vendredi, avril 06, 2007

Des marques très salutaires

Jacques Rancourt

Des marques très salutaires

Toshibase-moi vite dans mes programmes
MicocrosoftWorde un impromptu erdrekien
HPScanjette une photo qui se démarque
OutlookExpresse à Anne ce chef-d’oeuvre
Windowsexploreure-moi vers la divine Océanie
Brothere-moi une copie en souvenir sur papier glacé 9 par 11

Motrine ma fièvre créatrice
Florabile mon foie lent
Gravole mes terribles nausées
Zantace mon acidité gastrique
Gavisconne mes brûlures d’estomac
Salinexe mon nez épris d’émotions
Rhinarise-le très copieusement

Aspirine mon affreux mal de tête
Betadine ma mauvaise haleine
Listerine le tartre de mes dents
Sensodyne mes gencives sensibles
Cerumole la cire de mes oreilles
Q-tipse-les doucement et délicatement
Peroxyde mes égratignures
Polysporine mes cicatrices

Plavixe mes pauvres artères
Altace mon hypertension
Asaphene mon sang très épais
Lipitore mon haut taux de cholestérol
Synthroide ma glande thyroide
Cal’dophibuse mon équilibre microbiologique

Ombrelle mes coups de soleil
Lanacane mes démangeaisons
WhiteSwane mon cul en déroute
Zincofaxe mon anus mal en point
Alwayse mes pertes féminines
SoftSoape les microbes de mes mains
Lysole la cuvette hautement merdique

Febreeze les odeurs qui empestent
Vime toute la salle de bain
Tilexe les résidus rebelles
HertelPlusse les taches rebelles
Javexe les autres maudites taches
Windexe toutes les vitres de la maison
Drainose mes tuyaux
3-in-one toute la rouille
Sunlighte tous mes vêtements

Yougourte ma pauvre silhouette
Koolaide ma soif désertique
Chateauneufdupape mes papilles
StellaArtoise mon gosier asséché
Kellogue mon petit creux d’estomac
Cialise ma libido en panne de désir
Advile mon mal de tête qui reprend
Dormexe-moi extra fortement pour toujours
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Illustration : Objectif Beauté.com

jeudi, avril 05, 2007

Que me veux-tu?

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Que me veux-tu?

Que veux-tu que j’écrive
Que tout a été dit et écrit
Que tout ne mérite pas de sortir
Que le vide écritoire n’apporte rien

Que mijotes-tu dans ta tête
Que n’oses-tu pas écrire
Que voudrais-tu révéler
Que suis-je capable de lire

Que veux-tu exactement
Que tu ailles droit au cœur
Que tu déjoues le froid intellect
Que tu te laisses vraiment aller

Que tes mots me fassent rêver
Que tes mots me fassent voyager
Que tes mots me fassent oublier
Que tes mots m’ensorcellent
Que tes mots me sortent du quotidien

Quels mots te font tout cet effet
Quels mots déjouent ton destin
Quels mots pénètrent ton intimité
Quels mots t’arrachent du quotidien

Les mots d’amour et de tendresse
Les mots à saveur florale
Les mots de la brise matinale
Les mots des vagues océanes
Les mots des saveurs exotiques
Les mots des chantres de l’érotisme
Les mots des galaxies éloignées
Les mots des silences sidéraux
Les mots de la vieille abandonnée
Les mots de l’enfance oubliée
Les mots du poète incompris

Tes mots sont des étincelles
Tes mots sont des éclairs
Tes mots sont des gouttes de rosée
Tes mots sont des bulles de plaisir
Tes mots sont des guirlandes
Tes mots sont des airs de musique
Tes mots sont des aurores boréales
Tes mots sont des voyages
Tes mots sont des cris de joie
Tes mots sont des sourires espiègles
Tes mots sont des mémos inoubliables
Tes mots sont pour guérir mes maux

mercredi, avril 04, 2007

Déflorée

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Déflorée

Je suis une toute petite fleur
Je vis sur le bord d’un ruisseau
J’adore la rosée matinale
J’adore les caresses du Monarque

Je suis le théâtre d’une véritable guerre
Un gros taon veut l’exclusivité de mon nectar
L’abeille rebelle lui barre la route
S’engage alors une lutte sans merci

Je ne suis qu’une toute petite fleur vierge
On se bat âprement pour me déflorer
Le taon veut déposer du pollen sur mon pistil
L’abeille caresse un projet identique

Ma préférence va pour l’abeille
Je déteste ce gros taon bruyant
Je préfère la délicatesse de ma préférée
Je hais la lourdeur de ce désespéré

Déflorée par ce gros taon
Consolée par la gentille abeille
Bercée par le papillon Monarque
Ensorcelée par le clapotis du ruisseau

Même une petite fleur ne peut vivre en paix
Même une petite fleur ne peut choisir son amant
Que la beauté est fragile
Une toute petite fleur déflorée par un vulgaire taon

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Photo prise par Daniel Lessard autour de sa maison

mardi, avril 03, 2007

Une envie irrésistible

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Une envie irrésistible

À qui, à quoi on ne peut résister
Difficile de contredire Larousse
Expérience très traumatisante
Que cette envie folle de la nature

On la sent venir sournoisement
On la retient du mieux qu’on peut
On garde bonne contenance malgré tout
On commence à avoir des sueurs froides

Impossible de satisfaire cette envie
Aucun urinoir à l’horizon
Aucun bipède ne peut te secourir
Le destin s’acharne sans pitié

On oublie trop souvent ce besoin de la nature
On cherche en vain trop souvent une planche de salut
On dirait que la prude société vit un continuel déni
On n’ose s’abaisser à offrir un soulagement aux victimes

Cela arrive même au Pape lors d’une longue célébration
Cela arrive à un politicien lors d’un long palabre électoral
Cela arrive à un financier lors d’une longue assemblée d’actionnaires
Cela arrive à une Carmélite lors d’une longue séance contemplative

Je confesse avec fierté que la nature m’a secouru
En visitant le mur d’Hadrien en Angleterre
En traversant les plaines de l’Ouest canadien
En sillonnant les routes de la Provence et de la Toscane

Cette envie irrésistible de te soulager
Cette envie est un cri trop souvent sans appel
Cette envie mérite mieux que l’indifférence
Cette envie mérite une véritable canonisation

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Photo coquine prise par Andrée Lessard sur la route du mur d'Hadrien en Angleterre

lundi, avril 02, 2007

Poisson d’avril

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


Poisson d’avril

Tu écoutes les politiciens
Tu crois en leurs promesses
Tu votes aveuglément pour eux
Tu es un poisson d’avril

Tu travailles pour une grosse compagnie
Tu penses qu’elle respecte la nature
Tu penses détenir une sécurité d’emploi
Tu es un poisson d’avril

Tu pries ton Dieu
Tu écoutes le ministre du Culte
Tu penses sauver ton âme
Tu es un poisson d’avril

Tu vas chez le médecin
Tu ingurgites des tas de pilules
Tu enrichis l’industrie pharmaceutique
Tu es un poisson d’avril

Tu prends des vitamines
Tu suis une nouvelle diète
Tu pèses ta nourriture
Tu es un poisson d’avril

Tu as cru à la société des loisirs
Tu as ramassé des Réer
Tu économises pour plus tard
Tu es un poisson d’avril

Tu souhaites la paix sur la terre
Tu veux des continents sans famine
Tu ne veux plus de catastrophes naturelles
Tu veux sauver la planète bleue
Tu veux un gouvernement universel
Tu veux une seule langue commune
Tu veux une fraternité universelle
Tu es un increvable poisson d’avril

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Photo au Lac Gorgotton prise par un ami de Jacques Rancourt. J'avais remporté le trophée du meilleur pêcheur et ce n'était pas un poisson d'avril.

dimanche, avril 01, 2007

Quelques touches de clavier

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Quelques touches de clavier

Dans le lointain passé, quelques coups de pierre
Hier à peine, quelques traces d’écriture
Aujourd’hui, quelques touches de clavier
Le poète laisse quelques traces de son imaginaire

Il livre ses états d’âme
Il partage ses souvenirs
Il expose son regard sur le monde
Il imagine le monde à sa manière

Il sait que la vie est fragile comme une petite rivière
Tout comme elle, les écueils le guettent
Les barrages, les détournements, les crues soudaines
Il voudrait tant qu’on se repose sur ses rives

Il se souvient du temps de ses eaux vives
Il adorait ses poissons sans mercure
Il admirait ses berges verdoyantes
Il se la coulait douce vers le fleuve

Il ne peut arrêter le flux de la vie
Il sait que la vie ne laisse qu’une petite trace
Hier, enfant, il imaginait son avenir
Aujourd’hui, adulte, il se souvient de son passé

Le poète n’a pas d’âge
Il est l’enfant
Il est l’adolescent
Il est le vieillard
Il est la fleur
Il est la colline
Il est le ciel étoilé

Comme la petite rivière cache dans ses courbes
De l’écume
Le poète crache sur ses touches de clavier
Du rêve
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Photo de la rivière Chaudière par Jacques Rancourt

vendredi, mars 30, 2007

Retour à la vie du trouvère amoureux

Par Jacques et Guy Rancourt
Mes autres poèmes


Retour à la vie du trouvère amoureux
Sa stomatite aphteuse a failli le tuer
Je le croyais décédé ce frère si joyeux
J'avais commencé à rédiger son éloge funéraire
J'ai plutôt salué son retour à la vie
Ainsi osais-je m'exprimer avec son aide

Il reste toujours gravé dans nos mémoires
Son rire rayonnant nous charme
Être sensible il est
Amant de la nature il l'est toujours

Partout sur la planète
On rit son retour à la vie
Cette gorge qui a tant flirté
Qui a tant butiné
Qui a tant bu
Aux toisons de ces dames
Cette gorge disais-je
Qui a tant fait frissonner
Les dessous chics de ces dames
Qui a tant fait roucouler
Le cœur sensible de ces demoiselles
Qui a tant secoué
Le bas du corps de ces donzelles
Cette gorge redisais-je
Affamée et friande de tant de fruits exotiques
Ô grands malheurs!
Ô grands supplices!
En perdit larynx et pharynx
Cordes vocales et voix
Le trouvère se retrouva aphone
Muet comme une carpe
Silencieux comme les cieux

Du désespoir naît toujours l’espoir
Si ses papilles et pupilles flanchent
Ses doigts prendront la relève
Pour caresser les beaux corps
De ces amoureuses proches et lointaines
Que ses poèmes chantent si bien

Bon retour à la vie grand baiseur
Barde muet
Ensorceleur de ces dames
Exprimeur de tendresse
Vibreur du beau, du vrai et du palpable

---------- Photo du trouvère par Lucille Veilleux -------------