On se berce d’une douce illusion
On édulcore la réalité
On vit en illuminé dangereux

Vers ce ciel trop proche
Aucune réponse
Grosse perte de temps
Puissant analgésique
Pour la déprime
Pour cette quotidienneté
Pour ce terrestre destin

À trop rêver d’un ciel proche ou lointain
On oublie de vivre sur la terre qu’on piétine
On oublie l’essentiel hélas
Celle de vivre sa propre légende personnelle


samedi, août 15, 2009

Le mystérieux dimanche

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes


Au temps de ma jeune enfance
Il y avait ce dimanche après-midi
Avec une routine implacable
Comprise tard à l’âge adulte

À cette phase naïve de mon enfance
Impossible à mon jeune cerveau
D’imaginer ou de soupçonner
Ce qui pouvait bien se tramer

Et pourtant il s’en passait
Des scènes grandioses
Dans cette mystérieuse chambre
Celle de mes parents en cet après-midi
Que chaque dimanche amenait

Il fallait déguerpir et s’éloigner
De ce coin mystérieux où disparaissaient
Eugène et Florence pressés qu’ils étaient
À aller accomplir l’acte qui donna
Une multitude de rejetons grâce
À la méthode Ogino mal comprise
Par Florence qui recevait la semence
De son mari alors qu’elle était féconde
Et qui s’abstenait en période d’infertilité

Il faut dire que l’abbé Donat Tanguay
Lui avait expliqué la chose et elle l’avait
Comprise comme elle pouvait
C’est-à-dire de travers
Au grand bonheur du curé
Qui voyait ses ouailles augmenter
Au fil des coïts répétés frénétiquement
Dans l’acte conjugal exécutoire
Sous peine de damnation éternelle

C’est ainsi que je fus conçu
Et que je compris plus tard
Que l’après-midi du dimanche
Était réservé à l’acte copulatoire
L’acte conjugal béni de Dieu

vendredi, août 14, 2009

Revenir sur terre

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Il était temps
Après toutes ces années
Enfin comprendre
Et prendre le temps

À regarder sans cesse en Haut
On oublie le en Bas
Où tout se joue
Inutile de tourner les yeux
Vers le très Haut
Sauver sa peau
Sans se cacher sous le manteau
Du très Haut

De toute façon
Le très Haut se fout
Du très Bas
Le très Bas pour se calmer
A inventé le très Haut
Alors pas de miracle à attendre
Prières, offrandes, rituels
N’y peuvent rien
L’encens monte vers le Haut
Et rencontre le très Vide
Le très Bas se doit
De se battre seul
Le très Bas doit
Revenir sur terre
Sa patrie

jeudi, août 13, 2009

Une certaine litanie optimiste

Par Jacques Rancourt

Qui anime le Show du refuge

Dan Bigras

Qui se préoccupe de la forêt nordique

Richard Desjardins

Qui veut sauver nos rivières

Richard Séguin

Qui dénonce le génocide du Darfour

Mia Farrow

Qui ramassait les orphelins de Calcutta

Mère Teresa

Qui conscientisait les pays riches

Dom Helder Camara

Qui dit une vérité qui dérange

Al Gore

Qui est une source de fierté haïtienne

Michaël Jean

Qui est admiré par les Africains

Obama

Qui prône la simplicité volontaire

Serge Mongeau

Qui réalise ses rêves

Guy Laliberté

Qui dénonce la torture

Amnistie internationale

Qui luttait pour la discrimination des Noirs

Martin Luther King

Qui a amené l’abolition de l’Apartheid

Nelson Mandela

Qui peut amener le beau sur la planète

L’être humain

Qui est capable de poésie

L’être humain

Qui peut aimer

L’être humain


mercredi, août 12, 2009

Une certaine litanie pessimiste

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Qui fait les guerres
L’être humain
Qui détruit la planète
L’être humain
Qui laisse les autres mourir de faim
L’être humain
Qui pratique le génocide
L’être humain
Qui vole son prochain
L’être humain
Qui se sert de Dieu pour tuer
L’être humain
Qui pollue lacs et rivières
L’être humain
Qui torture son prochain
L’être humain
Qui drogue pour l’argent
L’être humain
Qui exploite les enfants
L’être humain
Qui blesse hurle crie
L’être humain
Qui ne pense qu’à son moi
L’être humain
Qui se suicide
L’être humain
Qui se saoule comme un cochon
L’être humain
Qui fait cette litanie pessimiste
Un être humain parmi d’autres

mardi, août 11, 2009

Marée basse

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Impossible de prendre le large
J’ai la marée très basse
J’en ai marre d’être amarré
Impossible de me marrer

Non je ne suis pas l’Onondaga
Cette épave jadis célèbre
Pour rester sur le côté
Au côté des vicissitudes
Refusant de reposer sur son socle
Refusant d’avance la visite
Des voyeurs et des chasseurs
D’épaves

Je ne suis pas une épave
Quoique ce matin faute de marée
Je crains qu’on fasse de moi
Un restaurant pour touristes

Ma sœur plus grande et plus obèse
Vit non loin d’ici amarrée à un quai
En ruines et rumine son passé
Je refuse un tel destin
Je veux prendre le large
Que vienne la maudite marée haute
J’ai un petit ami qui m’attend
À la Pointe-au-Père