samedi, mars 03, 2007

Dialogue cordial

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Dialogue cordial

Tu me connais par coeur
J’ai le coeur léger

Tu me parles à cœur ouvert
Je m’en donne à cœur joie

Tu me perces le cœur
J’ai le cœur brisé

Tu me brises le cœur
J’ai mal au cœur

Tu me crèves le cœur
J’ai la rage au coeur

Tu m’ouvres ton cœur
J’en ai le cœur à l’envers

Tu as le cœur à l’ouvrage
J’en ai le cœur net

Tu vas droit au cœur
J’ai le cœur sur la main

Tu me fends le cœur
J’ai le cœur triste

Tu as le cœur gros
Je t’aime de tout coeur

vendredi, mars 02, 2007

Quand arrive l'oubli

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Quand arrive l'oubli

Cette femme aimante
Cette femme à la chair souffrante
Me regarde tristement
Me supplie tendrement

L'oubli s'installe
L'oubli l'avale
Implacable
Irréparable

La douleur m'assaille
Celle que j'aime
Celle à qui je dois la vie
Ne me reconnaît plus

Je n'existe plus
Pour celle qui m'a allaité
Pour celle qui m'a dorloté
L'oubli l'a attaquée

Implacable destin
Irréparable fin
Pour celle qui a tant donné
Pour celle qui a tant aimé !

mercredi, février 28, 2007

Botero et la comédie humaine

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Botero et la comédie humaine

J’ai visité ton univers
Je me suis reconnu en toi Botero
J’analyse la bête humaine
Toi, tu la dessines
Toi, tu la peins
Toi, tu la sculptes

Je suis touché par la détresse humaine
Toi, tu l’exprimes si bien dans ta peinture
Je suis touché par les soubresauts de cette bête
Toi, tu m’as touché par ta conscience sociale
Tu te moques du pouvoir
Tu peins les hautains dans des poses moqueuses

Personnages magnifiques
Personnages volumétriques
Personnages colorés
Je vous adore
Je vous préfère à celles de nos fabricants
D’images
De modes
De superficialité

Baisers maudits

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Baisers maudits

À tous les iscariottes de la terre
Je vous dis et je vous répète
J’en ai marre de vos baisers
Je vomis sur vos hypocrisies

Vous dilapidez la planète
Vous ruinez des vies
Vous ne pensez qu’à vous-mêmes
Vous baisez vos actionnaires

Baissez les bras
Rabaissez vos ego
Laissez-nous vivre
Rapiécez vos dégâts

Loin de votre marché haussier
Loin de vos courbettes factices
Faites de vos baisers un marché baissier
Débarrassez-nous de vos immondices

mardi, février 27, 2007

Solitaire et solidaire

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Solitaire et solidaire

Solitaire dès la naissance
Solitaire dans la pensée
Solitaire dans la création
Solitaire dans l’amour
Solitaire dans la souffrance
Solitaire dans la mort

Solidaire dans la communauté
Solidaire dans la communication
Solidaire dans la coopération
Solidaire dans l’amour
Solidaire dans la compassion
Solidaire dans la vie

Solitaire mais solidaire
Solidaire mais solitaire

lundi, février 26, 2007

Le misocanthrope

Par Jacques Rancourt
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le misocanthrope

Il aime la solitude
Il fuit ses semblables
Il les trouve médiocres
Il les considère vaniteux

Il les voit faibles
Il rencontre des lâches
Il croise des salauds
Il s’éloigne des prétentieux

Il le voit voler son frère
Il le voit tuer son semblable
Il doute qu’il soit à l’image de Dieu
Il doute de sa si belle planète

Il constate la peste
Il rencontre la maladie d’Alzheimer
Il voit régner l’autisme
Il reconnaît la schizophrénie

Il trône sur une si belle planète
Il subit les ouragans
Il subit la sécheresse
Il subit les inondations
Il voit la souffrance animale

Il glorifie sa très belle planète
Il rejette les pédophiles
Il déjoue les arnaqueurs
Il maudit les taxateurs
Il s’éloigne des vendeurs de dope

Il est une copie de Dieu
Tout comme Michel-Ange
Tout comme Mozart
Tout comme Gandhi
Tout comme l’abbé Pierre

Il vit cruellement une réelle désespérance
Il entrevoit désespérément une vague espérance

samedi, février 24, 2007

Monologues de la solitude

Par Jacques Rancourt
Monologues
Mes autres poèmes

Monologues de la solitude

Je vis cloîtrée dans ma petite chambre
Je passe mes journées à me bercer
J’espère en vain la sonnerie du téléphone
J’attends en vain une quelconque visite

Je prie, je pleure, je m’ennuie
Je regarde mes quelques rares photos du passé
Je me remémore le visage de mon mari décédé
J’attends la visite de mes quelques enfants

Je jongle, je rumine, je m’étiole
J’étais jadis de toutes les associations
J’étais la reine de toutes les réunions
Je riais, je contais, j’étais heureuse

J’attends, j’espère, je me désole
Je chiale sur tout et sur rien
Je déteste la nourriture qu’on me sert
Je refuse leurs jeux enfantins

Je me plains, je maugrée, je maudis
Je dors très peu la nuit
Je souffre d’incontinence
J’ai les jambes enflées

J’ai mal, je boite, je souffre
Je ne vais plus à la messe
Je n’irai pas voter
Je ne m’intéresse plus à rien

Je tremble, j’angoisse, j’hallucine
J’attends désespérément l’issue fatale
J’ai peur d’agoniser et de mourir seule

Je suis la plus seule des solitaires