Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Vues d’ici
Un écran s'installeMon regard n'est plus le mêmeUn voile opaque apparaîtMa terrestre lumière s'enténèbreJe crie ma révolteMoi, fou de soleilJe refuse les ténèbresMoi, qui maudis l'obscuritéCe voile ne tuera pas ma luciditéJe le déchireraiJe le transmuteraiCe voile ne m'empêchera pas de voirJe lirai de l'intérieurJe sentirai palpiter la vieJe humerai les fleursJe caresserai d'autres rêvesJe regarderai par mon ouïeJe verrai par le toucherJ'explorerai par l'odoratJe te décrirai par le goûterD'autres visions apparaîtrontD'autres espoirs surgirontD'autres mots se dirontCes vues d'ici jamais ne s'éteindront.
Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Vagues
Vagues qui divaguent
Vagues qui tuent
Vagues qui dévastent
Vagues qui terrifient
Orphelins les yeux dans le vague
Blessés survivants des vagues
Rescapés des vagues
Meurtris par les vagues
Vagues loin du plaisir
Vagues de souffrances
Vagues de mort
Vagues maudites
Vagues de solidarité
Vagues de générosité
Vagues d’espoir
Vagues pleines d’espérance
Par Jacques Rancourt
MonologuesMes autres poèmes
Monologues d’un agonisant
Je vais rendre l’âme dans quelques minutes
Je suis occupé à agoniser maintenant
Je trouve cette expérience assez traumatisante
Je ne pensais pas la vivre de cette manière
J’avais imaginé rendre l’âme autrement
Je me voyais sur une île ensoleillée
J’étais entourée de belles créatures
J’étais couvert de baisers chauds
Je suis seul aux soins intensifs
Je suis entubé de partout
Je semble déranger tout le monde
Je crois qu’on aimerait que cela se fasse vite
J’avais imaginé une toute autre grande traversée
Je me voyais dans un bain tourbillon
Je sirotais quelques liqueurs très douces
J’étais couvert de baisers par mes nymphes
Je vois l’aumônier mémorisé mon nom à partir d’une fiche
Je suis interpellé par ce vieil homme en fin de carrière sacerdotale
Je refuse l’extrême onction qu’il me propose pieusement
Je le vois triste et confus devant ma rébellion sacrilège
J’avais imaginé un magnifique et divin chant de mes sirènes
Je les regardais se déhancher lascivement devant moi
J’effleurais leur douce peau de mon doigt investigateur
Je laissais perdurer le plaisir du grand départ vers l’au-delà
Je suis pris d’une quinte de toux effroyable
Je vomis, je râle, je sursaute, je crampe
Je me sens étourdi, engourdi, dépossédé
J’assiste impuissant à la sortie de l’âme de mon corps
Adieu les soins infirmiers
Adieu l’aumônier
Bienvenue les nymphes
Bienvenue les sirènes
Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
L’heure avance et recule
Les heures s’écoulent
On peut les avancer
On peut les reculer
On ne peut les arrêter
On peut perdre du temps
On peut gagner du temps
On peut profiter du temps
On peut se foutre du temps
On avance le temps pour sauver de l’argent
On recule le temps pour déjouer l’obscurité
On s’inquiète du temps qu’il fait
On maudit le temps qui gâche un projet
Le temps viendra où le temps s’arrêtera
Cette heure fatidique fait frémir
On voudrait être éternel
On voudrait dominer le temps
Le temps nous aura
Ayons du bon temps
Beau temps mauvais
Vivons pleinement
Hors du temps
Que sera-ce ?
Tu le sais ?
J’en sais rien
Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
L’oasis de la conscience
D’abord
Tu traverses le désert de la vie
Avec le doute
Avec des questions
Avec une vision obstruée
Avec une personnalité
Avec un mental réceptif
Avec des connaissances
Avec subjectivité
Avec souffrance
Avec l’illusion du libre arbitre
Avec un ego astralisé
Avec le poids des mémoires
Ensuite
Tu pénètres dans l’oasis de la conscience
Avec la certitude
Avec des réponses
Avec une vision claire
Avec une personne
Avec un mental créatif
Avec le savoir
Avec objectivité
Avec la paix de l’esprit
Avec la liberté créative
Avec un ego transparent
Avec la légèreté du vide plein
Enfin
Tu entres dans l’autre dimension
Où les paramètres terrestres ne prévalent plus
Où d’autres règles s’appliquent
Où d’autres plans de vie se réalisent
Où l’espace-temps est fracturé
Où l’impossible est possible
Où les limites sont fracassées
Où se vit l’océanité de la conscience
Où l’accès à l’universel ne se questionne pas
Où la dualité n’existe plus
Où la fusion est totale
Où la lumière irradie
Par Jacques Rancourt
qui souhaite l'égalité entre les hommes et les femmes. Le monologue ci-dessous est inspiré d'un fait vécu par cette femme en Arabie Saoudite
Jamais on ne dénoncera assez ces hommes prisonniers d'une culture ancestrale qui fait leur affaire en reléguant la femme au second plan en ce 21e siècle. Trop, c'est trop.
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MonologuesMes autres poèmes
Monologues d’une Saoudienne kidnappée et violée
Je viens de recevoir 90 coups de fouet
Je tremble, je souffre, je pleure, je crie
J’avais rencontré un autre humain comme moi
J’avais rencontré un humain de sexe masculin
J’ai été victime de chantage par cet homme
J’ai eu pour cette rencontre une terrible punition
J’ai été kidnappée par une gang de Saoudiens
J’ai vu ces hommes armés de couteaux
J’ai été amenée dans une ferme isolée
J’ai été violée 14 fois par ces crapules
J’ai été condamnée par les juges de Qatif
Je m’étais retrouvée avec ce maître chanteur
Je n’avais pas le droit d’être avec cet homme
Je suis dans un royaume ultra conservateur
J’habite un pays où l’égalité ne veut rien dire
Je suis dans le royaume de mâles attardés
Je suis une propriété pour ces mâles d’un autre âge
Je suis soumise aux coutumes rétrogrades ancestrales
Je suis incapable de manifester mon autonomie
Je suis la victime du clan tricoté serré
J’étouffe dans ce ghetto qui a la honte facile
Je dénonce l’abus de pouvoir de ces mâles
J’ai honte de vivre à Riyad en Arabie Saoudite
Je veux vivre dans un pays de liberté
Je veux être l’égale de l’homme
Je veux disposer de mon corps
Je veux disposer de mon âme
Je veux disposer de mon esprit
Je veux l’autonomie
Je veux la liberté
Je veux respirer
Je veux vivre
Je suis femme
Je suis humaine