lundi, décembre 22, 2008

Évanescence

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


Comme il se doit
Devant l’imprévu
Devant l’amertume
Il y a l’inconstance
Du dérapage du non-être

Difficile à croire
Plus difficile à espérer
Contre toute atteinte
Contre l’inspiration
Malgré la défaillance
De toute fausse espérance

Inutile de penser
Inutile de croire
Qu’un cœur malade
Faute d’amour
Croupit dans l’inutilité
D’un faux espoir
Une sorte de perdition
Sans rédemption

La conséquence des conséquences
Dans l’errance du non-être
S’attable aux confins du faux
Le flux afflue des vives sources
Accepte l’inévitable évitable
Et se met enfin à la table
Les bols remplis jusqu’au bord
De la sauce chaude concoctée
Remplissent les aspirants
À la certitude d’être
Au-delà des fissures du temps

samedi, décembre 20, 2008

Tempête et fête

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

On tempête
On tempère
On angoisse
On fête
On rêve
On jubile

Temps de tempêtes
Temps des fêtes
Temps d’angoisses
Temps de réjouissances

On crève
On jeûne
On mange
On boit

Crises économiques
Crises politiques
Crises alimentaires
Crises énergétiques
Rien n’est certain
Tout est éphémère
Comme la rose
Comme la rosée
Comme l’étoile filante

Je marche dans la nuit
Je contemple les étoiles
Je suis encore vivant
J’oublie les mauvais présages
Je vis l’instant présent
J’entends mon cœur battre
Je me rappelle des souvenirs heureux

Demain je regarderai le soleil poindre à l’horizon
Je donnerai de nouveau un baiser à ma douce
Je ferai une fois de plus boire ma chatte Capucine
Je comprendrai ce que je me devais de comprendre


lundi, décembre 15, 2008

Un flacon de flocons

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je lève mon flacon
Aux premiers flocons
Non je ne suis pas con
J’aime à ma façon

Ce sol enneigé
Ce sol piégé
Ce sol agressé
Cela me désole

Je les aime dans les airs
Je les déteste sur terre
Je les regarde virevolter
Je me sens survolté

Flocons de neige
Flocons d’innocence
Flocons folâtres
Flocons coquins

Restez dans les airs
Allez dans la lointaine Afrique
Abreuvez cette terre desséchée
Réhydratez les zones désertiques
Quittez le Nord et l’Antarctique
Allez faire votre pique-nique ailleurs

Souffrez une seule exception
Venez me saluer le soir de Noël


dimanche, décembre 14, 2008

Bernard Madoff


Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

C’est « toff » à prendre
50 milliards en fraude
Madoff Madofff Madoff
Et ta conscience?

50 milliards en fraude
Madoff Madoff Madoff
Une petite gêne oui ou non
Et ton âme?

Madoff Madoff Madoff
Toute une pyramide
50 milliards escroqués
Que te dit ton miroir?

Un courtier légendaire
Incarnation du rêve américain
Le plus grand escroc de l’histoire
Seras-tu encore vénéré?

Madoff Madoff Madoff
Écoute cette petite voix
Celle de Sarkozy qui crie
« Civilisons le capitalisme »

Madoff Madoff Madoff
La prison t’attend
Tu y vivras
La simplicité involontaire

samedi, décembre 13, 2008

Elle est venue

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


Une nuit d’insomnie
Une nuit d’angoisse
Une nuit ténébreuse
Une nuit affreuse

Il pleuvait dehors
J’étais triste à mort
Oui, oui, je pleurais
Un torrent de larmes

Et puis elle est venue
Partie depuis des lustres
Dans ce monde tout autre
Dans cette dimension autre

Sa présence prit le chant
De cet oiseau dans ma fleur
Cet oiseau testeur d’humidité
Pourtant la fleur avait son eau

L’oiseau chantait si fort
L’oiseau voulait me consoler
Elle qui aimait les oiseaux
Elle qui aimait les fleurs

Je compris qu’elle avait senti ma tristesse
Je compris qu’elle me faisait sentir sa présence
Mes pleurs cessèrent et j’acceptai cette présence
Je ne suis jamais partie cher poète si triste

Je veille sur toi et je lis tous tes poèmes
Je vibre à ta sensibilité et je comprends
Puise en toi la force d’espérer
Malgré toute ta désespérance

Je ne serai jamais loin de toi
Tout comme ta souffleuse
Dans ton abri Tempo

Je t'aimerai toujours

vendredi, décembre 12, 2008

J'ai compris le pourquoi des guerres

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Encore une neige abondante
Dans ce Nord de l’Amérique
Je sors ma rutilante souffleuse
De son douillet abri Tempo

Une jouissance indescriptible
Gagna tout mon être jubilatoire
Devant cette ferraille si utile
D’étranges sensations m’inquiétèrent

Pendant que le bruit du moteur
Me maintenait dans un état léthargique
Je questionnai ma conscience
Et tout à coup la lumière fut

Je compris le pourquoi des guerres
Le plaisir orgasmique de manier
De la ferraille, des bébelles meurtrières
Fusils, chars d’assaut, F18

Évidemment c’est un plaisir d’hommes, de soldats
Les femmes n’ont pas de temps à perdre
Avec ces niaiseries meurtrières
Elles suffisent à peine
À ramasser les pots cassés
Et à materner ces stupides maris
Adolescents attardés incurables


jeudi, décembre 11, 2008

Sapin des fêtes

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je viens de me faire passer un sapin
On ne veut plus de mon ancestral
Nom de sapin de Noël
On le remplace par sapin des fêtes

Cela fait plus politiquement correct
Je suis la victime de l’ère
Post-accommodement raisonnable
Je suis un roi des forêts déchu
Plus question d’être associé
À une fête chrétienne selon eux

Il faut ménager certaines sensibilités
On renie mon histoire dans ce grand pays
Au diable les traditions et l’identité

Je suis un sapin bien accommodant
Mais n’approchez pas trop
J’ai encore des aiguilles