dimanche, mars 04, 2007

Monologues de la Petite Sirène

Par Jacques Rancourt
Monologues
Mes autres poèmes
Monologues de la Petite Sirène

Je suis le symbole légendaire de Copenhague
Je mesure 1,25 mètres de haut
Je pèse 175 kilos
Je garde l’entrée du port

Je suis l’œuvre inspirée d’un conte de Hans Christian Andersen
Je suis visitée tous les jours par des centaines de touristes
Je suis assise à l’entrée de la baie de la Capitale
Je suis dans cette position depuis 1913

J’ai été victime d’une mauvaise blague
J’ai été peinturlurée tout en rose fluo
Je ne sais pas si cet acte est lié aux émeutes
Je sais qu’on a évacué de force une maison de jeunes

J’ai été décapitée et peinte à maintes reprises
Je suis comme toutes ces femmes violées
Je suis en ce début de mars leur symbole
Je représente cette humanité souffrante

Je ne comprends pas cette intolérance
Je ne comprends pas cet aveuglement
Je ne comprends pas cette domination
Je ne comprends pas l’arrogance mâle

Je vis au 21e siècle
Je vis à l’ère du cellulaire
Je ne vis plus au Moyen Âge
Je vis à Copenhague

Je ne comprends pas
Je ne sais pas
Je suis triste
Je ne suis qu’une Petite Sirène

samedi, mars 03, 2007

Le Père Noël sort de sa sabbatique dans un Copenhague perturbé

Par Jacques Rancourt
51e péripétie de la saga humoristique pour adultes avertis
Sommaire des autres péripéties

Le Père Noël sort de sa sabbatique dans un Copenhague perturbé

Je suis le Père Noël sorti violemment de sa sabbatique
Je dois secourir mes fils pris dans une émeute
Je vois qu’ils étaient solidaires des émeutiers
Je savais qu’ils campaient à Chrisitinia

Je savais qu’ils campaient dans le refuge des marginaux
Voici ce qu’ils m’ont expliqué

Christinia était une communauté autogérée.
Aucun permis n’était nécessaire pour s'installer sur ses terres
et y construire un baraquement.
Une nouvelle loi demandait aux nouveaux arrivants
de partir pour la réalisation d'un projet immobilier.
Les habitants de Christinia militaient contre cette loi
depuis plusieurs années.
Leur souhait est de conserver leur autonomie
et leurs institutions de décision en place
depuis plus de vingt ans

J’ai vu que le camp de la paix est devenu le camp de la violence
J’ai vu une police brutale
J’ai vu des centaines d’arrestations
J’ai vu un de mes fils recevoir un coup de poing à l’estomac

Je sais qu’un projet domiciliaire est à l’origine de l’évacuation
Je sais que les marginaux ne sont jamais acceptés
Je sais que la culture underground fait peur
Je sais que je dois réconforter mes fils

Je suis un Père Noël qui dénonce l’intolérance
Je suis un Père Noël qui prône la tolérance
Je suis un Père Noël solidaire
Je suis un Père Noël solitaire

Je suis un Père Noël adoré par mes enfants
Je suis un Père Noël aimé par ma Danoise

Dialogue cordial

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Dialogue cordial

Tu me connais par coeur
J’ai le coeur léger

Tu me parles à cœur ouvert
Je m’en donne à cœur joie

Tu me perces le cœur
J’ai le cœur brisé

Tu me brises le cœur
J’ai mal au cœur

Tu me crèves le cœur
J’ai la rage au coeur

Tu m’ouvres ton cœur
J’en ai le cœur à l’envers

Tu as le cœur à l’ouvrage
J’en ai le cœur net

Tu vas droit au cœur
J’ai le cœur sur la main

Tu me fends le cœur
J’ai le cœur triste

Tu as le cœur gros
Je t’aime de tout coeur

vendredi, mars 02, 2007

Quand arrive l'oubli

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Quand arrive l'oubli

Cette femme aimante
Cette femme à la chair souffrante
Me regarde tristement
Me supplie tendrement

L'oubli s'installe
L'oubli l'avale
Implacable
Irréparable

La douleur m'assaille
Celle que j'aime
Celle à qui je dois la vie
Ne me reconnaît plus

Je n'existe plus
Pour celle qui m'a allaité
Pour celle qui m'a dorloté
L'oubli l'a attaquée

Implacable destin
Irréparable fin
Pour celle qui a tant donné
Pour celle qui a tant aimé !

mercredi, février 28, 2007

Botero et la comédie humaine

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Botero et la comédie humaine

J’ai visité ton univers
Je me suis reconnu en toi Botero
J’analyse la bête humaine
Toi, tu la dessines
Toi, tu la peins
Toi, tu la sculptes

Je suis touché par la détresse humaine
Toi, tu l’exprimes si bien dans ta peinture
Je suis touché par les soubresauts de cette bête
Toi, tu m’as touché par ta conscience sociale
Tu te moques du pouvoir
Tu peins les hautains dans des poses moqueuses

Personnages magnifiques
Personnages volumétriques
Personnages colorés
Je vous adore
Je vous préfère à celles de nos fabricants
D’images
De modes
De superficialité

Baisers maudits

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Baisers maudits

À tous les iscariottes de la terre
Je vous dis et je vous répète
J’en ai marre de vos baisers
Je vomis sur vos hypocrisies

Vous dilapidez la planète
Vous ruinez des vies
Vous ne pensez qu’à vous-mêmes
Vous baisez vos actionnaires

Baissez les bras
Rabaissez vos ego
Laissez-nous vivre
Rapiécez vos dégâts

Loin de votre marché haussier
Loin de vos courbettes factices
Faites de vos baisers un marché baissier
Débarrassez-nous de vos immondices

mardi, février 27, 2007

Solitaire et solidaire

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Solitaire et solidaire

Solitaire dès la naissance
Solitaire dans la pensée
Solitaire dans la création
Solitaire dans l’amour
Solitaire dans la souffrance
Solitaire dans la mort

Solidaire dans la communauté
Solidaire dans la communication
Solidaire dans la coopération
Solidaire dans l’amour
Solidaire dans la compassion
Solidaire dans la vie

Solitaire mais solidaire
Solidaire mais solitaire