jeudi, novembre 23, 2006

Le Père Noël en Afghanistan

Par Jacques Rancourt
15e péripétie de la saga humoristique pour adultes avertis
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15e rappel : Toute ressemblance avec le vrai Père Noël est le fruit de votre imagination. Qu'est-ce qui se passe en Afghanistan? On entend tellement dire de choses sur ce pays. Reconstruction ? Chasse aux Talibans? Mort de soldats canadiens... Le Père Noël prend son courage a deux mains et va vérifier sur le terrain. Pourquoi Pas?

Le Père Noël en Afghanistan

Je suis le Père Noël
Je poursuis mon aventure
Je vais tout de go en Afghanistan
Je suis un impénitent globe-trotter

Je suis là cinq ans après la chute du régime taliban
Je ne vois aucune maîtrise de la situation
Je n’irai pas visiter Hamid Karzaï
Je découvre qu’il est un triste impuissant

Je vois le mollah Omar courir toujours
Je constate l’impuissance de Kaboul
Je roule comme toujours ma boule
Je préfère me mettre une cagoule

Je vois le pavot fleurir avec son trafic toujours
Je vois les Afghanes avec l’humiliante burka
Je n’en fais pas de cas comme toujours
Je suis moi-même un paria tous les jours

Je croise les seigneurs de la guerre
Je les vois faire la pluie et le beau temps
Je les vois abuser de cette nation brisée et anarchique
J’abuse moi-même de la naïveté des gens et je le sais

Je me dirige vers les zones tribales du Waziristan
Je retrouve un sanctuaire pour les djihadistes
Je n’irai pas déranger ces résistants à la pacification
Je suis trop peureux, trop inconscient, trop nul encore

Je constate le chaos afghan
Je foule la montagne rebelle, territoire de guerre
Je me sens étranger, anachronique, déphasé et en maudit
Je ne peux pas tout de même offrir des armes comme jouets

Je suis en Afghanistan
Je ne sais pas ce que je fais là
Je suis le Père Noël
Je suis un cavalier sans monture en déconfiture

mercredi, novembre 22, 2006

Le Père Noël confronté à l’obscurantisme

Par Jacques Rancourt
14e péripétie de la saga humoristique pour adultes avertis
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14e rappel : Toute ressemblance avec le vrai Père Noël est le fruit de votre imagination. Un débat fait rage au Québec au sujet des accomodements raisonnables face aux exigences culturelles et/ou religieuses de certains immigrants. Le Père Noël apporte son grain de sel dans ce débat. Même si son personnage est extraterritorial, il comprend que l'identité d'une nation doit être préservée et il ne faut pas qu'au nom du multiculturalisme une nation perde son âme...

Le Père Noël confronté à l’obscurantisme

Je suis le Père Noël
Je suis une fioriture qui devient une garniture
Je suis de plus en plus secoué par l’obscurantisme
Je voyage sur la planète et j’observe de plus en plus

Je sais que l’enfer est pavé de bonnes intentions
Je sais que certains fascistes chrétiens démonisent Darwin
Je sais que pour eux il est un monstre, un scélérat
Je sais que le monde de la finance ne commandite pas l’expo sur Darwin

Je doute que la terre a été créée en six jours
Je doute que les humains descendent tous d’Adam et Ève
Je sais que l’homme et le chimpanzé partagent un ancêtre commun
Je sais que cela constitue une insulte pour tous les chimpanzés

Je sais qu’à Berlin on a censuré une œuvre de Mozart
Je sais qu’à Londres on a retiré des dessins érotiques d’une expo
Je sais qu’à Montréal on a givré les fenêtres d’un YMCA
Je sais qu’on fait des accommodements pour le voile, le kirpan

Je me demande qui accueille qui
Je me demande si trop de tolérance fait sombrer dans le ridicule
Je me demande si la majorité a encore des droits
Je me demande quand on va attaquer mon symbole

Je me suis évadé dans le monde de l’obscurantisme
Je ne sais pas ce que je fais là
Je suis le Père Noël
Je suis contre toutes les censures

mardi, novembre 21, 2006

Le Père Noël et le droit des enfants

Par Jacques Rancourt
13e péripétie de la saga humoristique pour adultes avertis
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13e rappel : Toute ressemblance avec le vrai Père Noël est le fruit de votre imagination. Le 20 novembre, c'était la journée internationnale pour dénoncer l'exploitation des enfants par le travail et toutes les autres formes d'abus. Je suis pour la tolérance zéro. J'aime trop les enfants pour les voir souffrir. On leur vole leur enfance ce qui est terrible.

Le Père Noël et le droit des enfants

Je suis le Père Noël
J’aime les enfants et je dénonce ceux qui les abusent
Je suis contre leur exploitation sexuelle et commerciale
Je sais que le 20 novembre est leur journée internationale

J’attire votre attention sur leur exploitation
Je suis outré par le tourisme sexuel impliquant des enfants
Je suis outré par leur travail dans les mines du Kenya
Je suis outré par leur travail dans des usines de fabrication de tapis

Je comprends leurs difficultés de vie dans les rues de Calcutta
Je sais que la violence est leur quotidien terrifiant
Je connais des enfants contraints au servage pour dettes
Je sais que 218 millions sont au travail dans le monde

Je sais qu’il faut travailler sur les causes de cette horreur
Je sais qu’il faut promouvoir l’éducation
Je sais qu’il faut créer de moyens de subsistances alternatifs
Je sais qu’il faut inciter à la mobilisation sociale

Je me promène dans les pays qui exploitent les enfants
Je ne sais pas ce que je fais là
Je suis le Père Noël
Je voudrais tellement que les enfants s’amusent

lundi, novembre 20, 2006

Le Père Noël attendri par un couple amoureux

Par Jacques Rancourt
12e péripétie de la saga humoristique pour adultes avertis
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12e rappel : Toute ressemblance avec le vrai Père Noël est le fruit de votre imagination. Je prends une pause et je vais visiter un nouveau couple en amour.
Cela me détournera des guerres, des famines, de la pollution, de la commercialisation à outrance de la fête de Noël.
Le Père Noël attendri par un couple amoureux de Montréal

Je suis le Père Noël
Je suis aussi capable de luxure
Je cours à Kirkland dans la rue Monsadel
J’y vois un couple qui vient à peine d’aménager

Je sais qu’hier ils vivaient éloignés l’un de l’autre
Je sais qu’ils rêvaient de passer des nuits ensemble
Je constate que ce rêve est devenu réalité
Je constate que désormais ils seront ensemble alités

J’assiste du haut de mon traîneau à leurs retrouvailles
Je remarque que les émotions vont jusqu’aux entrailles
Je vois dans leurs yeux que sommeille une canaille
J’admire ces enlacements qui la tient en tenaille

Je constate que l’amour existe toujours
Je suis certain qu’il s’intensifiera au fil des jours
Je sais qu’elle adore ce nouveau Rancourt
Je sais qu’il fera d’elle une Sainte-Cyr tout court

Je souhaite aux tourtereaux des nuits chaudes
Je veux qu’ils attisent la flamme en cours
J’espère qu’aucun dégel ne leur jouera des tours
J’anticipe des décennies d’émotions fortes

Je me suis évadé dans leur chaumière
Je ne sais pas ce que je fais là
Je suis le Père Noël
Je suis pour un amour sans fissures

dimanche, novembre 19, 2006

Le Père Noël flirte avec Ségolène Royal

Par Jacques Rancourt
11e péripétie de la saga humoristique pour adultes avertis
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11e rappel : Toute ressemblance avec le vrai Père Noël est le fruit de votre imagination. Comme le Père Noël n'est pas un bloc de glace, il dévoile ses sentiments et son admiration envers Ségolène Royal. Espérons que la Fée des Glaces n'est pas trop jalouse... Une Présidente française en 2007, cela fait rêver le Père Noël. Allons, Françaises et Français, comblez le Père Noël. Ce serait un formidable cadeau à lui faire.

Le Père Noël flirte avec Ségolène Royal

Je suis le Père Noël
Je suis une fioriture qui veut devenir une garniture
Je regarde Ségolène et mon cœur bat
Je pars tout de go pour le Poitou-Charentes

Je rêve de cette fille d’un colonel d’artillerie
J’envie son compagnon François Hollande
Je sais qu’elle adore le chabichou
Je sais que les habitants des Deux-Sèvres l’adorent

Je vois en elle une protectrice de l’environnement
Je sais qu’elle ferait pâlir notre Rona Ambrose
Je sais qu’elle a fait voter une loi contre le bruit
Je sais qu’elle s’attache aux problèmes liés à l’eau

J’explore son passage comme ministre déléguée à l’enseignement
Je la vois préoccupée par l’enfance en difficultés
Je la vois instaurer des itinéraires de découvertes
Je la vois contrer le bizutage et le racket et la violence

Je la vois réformer l’autorité parentale
Je la vois réformer l’accouchement sous X
Je la vois créer le collectif enfance et média
Je la vois créer le label tourisme et handicap

Je suis heureux que Ségolène soit candidate
Je veux qu’elle remporte les Présidentielles 2007
Je veux que les Communistes et les Verts la soutiennent
Je veux la France entière derrière elle

Je flirte avec Ségolène
Je ne sais pas pourquoi je fais cela
Je suis le Père Noël
Je suis un être de luxure

samedi, novembre 18, 2006

Petit guide des volcans d'Amérique (1re partie)

Je présente en trois blogues le poème de Rosalie Lessard "Petit guide des volcans d'Amérique". Ce poème lui a valu en 2006 le Prix littéraire de Radio-Canada, volet poésie. Aujourd'hui, je publie la 1re partie de son poème. Lire ci-dessous les deux autres parties. Rosalie sera présente au Salon du livre de Montréal. Voir l'encadré ci-haut.

elisa capitale

« Ensuite jaillirent des pierres et des roches en partie intactes, que le souffle avait expulsé avant leur combustion, en partie rongées et ayant acquis la légèreté de la ponce. En dernier lieu, jaillit le sommet de la montagne brûlée. Ensuite sa hauteur s’accrut et ce roc grandit jusqu’à devenir aussi étendu qu’une île. » Sénèque

« Qu’est-ce que ce monde où les objets ont plus d’espoir que chacun de nous ? »
Wajdi Mouawad


ici vendent l’eau de pluie
arbres et reins
tout doit partir

elisa capitale en marche soif sept ans
jamais n’interroge les nuages
pour ne pas appâter la pluie
avec la pluie la facture tout doit partir

les ondes colportent des ombres
le nord hante la radio elisa capitale
la voix porte rivières et lacs
chaque mot se dépose dans un sursaut d’abandon
les syllabes rondelettes chantent sans hâte

à l’école on apprend au petit frère
le nom des eaux
ainsi au loin la mer morte comme ici

où dormir où boire où manger où s’infecter
elisa rapièce les estomacs
tant mal que bien
rapièce le courage en loques
rapièce les loques rapièce les siens

elisa possède un arbre et un grand-père
qui regarde les rares feuilles soupirer
d’une berceuse maudit le champ asséché
la terre à rides
chique crache râle
l’effarante espérance
une respiration de plus

on parle de déplacer
un glacier millénaire
tout doit partir
ici trouent la montagne
convoitent or et fer
et le désert sa présence régnante oblitère le regard
quelle eau viendra irriguer le raisin la prunelle
le glacier déménagé
qui boira quoi boire à qui

le père travaille à l’usine
ici moulent arrosoirs et verres vases de plastique
le nord réclame
quelle beauté

elisa capitale ténue fait taire le plus plaintif des frères
fait fête au soleil
les jours de grisaille
lorsqu’elle s’ennuie
dans la cuisine raconte au chien
errant l’histoire d’un marin
errant qui cherche son île
perdue

son amie imaginaire porte des boucles d’oreille
avec des pierres qu’on dit solitaires
elle s’appelle tout autrement
Sharon ou Émilie
sa chambre est rose jaune mauve
pleine de caches couleurs
et de portes ouvertes sur les grandes surfaces
chaque fois qu’elle le désire
elle feuillette sa vie sept ans dix tomes
d’album photos
quelqu’un a pensé à elle
qui peut retracer
l’oublié

à l’école on apprend au petit frère
d’elisa les vers étrangers
ainsi au loin les enfants demandent de la poudre et des balles comme ici
fine fine poudre précieuse

la radio elisa capitale raconte des femmes
traversée
défie la nuit défie la frontière
un voyage de fortune
de l’usine aux baraques
plus aucune nouvelle
que le corps aux abords du désert
oasis fauché
tout doit partir
elisa n’écoute pas elle vit

achetez et obtenez
un génie d’une bouteille saura-t-il apparaître
à temps quel temps celui des meilleurs prix
n’attendez pas nous avons tout
vous ne payez absolument rien
un génie ou une fée
fée des rêves tombés placés sous l’oreiller
saurons-nous apparaître à temps
quel temps celui des prix d’ami

le soir de passage l’oncle dévore la jupe
d’elisa le regard inocule cendres et magma
n’attendez pas
personne ne parle
la blinder de silence
trop peur de réveiller
achetez et obtenez
ça qui hésite encore
ça qui l’évite encore
de justesse histoire d’ogre vous ne paierez absolument rien
elisa ne voit pas elle vit
tout doit partir

où nourrir ses tumeurs
où prendre peur où s’infecter où pourrir
le soir le grand-père regarde elisa et murmure sans douceur
ta mère morte en couches accouche dans le désert où donc est l’hôpital parti
avec la pluie la facture ont dit
compagnies qui font le tour du monde comme on saute au trapèze
sans filet et c’est tout tout fini ici carburent au défi

ici vendent carrés de sable où enfouir corps
poussière de terre qu’à peine concèdent
amortir le ressac du mari des enfants indignés
défier
tout doit partir délavé
sans qu’on l’ait remarquée usine désaffectée au cœur de la ville elisa capitale

les jours de marché elisa retient son souffle
espère toujours cette économie peut-être vaudra un petit morceau de viande
au moins un fruit qu’est-ce que c’est qu’un fruit contre un souffle
les jours de grand vent elle respire bien mieux
très profondément tout aspirer l’air d’une vie de poumon en une seconde
gonflés les yeux lévitent montgolfières
elisa vole
plus de viande ou de fruit
les jours de grand vent

la nuit sent bon au grand lit quatre enfants
les cheveux du petit frère chatouillent le nez
elisa pouffe se tortille repose rit
rien n’arrive
quelle beauté

ici ils tiennent bon minables érodés sans mère sans maison sans parade
forcenés

vendredi, novembre 17, 2006

Petit guide des volcans d'Amérique (2e partie)

Je présente en trois blogues le poème de Rosalie Lessard "Petit guide des volcans d'Amérique". Ce poème lui a valu en 2006 le Prix littéraire de Radio-Canada, volet poésie. Aujourd'hui, je publie la 2e partie de son poème. Rosalie sera présente au Salon du livre de Montréal. Voir l'encadré ci-haut.

-30 degrés celcius, -20 kilogrammes

« La roche devient vapeur, la montagne devient nuée, elle mange le soleil et le nuage de pierre porte la nouvelle qu’ici la terre se mord et qu’elle se rature. »


helen habite au phare
gardienne de nuit
en veilleuse ou cuillère dompteuse de cauchemars elle allume
les cercles de lumière
qui tournoient enflammés
sur les gardes de la nuit
vois les fauves s’y jettent
helen habite le phare les trois quarts
du lit de sa fille un jour sur deux
en boule tassée sur elle-même elle dort
helen habite le tiers de son corps
deux dixièmes de son souffle
les interstices les pores

où loger
cœur captif

elle tait
à feu et à sang le monde m’arrime
le spéculum ricane
et si ma vie n’était qu’un kalachnikov
qu’en faire
feu de brousse sur linoléum

elle tait
dessine-moi un fœtus je me jetterai
avec lui
et l’eau du bain

le corps rejette le repas comme les enfants
ce qui le nourrit
l’évide

le mercure à la baisse
helen frissonne
le monde manque à la douceur

et pourtant vois les arbres qu’on protège de l’hiver
cordes et jute
engrais insecticides semis et serres l’été
les pierres qu’on dépose comme des fleurs
l’asphalte qu’on lave comme une herbe

on vaccine on toxine
elle taît
je suis allergique au cosmos
défaite du corps

pour travailler chaque matin la panoplie le cœur pharmacologique et le pas déchaîné
à voir à faire rugir sans plus tarder à toute allure à perdre pied si vite
intimider la berline qui s’ennuie sur l’asphalte soignée
sans oublier la recrue sans enfant qui salive rien qu’à voir helen déployer la cuirasse du jour dernier

lave vend enfourne file tout droit tout doux lange mange récure accueille amère amène à bout
le phare sabre l’ombre
mais quelle nuit
reluit
en lui

helen a trois enfants
sans relâche six yeux
voix et visages sur l’échelle de Richter
seule ou trop accompagnée la main relâchée

elle en parle comme d’une variété d’éponge particulièrement absorbante si on sert ça contre soi un peu trop fort d’un peu trop près ça libère toutes sortes de bactéries de virus de morts microscopiques qui pénètrent à tout coup votre système ces bêtes sont contagieuses lisez la notice avant de les approcher il faut préalablement passer d’aiguille en aiguille recevoir les vaccins réglementaires et même alors il faut se laver les mains avec un savon antibactérien avant et après tout contact direct

les enfants grignotent sa chair
trop de soleils pour une seule planète
elle fond à fendre le cœur
le gel dure
-30 degrés Celcius -20 kilogrammes

marionnette
son corps tire les ficelles
rend les armes
à quatre pattes helen voyage
œsophage estomac gorge carnage
rend tout
au ventre un zeppelin sur le point d’éclater
l’amour comme un gaz inflammable
pression étau

c’est précieux ça m’asservit
et je ne me risque plus en haute mer pour échapper au désordre
dégoulinant des sentiments bavent les larmes au coin des yeux
mais plus la haute mer
mieux vaut la rive et son souffle de feu

psychiatres spécialistes font une battue
à la recherche du corps
la prescription indélébile au devant de la peau
mais quelle main se posera
au revers du front

c’est une mère anorexique
malgré elle
port d’attaque
je suis un réflexe
elle tait
le monde manque à la douceur

pourtant
vois les crayons de couleur qu’on aiguise étiquette un par un
les livres et cahiers plastifiés
le nom cousu le nom gravé des enfants
pour l’école le petit corps imperméabilisé
sanglé identifié

helen déclenche des guerres
dégorgée voudrait déloger
comment avorter
chair de ma chair restée en plans
le mari prend la mesure à distance
froide fêlure sauve qui peut
mais qui peut
les trois enfants s’ils suivent
dans le marais
en chantier

le mari en veilleuse
s’absorbe
dans tout ce qui n’est pas helen
où sortir
et bondit où partir
pas bien du tout assis
sur ce cœur

helen habite les journaux personne ne l’y connaît ça ne fait rien
helen habite l’autoroute l’ascenseur la télé panneaux publicitaires superhypermarchés
voies de contournements
d’enfant
loin des voix loin du cœur où loger
le vent

atarax ativan prozac attends
prends dors pandore reprends-toi

vois l’abri d’auto protège de la neige
le système d’alarme garde des voleurs
quel habitacle préserve des enfants

quel incubateur pour helen
quel cratère
quelle tranchée
à la chair de sa chair

où loger cœur cramé
quel manteau de cendres
ce matin voile la lumière des grands phares