mardi, mars 06, 2007

Monologues d’une Saoudienne kidnappée et violée

Par Jacques Rancourt
qui souhaite l'égalité entre les hommes et les femmes.
Le monologue ci-dessous est inspiré d'un fait vécu
par cette femme en Arabie Saoudite
Jamais on ne dénoncera assez ces hommes

prisonniers d'une culture ancestrale
qui fait leur affaire en reléguant la femme au second plan
en ce 21e siècle. Trop, c'est trop.
N'hésitez pas à livrer vos commentaires!
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Monologues d’une Saoudienne kidnappée et violée

Je viens de recevoir 90 coups de fouet
Je tremble, je souffre, je pleure, je crie
J’avais rencontré un autre humain comme moi
J’avais rencontré un humain de sexe masculin
J’ai été victime de chantage par cet homme

J’ai eu pour cette rencontre une terrible punition
J’ai été kidnappée par une gang de Saoudiens
J’ai vu ces hommes armés de couteaux
J’ai été amenée dans une ferme isolée
J’ai été violée 14 fois par ces crapules

J’ai été condamnée par les juges de Qatif
Je m’étais retrouvée avec ce maître chanteur
Je n’avais pas le droit d’être avec cet homme
Je suis dans un royaume ultra conservateur
J’habite un pays où l’égalité ne veut rien dire
Je suis dans le royaume de mâles attardés

Je suis une propriété pour ces mâles d’un autre âge
Je suis soumise aux coutumes rétrogrades ancestrales
Je suis incapable de manifester mon autonomie
Je suis la victime du clan tricoté serré
J’étouffe dans ce ghetto qui a la honte facile
Je dénonce l’abus de pouvoir de ces mâles
J’ai honte de vivre à Riyad en Arabie Saoudite

Je veux vivre dans un pays de liberté
Je veux être l’égale de l’homme
Je veux disposer de mon corps
Je veux disposer de mon âme
Je veux disposer de mon esprit
Je veux l’autonomie
Je veux la liberté
Je veux respirer
Je veux vivre
Je suis femme
Je suis humaine

lundi, mars 05, 2007

Le politicocanthrope

Par Jacques Rancourt
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le politicocanthrope

Il est en campagne électorale
Il offre mains et accolades
Il fait du porte à porte
Il se lève tôt et se couche tard

Il a appris par cœur son refrain
Il le sert à toutes les sauces
Il a une réponse à tout
Il parle et fait semblant d’écouter

Il lit tout ce qu’on dit de lui
Il est sensible aux sondages
Il raffole des applaudissements
Il maudit secrètement ses détracteurs

STOP

Il a un ego démesuré
Il a l’âme d’un sauveur
Il veut servir oui oui
Il ne pense qu’à lui

STOP STOP STOP

Laissez-le avec ses illusions
La grosse machine l’avalera

dimanche, mars 04, 2007

Monologues de la Petite Sirène

Par Jacques Rancourt
Monologues
Mes autres poèmes
Monologues de la Petite Sirène

Je suis le symbole légendaire de Copenhague
Je mesure 1,25 mètres de haut
Je pèse 175 kilos
Je garde l’entrée du port

Je suis l’œuvre inspirée d’un conte de Hans Christian Andersen
Je suis visitée tous les jours par des centaines de touristes
Je suis assise à l’entrée de la baie de la Capitale
Je suis dans cette position depuis 1913

J’ai été victime d’une mauvaise blague
J’ai été peinturlurée tout en rose fluo
Je ne sais pas si cet acte est lié aux émeutes
Je sais qu’on a évacué de force une maison de jeunes

J’ai été décapitée et peinte à maintes reprises
Je suis comme toutes ces femmes violées
Je suis en ce début de mars leur symbole
Je représente cette humanité souffrante

Je ne comprends pas cette intolérance
Je ne comprends pas cet aveuglement
Je ne comprends pas cette domination
Je ne comprends pas l’arrogance mâle

Je vis au 21e siècle
Je vis à l’ère du cellulaire
Je ne vis plus au Moyen Âge
Je vis à Copenhague

Je ne comprends pas
Je ne sais pas
Je suis triste
Je ne suis qu’une Petite Sirène

samedi, mars 03, 2007

Le Père Noël sort de sa sabbatique dans un Copenhague perturbé

Par Jacques Rancourt
51e péripétie de la saga humoristique pour adultes avertis
Sommaire des autres péripéties

Le Père Noël sort de sa sabbatique dans un Copenhague perturbé

Je suis le Père Noël sorti violemment de sa sabbatique
Je dois secourir mes fils pris dans une émeute
Je vois qu’ils étaient solidaires des émeutiers
Je savais qu’ils campaient à Chrisitinia

Je savais qu’ils campaient dans le refuge des marginaux
Voici ce qu’ils m’ont expliqué

Christinia était une communauté autogérée.
Aucun permis n’était nécessaire pour s'installer sur ses terres
et y construire un baraquement.
Une nouvelle loi demandait aux nouveaux arrivants
de partir pour la réalisation d'un projet immobilier.
Les habitants de Christinia militaient contre cette loi
depuis plusieurs années.
Leur souhait est de conserver leur autonomie
et leurs institutions de décision en place
depuis plus de vingt ans

J’ai vu que le camp de la paix est devenu le camp de la violence
J’ai vu une police brutale
J’ai vu des centaines d’arrestations
J’ai vu un de mes fils recevoir un coup de poing à l’estomac

Je sais qu’un projet domiciliaire est à l’origine de l’évacuation
Je sais que les marginaux ne sont jamais acceptés
Je sais que la culture underground fait peur
Je sais que je dois réconforter mes fils

Je suis un Père Noël qui dénonce l’intolérance
Je suis un Père Noël qui prône la tolérance
Je suis un Père Noël solidaire
Je suis un Père Noël solitaire

Je suis un Père Noël adoré par mes enfants
Je suis un Père Noël aimé par ma Danoise

Dialogue cordial

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Dialogue cordial

Tu me connais par coeur
J’ai le coeur léger

Tu me parles à cœur ouvert
Je m’en donne à cœur joie

Tu me perces le cœur
J’ai le cœur brisé

Tu me brises le cœur
J’ai mal au cœur

Tu me crèves le cœur
J’ai la rage au coeur

Tu m’ouvres ton cœur
J’en ai le cœur à l’envers

Tu as le cœur à l’ouvrage
J’en ai le cœur net

Tu vas droit au cœur
J’ai le cœur sur la main

Tu me fends le cœur
J’ai le cœur triste

Tu as le cœur gros
Je t’aime de tout coeur

vendredi, mars 02, 2007

Quand arrive l'oubli

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Quand arrive l'oubli

Cette femme aimante
Cette femme à la chair souffrante
Me regarde tristement
Me supplie tendrement

L'oubli s'installe
L'oubli l'avale
Implacable
Irréparable

La douleur m'assaille
Celle que j'aime
Celle à qui je dois la vie
Ne me reconnaît plus

Je n'existe plus
Pour celle qui m'a allaité
Pour celle qui m'a dorloté
L'oubli l'a attaquée

Implacable destin
Irréparable fin
Pour celle qui a tant donné
Pour celle qui a tant aimé !