jeudi, juillet 16, 2009

Monologue masculin

Par Jacques Rancourt
Monologues
Mes autres poèmes

Je refoule depuis trop longtemps
Je garde tout dans mes voûtes secrètes
Oui, j’ai des émotions
Oui, j’ai l’âme à la tristesse
Dans ma très grande détresse

On dit que je suis aux commandes
Des pouvoirs économiques
Des pouvoirs politiques
Des pouvoirs sociaux
De ce qui me donne de l’ivresse

À quoi servent ces pouvoirs
Quand le ciel me tombe sur la tête
Quand tout s’écroule autour de moi
Quand j’ai besoin d’aide
Quand je suis incapable de parler
De ma très grande détresse

Je vois mes semblables
Aux idées suicidaires
Incapables d’assumer une rupture
Mal à l’aise dans la paternité
Ignares dans la gestion des émotions
Mal préparés à vivre un veuvage
Faisant de l’isolement sa maîtresse

Oui au partage au masculin
Non au suicide, à la violence
Oui demander de l’aide
Non à se cacher dans la forêt
Oui briser le silence
Parler ce n’est pas une faiblesse

Changer sa condition masculine

Voilà toute une promesse

samedi, juillet 11, 2009

Gorgotton

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes




Grand lac loin de toute civilisation
Espace de calme et de repos
Délice pour l’œil contemplatif
Lieu de méditation silencieuse

Le poète taquina la truite
La truite taquina la poète
Soudain l’une d’elle plus téméraire
Termina sa destinée dans la barque

Les compagnons furent médusés
On le félicita en pleurant de joie
L’humble poète ne parlait que du hasard
Une ligne lancée dans la bonne direction
Tout simplement
Et inévitablement
Le destin fut ainsi
Pour cette reine du lac

Le poète se sentit triste
D’avoir arraché une vie
D’avoir brisé un rêve
Celui d’une truite
Taquinant le pêcheur
Le pêcheur taquinant la truite

Mortel destin
Implacable loi de la nature
Le poète lève le trophée
La reine finira dans la soupière
Cruel pêcheur
Heureux poète

dimanche, mai 31, 2009

Vierge flouée

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
On dit de mai
Que c’est le mois de Marie
Que c’est le mois le plus beau
Qu’à la vierge chérie
Il faut un chant nouveau

Ce que je vis de mai
C’est un mois de pluie
C’est un mois d’ennuis
Que le soleil tant chéri
Il faut l’oublier

Oh vierge encore une fois
On s’est servi de toi
On a fabulé sur ta personne
Oublie ta virginité et ouvre
La porte aux désirs ardents
Laisse ta sève monter vers le ciel
Amène au paroxysme les névrosés
De cette petite planète qui cherchent
Dans ce mois de mai des sursauts
De libido à défaut d’illumination
De soleil de rêveries d’humour

Intercède auprès du Très Haut
Pour que le mois de mai redevienne
Ce mois tant chéri des petits terriens

lundi, mai 18, 2009

Rut printanier

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Ce frère on le surnommait le taureau
Nom tout à fait digne de son personnage
Quand le printemps se pointait à l’horizon
On ne reconnaissait plus ce frère taureau

Il passait ses journées entières à épier le taureau
Loin des tâches quotidiennes il épiait sans relâche
Le vrai taureau s’adonnait à ce à quoi on devine
Et notre taureau humain fantasmait sur son engin

L’engin de toutes les prouesses l’engin de tous les désirs
Il se voyait accomplir lui-même cette tâche très noble
Pourquoi n’était-il pas né dans cette race animale
Pourquoi n’était-il condamné qu’à épier et à fantasmer

Ainsi tous les printemps ramenaient cette folie printanière
Cet humain vivait par procuration la vie du taureau
Aujourd’hui encore il rêve de ce rut printanier
Aujourd’hui encore le tout s’accompagne
D’une puissante et généreuse érection
Loin de nous l’idée d’une absolution
Laissons-le à l’ivresse de ses ablutions
Sources de toutes ses consolations
Ne tuons pas la beauté
De ses rêves


samedi, mai 02, 2009

La caverne de Platon

Par Jacques Rancourt

Consterné j’ai vu des ombres sur le mur
Le mur de toutes les redditions, de toutes les perversions
Le mur des fausses lamentations affiche tant de sciences
Tant de technologies, tant de quincailleries
Mais si peu de sagesse
Mais si peu de plus être

Emportez-vous poètes criez plus fort que jamais
Car l’âme de l’humanité est terriblement noire
Hurlez haut et fort des vers francs et vrais
Ignorez les obscénités des ignares
Criez si fort que les corps abrutis
Cracheront enfin ces âmes noires
Et que par miracle les âmes
Des vrais sages prendront
Toute la place

Qu’enfin brille sur les murs
De la caverne la lumière
Qui pulvérise à tout jamais
Les timorés de cette planète
Agonisante

Oui je ne décolère pas
Oui je suis pessimiste
Prouvez-moi le contraire
Amenez-moi le sourire
Mais ne m’endormez pas

mardi, avril 28, 2009

Fleur céleste

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


Toi ma fleur chérie des splendeurs infinies
Tu es la belle marguerite éclose sur ma route
Sur les parois de mon cœur s’épanouit
Ta candide auréole éblouissante

Toi ma petite fleur tu déchiffres
Dans l’éternel et l’insondable azur
Les signes de toute ma tendresse
Ta lumière éternelle m’éblouit
Tu provoques de douces convulsions
Dans ce cœur trop gâté et trop agité

Moi le romantique je t’offre floralement
Ces vers comme des semences fécondes
Qu’ils atteignent tes zones les plus intimes
Tu regardes mes vers comme des étincelles
Qui font dresser ce qui me fait tant chavirer

Allons vite dans notre douillet alcôve
Rugissons comme des bêtes fauves
Pataugeons comme les sangliers dans l’herbe
Épuisons-nous de tendresse et d’amour
Lâchons le magnifique et grandiose cri primal
À la hauteur de nos jouissances réciproques


lundi, avril 27, 2009

Gouttes de rosée

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


Oh poète
Arrose l’univers de tes vers
Comme la fleur attend ses gouttes
De rosée

Heureux le poète excité par sa muse
Qui tel un éboueur ratisse les rues
Sort du lit en quête de créativité
Et dès que son café est siroté
Traverse la ville et ses faubourgs
Se casse les méninges
Se fend l’âme en mille morceaux
Pour dire à qui veut le lire
Que les choses de ce côté-ci du monde
Ne tournent pas rond du tout

Le poète dénonce les décideurs endormis
Les pollueurs qui ne hument pas
Les faux prêcheurs de faux rêves
Les pilleurs des économies en agonie

En posant les doigts sur le clavier
Il se rappelle l’extase d’un lever de soleil
D’une pleine lune qui lui sourit
Il oublie le côté sombre de sa planète
Il est aux anges quand sa Capucine
Fixe l’écran et voit
Les vers défiler comme
Des gouttes de rosée
Salutaires
et porteuses
D’espoir