dimanche, avril 22, 2007

Amazonie

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Amazonie

Tu es si fière de ta forêt
Tu es le poumon de notre planète
Ta flore et ta faune sont si merveilleuses
Tu es la forêt mythique des amants de la nature


On veut réduire ta taille de 50 %
On veut voter ta minceur au Congrès brésilien
On veut te déboiser, te déflorer, te défauner

Quatre fois le Portugal, quelle horreur


On veut t’utiliser pour l’agriculture
On veut du pâturage pour le bétail
On veut trancher ton bois pour le vendre
On veut enrichir les grandes multinationales


Ton sol privé de ta forêt est inutilisable
Tu es trop acide et encline aux inondations
Tu vas te désertifier très rapidement
Tu vas contribuer malgré toi à l’effet de serre



Je crie à qui veut l’entendre
Qu’il faut arrêter ce carnage
Qu’il faut se réveiller, en parler
Que toute la planète est concernée
Qu’il faut stopper l’appétit vorace du Dieu argent
Que cette petite planète a besoin d’être protégée
Qu’il faut éviter ce désastre écologique
Que ce cri du cœur ne passe pas dix mètres
Au-dessus de la tête des pauvres bipèdes sans plumes
Que nous sommes
Qu’il n’y a pas de futur sans nature

vendredi, avril 20, 2007

Mon père

Par Nancy
Mes jeunes écrivains

Pourquoi ?

Un vide s'est installé dans ma vie
depuis que tu es parti
Pourquoi tu m'as quitté ainsi
sans même me dire que tu m'aimais

Toi qui me berçais
quand je pleurais
Toi qui me consolais
quand je pleurais

Pourquoi tu es parti
Je me poserai la même question
Toute ma chienne de vie

Malgré cette tragédie
Au jour le jour, je vis ma vie
Je pense à toi
Je ne t'abandonne pas
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Tableau d'une artiste beauceronne

jeudi, avril 19, 2007

Si je t’écoutais

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Si je t’écoutais

Si je t’écoutais cher styliste
Je ne me reconnaîtrais plus
Je serais incapable de me regarder
Je serais ta créature dépersonnalisée

Si je t’écoutais cher styliste
Je deviendrais un hétéropolitain
Je retournerais dans les années 40
Je célébrerais selon toi ma virilité
Je me matérialiserais en faux-hawk
J’aurais un côté Wall street le jour
Je deviendrais quelque chose
De plus fou la fin de semaine

Si je t’écoutais cher styliste
J’aurais été applaudi jadis en métrosexuel
J’aurais raffolé des petits pots en crème
J’aurais migré même en übersexuel
J’aurais célébré à qui mieux mieux le poil

Si je t’écoutais cher styliste
Je favoriserais l’approche testotéronisante
Je privilégierais le style tombeur
Je reviendrais à un style italien suave
J’aurais les cheveux semi-longs
Je les repousserais vers l’arrière avec des pommades

Si je t’écoutais cher styliste
Je devrais être encore plus osé
Je devrais avoir les cheveux rasés
Je devrais avoir des motifs sculpturaux
Je devrais savoir exploiter les poils faciaux
Je devrais créer des motifs avec ma barbe
Je devrais créer des motifs avec mes favoris

Je ne t’écouterai pas cher styliste
Je garderai le contrôle de ma tête
Je répudie tes tendances en coiffure masculine
Je refuse ton monde superficiel
Un agonisant n’a que faire de tes tendances
Un cadavre dans un salon mortuaire
La cendre dans l’urne funéraire
Se moquent du styliste ad vitam aeternam

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Photo de Jacques Rancourt par lui-même au début de la trentaine

mercredi, avril 18, 2007

Ce mal de vivre

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Ce mal de vivre

Ce mal de vivre qui pousse à fuir
Ce mal de vivre qui pousse à punir
Ce mal de vivre qui pousse à mourir

Souffrances intérieures
Colères refoulées
Vengeances exprimées

Pourquoi sur d’autres humains
Pourquoi sur soi-même
Pourquoi sur la vie animale

Pleurs et grincements de dents
Incompréhension totale
Impression d’une réalité virtuelle

Qu’est-ce que le spasme de vivre
À toute cette souffrance causée
À toutes ces vies brisées
À toutes ces innocences perturbées

Et pourtant la beauté est si près
Et pourtant la fraternité existe
Et pourtant une main est tendue
Et pourtant cette si belle planète bleue
Et pourtant les cultures à découvrir
Et pourtant tant d’aide à apporter
Et pourtant tant de causes à défendre

Pourquoi ce repli sur soi
Pourquoi ce dépit envers l’autre

mardi, avril 17, 2007

Le taponnocanthrope


Par Jacques Rancourt
Le taponnocanthrope

Il regarde
Il examine
Il scrute
Il taponne

Il réfléchit
Il analyse
Il médite
Il taponne

Il doute
Il se méfie
Il questionne
Il taponne

Il vient
Il revient
Ìl retourne
Il taponne

Il craint
Il a peur
Il frissonne
Il taponne

Il prend son temps
Il remet à plus tard
Il envisage de nouveau
Il taponne

Il jongle
Il envisage
Il se peut
Il taponne

STOP STOP STOP

Il vous aura à l’usure
Méfiez-vous de ce téteux
Il vous sucera jusqu’à l’os
Cachez votre urne funéraire

lundi, avril 16, 2007

Le populocanthrope

Par Jacques Rancourt
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le populocanthrope

Il promet la lune à tout le monde
Ìl aime la classe moyenne
Il adore les aînés
Il s’émerveille devant un nouveau-né

Il se dit l’homme du peuple
Il défend toutes les causes
Il s’oppose à tout
Il peut faire des miracles

Il dénonce le système de santé
Il faut le changer
Il dénonce le système d’éducation
Il faut le changer

Il dénonce les accommodements raisonnables
Il faut les changer
Il dénonce les garderies à 7 $
Il faut payer les mamans au foyer

Il dénonce la dette publique
Il faut la baisser
Il dénonce l’administration publique
Il faut la changer

Cela n’a plus de bons sens
Il faut changer
Il y a des limites à tout
Il faut changer

Il faut changer
Il faut …
Il … …

Méfiez-vous de ce populiste
Méfiez-vous de sa vision simpliste
Méfiez-vous de ses artifices
Donnez-lui le pouvoir et vous verrez
La potion magique existe dans une bande dessinée
Même un certain faiseur de miracles a été crucifié
La dure réalité le rattrapera tôt ou tard
Le bon peuple une fois de plus aura été berné
Ce bon peuple qui raffole de pain et de jeux
Ce bon peuple qui ne récolte que des miettes
Ce bon peuple qui voit ses joueurs sur les terrains de golf
Ce bon peuple qui sue, s’endette et se laisse bercer par le populocanthrope

samedi, avril 14, 2007

Le boisé magique

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes

Le boisé magique

Pour les yeux d’un jeune enfant
Tout est mystérieux
Pour les yeux d’un adulte blasé
Tout est ordinaire

Le lointain est relatif
Pour les petits pieds d’un enfant
Une randonnée au boisé
C’est tout un défi
Pour un maniaque de la vitesse
Un tour de piste
C’est rien

Gamins, notre boisé attirait
Pour l’atteindre que d’obstacles appréhendés
Des couleuvres pouvaient frôler nos jambes
Des crapauds laids et répugnants nous terrifiaient
Des coyotes pouvaient nous attaquer à tout moment
Les mouffettes, les porcs-épics et les redoutables ours
Toute une expédition que de se rendre à l’orée de ce boisé

L’expédition en valait la peine
On faisait une provision de gommes d’épinettes
On ramassait une tonne de noisettes
On mangeait de la « shawinigane », petits fils rouges délicieux
Ressemblance oblige aux fils électriques dépouillés
On se régalait avec les pieds de fougère
On mangeait des baies, de l’oseille

Le nec plus ultra, c’était notre gomme d’épinette
C’était un trophée qu’on ramenait en triomphe
On la mâchait à qui mieux mieux
Elle devenait dure comme de la pierre
Qu’importe nos mâchoires étaient solides
On cachait nos noisettes dans le foin
Pour les faire venir à point
Un autre festin en perspective

Quel garde-manger que ce boisé magique