lundi, décembre 29, 2008

Impuissante face au destin

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Pas facile de contourner le destin
Pas conviée encore au céleste festin
Le festin supposé dans l’autre monde
Un monde étrange dans lequel elle se convie

Pas des pilules pour calmer ma souffrance
Mais des pilules pour hâter l’échéance finale
Faudra-t’il m’assommer moi-même
Pour forcer le destin à s’accomplir

Ma religion l’en empêche
Devrais-je devenir protestante
Allez me chercher la grande faucheuse
Je suis lasse d’attendre la fin

Ainsi palabrait la vieille dame exténuée
Qui n’attendait plus rien de la vie
Qui appelait les forces de la mort
Qui voulait en finir avec la vie

Théoriquement on souhaite une fin sereine
Qu’en sera-t’il quand notre tour viendra
On peut jouer les gérants d’estrade
N’empêche que ce n’est pas évident
De finir dignement d'éculubrer le blogueur

vendredi, décembre 26, 2008

Quand le temps se fait attendre

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


« À ma belle-mère de 90 ans
Qui voulait en finir avec le temps
Un soir du 25 décembre. »

Un temps pour le temps qui attend
Qui attend le temps propice
Le temps d’en finir avec le temps
Qui ne laisse pas le temps de comprendre

Un temps pour surprendre
Quand vient le temps propice
Quand on est sur le bord du précipice
Quand on ne veut point d’armistice

Finir avec le temps qui prend son temps
Pas question d’attendre un autre printemps
Le temps de l’attente a fait son temps
Il est temps d’arriver au bout du chemin

Mais le temps fait la pluie et le beau temps
Le temps ne veut pas suspendre son vol
Il mettra un point final en temps et lieu
Elle a l’impression d’avoir fait son temps

Elle aura encore le temps de parler du temps jadis
Elle se souviendra du temps de sa jeunesse
Elle va bouder de temps à autre
Elle comprendra que le temps viendra en son temps


mercredi, décembre 24, 2008

Une maîtresse incontournable

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Elle l’attendait depuis longtemps
Il était fort occupé depuis un certain temps
Des travaux urgents captaient son attention
Elle ne comprenait point ce manque d’attention

Elle imaginait ses lèvres s’approcher d’elle
Un long frisson suscitait des bouillons érotiques
Déjà elle s’offrait à lui avec désinvolture
Qu’attendait-il pour se précipiter vers elle

Et puis l’instant magique se produisit
Il la prit en tremblant dans ses mains
Il la regarda avec concupiscence
Elle se sentait désirée

Puis il l’approcha près de ses lèvres humides
Il laissa couler en lui la douceur de son être
Elle se laissa ainsi aller dans son intimité
Elle traversa des zones inexplorées

Il répéta le geste maintes fois
Il commença alors à gesticuler
Il raconta ses nombreux exploits
Il était le géant maître de l’univers


mardi, décembre 23, 2008

Miaulement efficace

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


Elle miaule et miaule
Elle veut des caresses
Elle veut une présence
Ma coquine Capucine

Elle miaule et miaule
Elle veut de l’eau fraîche
Elle veut sa Royal Canin
Mon insatiable Capucine

Elle miaule et miaule
Elle veut une litière propre
Elle veut du PratiCat Litter
Ma fière Capucine

Elle miaule et miaule
Elle veut jouer maintenant
Elle veut une corde ou une souris
Ma sportive Capucine

Ma copine me darda un regard
Qui voulait en dire long
Qui me fit sursauter
Et soudain la lumière fut

Je lui donnai un tendre baiser
Je préparai le déjeuner
Je passai la balayeuse
Je jouai au Scrabble avec elle
Avec Capucine sur mes genoux

lundi, décembre 22, 2008

Évanescence

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


Comme il se doit
Devant l’imprévu
Devant l’amertume
Il y a l’inconstance
Du dérapage du non-être

Difficile à croire
Plus difficile à espérer
Contre toute atteinte
Contre l’inspiration
Malgré la défaillance
De toute fausse espérance

Inutile de penser
Inutile de croire
Qu’un cœur malade
Faute d’amour
Croupit dans l’inutilité
D’un faux espoir
Une sorte de perdition
Sans rédemption

La conséquence des conséquences
Dans l’errance du non-être
S’attable aux confins du faux
Le flux afflue des vives sources
Accepte l’inévitable évitable
Et se met enfin à la table
Les bols remplis jusqu’au bord
De la sauce chaude concoctée
Remplissent les aspirants
À la certitude d’être
Au-delà des fissures du temps

samedi, décembre 20, 2008

Tempête et fête

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

On tempête
On tempère
On angoisse
On fête
On rêve
On jubile

Temps de tempêtes
Temps des fêtes
Temps d’angoisses
Temps de réjouissances

On crève
On jeûne
On mange
On boit

Crises économiques
Crises politiques
Crises alimentaires
Crises énergétiques
Rien n’est certain
Tout est éphémère
Comme la rose
Comme la rosée
Comme l’étoile filante

Je marche dans la nuit
Je contemple les étoiles
Je suis encore vivant
J’oublie les mauvais présages
Je vis l’instant présent
J’entends mon cœur battre
Je me rappelle des souvenirs heureux

Demain je regarderai le soleil poindre à l’horizon
Je donnerai de nouveau un baiser à ma douce
Je ferai une fois de plus boire ma chatte Capucine
Je comprendrai ce que je me devais de comprendre


lundi, décembre 15, 2008

Un flacon de flocons

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je lève mon flacon
Aux premiers flocons
Non je ne suis pas con
J’aime à ma façon

Ce sol enneigé
Ce sol piégé
Ce sol agressé
Cela me désole

Je les aime dans les airs
Je les déteste sur terre
Je les regarde virevolter
Je me sens survolté

Flocons de neige
Flocons d’innocence
Flocons folâtres
Flocons coquins

Restez dans les airs
Allez dans la lointaine Afrique
Abreuvez cette terre desséchée
Réhydratez les zones désertiques
Quittez le Nord et l’Antarctique
Allez faire votre pique-nique ailleurs

Souffrez une seule exception
Venez me saluer le soir de Noël