dimanche, juillet 23, 2006

Evelyne

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes

Évelyne, la sainte du ciel ?
Non, la contrée, théâtre de mon enfance
Celle où à l’orée des bois j’allais cueillir les myrtilles
Celle où sur les tas de roches s’offraient les framboises
Celle où dans les champs se cachaient les fraises

Évelyne, le rang aux braves gens
Qui le peuplaient abondamment
Qui lui extirpaient un maigre butin
Qui ouvraient sa route l’hiver avec sueurs au front
Qui se retrouvaient en mai près d’une croix de chemin

Évelyne, aux gens colorés avec milles manies
Hector, le raconteur d’histoires, la commère du coin
Fidèle, le discret, commerçant très habile
Godefroy, plein de bonne volonté, gaffeur inconditionnel
Josaphat, le timide, toujours avec son sourire énigmatique
Eugène, l’invalide, homme de devoir
Lorenzo, le chiqueur, toujours affairé
Adolphe, friand d’Algarol, fermier manqué
Edgard, la prune au front, agnostique

Évelyne, ton rang est méconnaissable
Je ne pleure pas sur ton passé
Je me le rappelle
Ces braves gens appartiennent au passé
Tes maisons ancestrales sont presque toutes disparues
Une abbaye s’y est même installée
Le bitume a remplacé la terre de ta route

Évelyne d’autrefois, tu ne vis que dans mes souvenirs
Je ne suis pas le seul poète à me rappeler mon coin de terre
Que de poètes ont chanté la terre ancestrale, celle d’autrefois
Chaque poète dans son coin peut en témoigner
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Photo dans le rang Sainte-Évelyne par Alexandra Rancourt

jeudi, juillet 20, 2006

Ma mère, ma terre

Le cri d'Édith, cette jeune québécoise de 16 ans, sera-t-il entendu?

Je crie à qui veut m'entendre
Que des hommes au visage amer
Meurtrisse ma mère, ma Terre.

Je crie à qui veut m'entendre
Que des canons de haine
Transforment fleurs en cargot de peine.

Je crie à qui veut m'entendre
Que des cravates de pouvoirs inventés
Étouffent les rires de vos pensées.

Je crie à qui veut m'entendre
Que dansent amèrement des joies synthétiques
Au milieu de murs de béton fatidiques.

Je crie à qui veut m'entendre
Mais ma voix résonne dans une oreille sourde
Mon utopie est trop lourde.

mardi, juillet 18, 2006

Cent morts

Un autre poème écrit par un jeune. Je suis convaincu que les jeunes de la planète sont pacifistes. Ils ne veulent pas la guerre. Ils aiment voyager et sont ouverts aux différences, sources d'enrichissement. Pour eux, l'être humain prime sur les idéologies, les races, les langues, les religions. Ils sont les fils et les filles de la terre.

Cent morts pour toi
Cent morts pour moi!
Tant que nous vivrons
Et partagerons nos morts
Tous nos morts de guerre
Et tous nos morts de trahison!
Mille morts pour toi
Mille morts pour moi
Mille Libanais
Et mille Afghans
Fedayines, Israélites
Ou mille Africains
Mille Palestiniens
Mille morts pour nous
Que j'oublierai
Tant que je vivrai
Jusqu'au nom de chacun
Pour ne garder que le nombre commun!
Mille morts pour nous
Mille morts à retenir
Et pour combien de temps
Dans la mémoire vacillante!
Mille morts à retenir
Remplacés par mille morts à venir
D'une guerre nouvelle!
Mille morts de combats incessants
Mille morts de batailles mémorables
Oubliés déjà Dans la mémoire distraite
Mille morts à effacer
Par mille autres morts renouvelés
Mille morts pour toi
Mille morts pour moi
Mille morts à retenir
Mille morts à oublier
Et pour que l'on dise :
«Il s'est bien battu!»
Et pour que l'on dise aussitôt :
« Mille morts se sont bien battus!»
Mille morts pour toi
Mille morts pour moi
Liste trop longue
Pour la mémoire infidèle
Mille morts pour toi
Mille morts pour moi
À oublier!

lundi, juillet 17, 2006

Toujours les armes, jamais la sainte paix

Au moment où j'écris ces lignes, des bipèdes fanatisés et inconscients sèment la terreur au Liban et en Israël. Ces mots maladroits expriment ma profonde tristesse et mon profond dégoût pour ces fanatiques de tout acabit qui ne connaissent que le langage de la force, de la terreur, des armes. Stupides êtres, prisonniers de leurs mémoires ancestrales!

Les armes, la mort
La paix, la vie
Les dieux illusoires, la mort
L’humain centrique, la vie

2000 ans sans apprendre
2000 ans de souffrances
2000 ans de guerre
2000 ans sans paix

Si le soldat devenait poète
Si le soldat refusait de se battre
Si le soldat désertait
Si le soldat devenait conscient

Innocentes victimes
Familles éplorées
Cris de haine
Cris de vengeance
Cercle infernal

Jeunes de ma planète
Refusez la guerre
Désertez l’armée
Rejetez les milices
Tenez à distance les gourous
Fermez vos oreilles aux chefs
Guerriers
Religieux
Idéologues
Fumistes

Lisez Voltaire
Dévorez Victor Hugo
Cultivez les fleurs
Baignez-vous dans la mer

Ce soleil majestueux
Et la couche d’ozone…
Ces mers qui font rêver
Et la surpêche et la pollution…
Cette eau source de vie
Et de plus en plus rare…
Cette terre divisée
Cette terre massacrée
Cette terre torturée à outrance

Me restera-t-il une place au soleil?

dimanche, juillet 16, 2006

Qui sont les hommes?

Réflexions poétiques d'une des mes étudiantes de 16 ans sur la bête humaine

Enfermée dans une grotte dont les parois m'observent
Les remparts se réfléchissent en moi et les images m'obsèdent
J'ai peur que la vérité s'échappe et me laisse prisonnière
Je sais que je resterai là flottant près de l'enfer

Absence de mots alors que les larmes s'écoulent
Tout le long des murs d'où ma souffrance découle
Aujourd'hui le monde se tourne vers des âmes perdues
Délaissant les milliards d'autres vies interrompues
Les yeux de l'univers regardent la vengeance
Les yeux de nos coeurs observent les anges

Ma haine tranchante se brise comme du verre
Mais la matière désunie en moi déchire la chair
Je sens mon corps qui s'en va au loin
Fuyant peu à peu ce dilemme sans fin
Est-il possible que je me sente parmi les miens
Au coeur d'une terre à nouveau sans parfum

Ont-ils peur de mourir, pour qui se battent-ils ?
Qui se sait trahi, contre quoi se hérissent-ils ?
On nous laisse pour héritage une idée que l'on cultive
En espérant qu'un jour la flamme en nous s'active
Chaque vie qui s'éteint est une flèche qui m'atteint

Citoyenne du monde j'appartiens au lointain
Je vis dans le silence, ils ont perdu leur innocence
Car souvent les hommes libres brillent par leur absence
Enfermée dans une grotte dont les murailles s'élèvent
Chaque pierre me renvoie la couleur de nos rêves
Sombre et humide la réalité m'étouffe

Bientôt le jour se lève et le vent froid se couche
Quelle place est la mienne dans le jardin d'Eden ?
Quelles places ont-ils dans le jardin de nos peines ?
D'un pas résolu on va vers l'ennemi
La cible reconnue on défend sa patrie
Prêt à se battre ou prêt à les abattre ?
Quelque soit l'adversaire, prêt à combattre
Cette peur quand mon sang autour de moi coulera
Savoir que mes illusions passent de vie à trépas
Rouge, le nuage de sang dérive vers l'horizon
Pour toujours les morts chantent à l'unisson

À nos yeux tous ne mériteront pas les hommages
Dans ce texte j'élève une sépulture à tous les sages, à toutes les victimes de passage.

vendredi, juillet 14, 2006

Naissance



Hier, c'était la noirceur, l'illusion
Aujourd'hui, c'est une lueur, la réalité
Je regarde ce monde qui m'entoure
Je ne le vois plus comme avant.

Avant, je pensais qu'il pouvait m'apporter tout
Succès, sécurité, joie, espoir
Maintenant, je réalise qu'il ne m'apporte rien
Il me vampirise
Il m'impose sa façon de voir
Il exige en retour
Il me tient dans l'ignorance.

Je rejette le mysticisme
Donc, je ne fuirai pas ce monde
Je rejette le matérialisme
Donc, je ne me noierai pas dedans

Conscient que la réalité n'est pas
Ce qui est pensé par plusieurs
J'irai au-delà des illusions de la forme
J'exprimerai ce qui ne se pense pas
J'oublierai les mirages de ma civilisation

Je chercherai en moi le réel
Je laisserai de côté la mémoire du passé
J'arrêterai de vivre des expériences
Je supporterai ce que je fais et dis

Je vivrai dans la certitude
Je tuerai la culpabilité
Je fuirai le doute
Je découvrirai la tolérance
Je serai invincible
Je serai dans mon savoir.

jeudi, juillet 13, 2006

Zinédine Zidane et les mots

Materazzi a utilisé des mots pour provoquer Zidane. Ce geste m'inspire ce poème.

Les maudits mots

Mots qui blessent
Mots qui tuent
Pourquoi ce fiel ?
Oh ! grand ciel !

Vous pouvez engendrer la vie
Vous pouvez redonner vie
Mais non !
Vous préférez la déraison
Vous entretenez la passion

Je vous maudis
Je vous exècre
Parce que je sais
Qui se cachent
Derrière vos vibrations
Vous n'êtes qu'illusion