jeudi, octobre 08, 2009

Compte à rebours

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Très bientôt nous serons huit milliards
Très bientôt nous courons à un suicide collectif
Nécessité de changer nos comportements autodestructeurs
Nécessité d’une vision lucide sur la coopération

Que nous dis-tu Albert Jacquard
Que les bombes sont pour tuer les humains
Que tout prendre les matières premières du sol
Et ne rien laisser aux générations futures
Une preuve d’un égoïsme extrême collectif

On coopère ou on court à la catastrophe
Comment gérer alors une si petite planète
La consommation matérielle n’est pas un gage de bonheur
Les richesses de la terre appartiennent à tous
Les riches doivent moins gaspiller
Il est temps d’arrêter le pillage
Il faut redistribuer la richesse de la terre
1/5 de l’humanité gaspille 4/5 des richesses

La véritable croissance n’est pas qu’économique
C’est celle des valeurs humaines
Des milliards pour sauver les multinationales
Très peu pour sauver la planète
Les décideurs ont le sort de la planète entre leurs mains

Merci Albert Jacquard de brasser la cage
Lisons ton livre Le compte à rebours a-t-il commencé?

dimanche, octobre 04, 2009

Lire et délire

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Lire rituel intime
Miroir du moi
Reflet intérieur
D’un esprit en délire

Transporté dans un autre univers
Pas si loin de celui du lecteur
Avec tous ses espoirs
Avec tous ses traquenards

Dehors le tumulte et l’étourderie
Dedans le rêve et l’évasion
Captivé par les mots
Qui s’effeuillent
Le lecteur délire

Lire jusqu’au délire
Relire les mémoires intérieures
Délier les soubresauts de l’être
Voir défiler son propre destin

Un autre univers infini m’attendait
Même si dehors la vie s’écoulait autrement


mercredi, septembre 23, 2009

Toujours plus ou toujours moins

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Toujours plus
Voilà notre credo sociétal
Plus de vitesse
Plus d’argent
Plus d’évasion
Plus d’espoir

Toujours moins
Et si cela était suffisant
Pour trouver le bonheur
Pour vivre en sainte paix
Loin des tourbillons

Moins courir
Fuir le stress
Changer son point de vue
Être ici tout simplement
S’épanouir pleinement
Trouver sa raison d’exister

Découvrir une nouvelle passion
Celle de vivre tout simplement


lundi, septembre 21, 2009

Théofanatisme injecté

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

On vient au monde
On grandit peu à peu
On se fait parler beaucoup
On nous transmet beaucoup

On nous injecte une culture
On nous insémine des idées
On nous scolarise
On nous configure

Dans un passé jadis
Déjà lointain
On m’a parlé
De péchés
D’enfer
De prêtrise

On m’a inséminé
Maintes idioties
À un âge où
On est si naïf
Si puéril
Si innocent

Aucun esprit critique
Aucun doute
Une foi absolue
Une foi en la foi
Bref un théofanatisme fatal

Et toute une vie pour mettre
De l’ordre dans tout cela
Douter
Rejeter
Prendre du recul
Et ne pas croire
Et apprendre
À penser pas soi-même
En toute liberté

mardi, septembre 15, 2009

Morale amorale

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Brandis ta Bible
Zélote religieux
Règle ta vie sur elle
Si cela t’amuse tant
Mais de grâce
Oublie-moi

Retour dans ton passé biblique
À l’époque de ton Noé
Avec sa noyade de tous les humains
Sauf une famille et quelques animaux
Et les autres?
Pas une larme de regret?

La femme de ton Lot
Changée en colonne de sel
Pour avoir tourné la tête
Vers le feu dévastant
Sodome et Gomorrhe
Pour des histoires de cul

Et ton supposé saint Lot
Qui féconde ses deux filles
Qui l’ont enivré

Ton Abraham et le sacrifice
De son fils échappé de justesse
Au coup de couteau
Traumatiser son propre fils
Pour mettre sa foi à l’épreuve
J’en ai des frissons

Ton Jephté qui fait rôtir sa fille
Pour tenir une promesse
Celle d’une victoire sur les Ammonites

Parlons de la jalousie vindicative de ton Dieu
À cause du fameux veau d’or adoré
En l’absence de ton montagnard de Moïse
Toute une boucherie vraiment
Des milliers furent tués

Tes murs de Jéricho qui tombent
Au son des trompettes
Personne ne fut épargné
Pas même les animaux
Tout passe au tranchant de l’épée

Et ton Nouveau Testament maintenant
C’est quoi cela?
Quitter sa famille pour suivre Jésus

Ton péché originel qui se transmet
Par le sperme d’un ancêtre à l’autre
Belle façon de venir au monde
En héritant du péché d’un lointain ancêtre

Finalement adopter une croix
La porter au cou
Cet instrument de torture
Et d’exécution!

Explique-moi ta morale
Pieux zélote!
Je m’y perds saintement!


vendredi, septembre 11, 2009

Il est incroyable

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Il est né d’une vierge
Il n’a pas de père biologique
Il sort de sa tombe Lazare
Qui sentait déjà mauvais

Il se fait crucifier
Il meurt
Il est enterré pendant trois jours
Il redevient vivant

Quarante jours plus tard
Il monte au sommet d’une colline
Il disparaît avec son corps dans le ciel

Il connaît vos pensées les plus secrètes
Il entend les pensées de toutes les personnes
Il voit tout
Si vous faites le mal ou le bien
Il le sait
Il peut vous récompenser
Il peut vous punir
Même après votre mort

Sa vierge mère n’est jamais morte
Elle s’est assomptionnée
Si le vin et le pain sont bénis par un prêtre
Cela devient le corps et le sang
De l’homme sans père né d’une vierge

Je regardai ma chatte boire
Et j’éclatai d’un immense
Rire sonore
Oui, il est bel et bien
Incroyable, marmonnai-je


dimanche, août 30, 2009

Vélo crucifiant

Par Jacques Rancourt




L’air pur du cycliste amateur que je suis
Les cheveux au vent et l’admiration constante
Les routes tortueuses et les sentiers rupestres
Quelle source de plaisir pour le bipède que je suis

Très souvent mes yeux innocents croisent
De nombreuses croix semées sur les bords
De ces routes de ma jadis catholique région
Je sursaute chaque fois à cette étrange évocation

Qui sont ces étonnants bipèdes qui se rassasient
D’une telle morbidité ainsi exposée dans toute son horreur
Quelle exploitation fatale du chagrin et de la tristesse
Quelle est cette religion qui expose ainsi un homme nu
Cloué à une croix devant laquelle on pleure et on frémit
Cette source de larmes intarissable depuis des siècles

Je reprends ma route en vélo et mes neurones s’étonnent
Le fils de ce prétendu Dieu se laisser ainsi crucifier bêtement
Ce prétendu faiseur de miracles impuissant dans sa puissance
Le bon peuple avait besoin de ce sang pour s’agenouiller

L’homme rationnel refuse d’avaler de douloureux fiel
Son esprit critique et scientifique se rie de ce montage
Il préfère dévaler les pentes et admirer les ruisseaux
Entendre chanter les oiseaux et contempler les étoiles
Il préfère maintenant détourner son regard de cette croix
Et regarder la chèvre de l’autre côté du chemin brouter