jeudi, mars 31, 2016

Les tiroirs de ma mémoire

Jamais je n’aurais pensé
Que rendu à un âge vénérable
Les tiroirs de la mémoire s’entrouvriraient
Sans que je le veuille vraiment

Ce que j’y trouve est tellement beau
Que le doute s’installe en moi
La réalité de mon enfance semble
Tellement embellie que j’en suis ému

Pourtant je suis né sur une terre infertile
Où les roches contrôlaient le territoire
Pourtant j’ai vécu dans l’insignifiance
D’une enfance épicée au fondamentalisme
Catholique empreint de religiosité

Je ne savais pas ce qu’était la révolte
L’allée des vaches étant le tracé
Qui me conduisait à l’orée du boisé
Où j’ignorais le mot décimation

Mon œil vieilli voit tellement proche
Ces insignifiances lointaines
L’homme que je suis
N’aurait jamais assumé
Ce qui fut jadis
Sans un cri de révolte
De colère

Prendre l’affabulation pour la vérité
Voir mes ancêtres si chers s’abreuver
De ces eaux sans se questionner
Ne les voir jamais remettre en question
Ce qu’il prenait pour la réalité
Tout cela horripile au plus haut point
Le septuagénaire que je suis

Mais hélas je comprends qu’ils étaient
Prisonniers dans leur univers clos
Qu’ils ne pouvaient regarder de haut
Et rejeter toutes ces fables qui ont meublé
Le désert de leur vie.
Il y a de ces vérités qu’ils n’auraient tout simplement

Pas pu supporter sans suffoquer.


jeudi, mars 17, 2016

Béatrice

En cette fin d’hiver, à l’heure du midi
J’apparus. Je sais que vous m’attendiez.
Malgré mes petits yeux fermés, j’ai senti votre présence
Je sais que vous allez me chérir et me cajoler

Ma vie commence dans une famille de rêve
La médecine douce sera à mon secours en tout temps
Je mangerai de bons produits venant de la ferme
Qui sait. J’irai moi aussi un jour au Portugal.

La douce voix de la reine des Neiges
Accompagnera mes nombreuses siestes
Mon grand frère adoré tourbillonnera autour de moi
Il sera toujours là pour me donner ma suce

Ma grande sœur m’apprendra tout
Elle me fera bricoler, chanter, danser
Je lirai la fierté dans les yeux de mon papa
Que dire de ma douce et tendre maman
Elle saura me consoler, m’apaiser et me chérir


Ah oui ! Mes grands parents. Laissez-les me gâter.

jeudi, octobre 01, 2015

Le Harperocanthrope

Il nous impose une très longue campagne électorale
Il se présente uniquement devant ses partisans
Il ne supporte aucunement la critique
Il est convaincu de sa vérité

Il répète que ses valeurs sont aussi québécoises
Il a détruit le registre des armes à feu malgré le Québec
Il croit très peu ou pas du tout à la réhabilitation des prisonniers
Il adore tout ce qui est militaire et ce qui est royal

Il ne veut pas qu’on compile correctement les statistiques
Il visite souvent le Grand Nord par crainte de le perdre
Il se méfie de la recherche et de la science
Il ne supporte pas les journalistes

Il déteste les tribunaux qui viennent le contrarier
Il invente de toute pièce une crise à propos du niqab
Il achète les votes des jeunes familles et des aînés

Il contrôle et dicte ce qu’il faut dire à sa famille conservatrice

mardi, mai 12, 2015

Souvenirs d'une mère

Quand je pense à notre mère
Cette Florence toujours souriante
Qui nous dorlotait du matin au soir
Qui aimait d’un inconditionnel amour
Toute sa nombreuse et turbulente tribu
 Qu’elle avait enfanté au fil des ans

Que des heures de travail et de tendresse
Que de souffrances camouflées
Que de va-et-vient imposés à ses pauvres jambes
Pleines de varices et de callosités

Notre mère Florence joyeuse et espiègle
Qui savait trouver le rose où le noir gisait
Qui faisait la sourde oreille à l’ingratitude
Qui jamais ne se lamentait sur son sort

Notre mère que la vie a mise à rude épreuve
Notre indispensable mère irremplaçable
Tu nous manques cruellement
Tu vis dans nos souvenirs
Jamais nous ne t’oublierons
Non jamais
Jamais 

samedi, janvier 10, 2015

Supporter l’insoutenable


Soutenir l’insupportable
Quand toute lumière a disparu
Quand la noirceur devient ton linceul
Quand mourir devient la seule issue
Quand vivre est une continuelle agonie




Où prendre la force pour affronter le monstre
Le monstre des pensées illusoires et vaines
Le monstre des désespoirs carabinés
Le monstre de la solitude
Le monstre du non-être

Fuir vers des contrées lointaines
Quand un seul clic te ramène à la maison
Quand ta maison est ta prison
Comment te départir de tes chaînes
Comment fuir ton île
Le saut en hauteur vers une certaine conscience
Plus facile à écrire à entendre à se dire

Et si tout au bout du désespoir une toute petite lumière
Comme une flèche qui fissure l’opacité des ombres
Comme une étincelle qui suffit à embraser tout
Tu pourrais espérer soutenir l’insupportable
Tu pourrais espérer supporter l’insoutenable 

samedi, décembre 27, 2014

Mon inséparable tablette



Par Jacques Rancourt

Ma génération voudrait te tabletter
Ma génération celle du quatrième âge
Celle qui a connu la grande dépression
Celle qui a marché à pied à l’école
Cette génération qui avait réponse à tout
Qui répétait la réponse des autres

La progéniture n’avait pas Google pour vérifier
Les médias sociaux se faisaient sur le perron de l’église
Le Wikipédia avait pour nom le médecin le curé l’institutrice le marchand ambulant
Aujourd’hui alors que j’aligne cette réflexion
Sur cette époque trop édulcorée
Ma tablette me fait entendre ma musique préférée
Me fait contempler la dernière hémérocalle éclose
Mes livres numériques piaffent d’impatience
Ma Presse Plus me livre les nouvelles du jour
Je retrouve une recette à concocter que je salive déjà

Ne me demandez pas de tabletter mon amie
Celle qui permet de partager mes coups de cœur
Dans Facebook de twitter mes découvertes
De découvrir des lieux magnifiques
De me retrouver quand j’ai perdu mon chemin
Merci Google Earth Google Maps Google Street

Si j’ai la nostalgie d’un concert manqué iTune me le fera
Entendre confortablement assis dans mon salon
J’ai manqué une émission de télévision
Tout.tv me permet de remonter le temps

Non ne me faites pas retourner dans ce passé obscur
Ratatiné par les peurs de ces êtres pour qui la terre était
Une vallée de larmes





jeudi, février 27, 2014

J'ai besoin de soleil



Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


Oui je n’ai pas besoin de pluie
Je veux du soleil à tous les jours
Pour mon bronzage

Oui
Je n’ai pas besoin de mauvais temps
Je n’ai pas besoin de tempêtes
Je veux des rayons qui m’excitent
Mieux que toutes les aurores boréales

Oui
Je n’ai pas besoin de travailler
Les brises suffocantes grisent mon cœur
Je n’ai besoin que de m’évader
Je n’ai besoin que de plages
Le vent chaud souffle mon bonheur
La nuit prépare une canicule
Et moi je répare mon hamac

Un grand, grand bonheur immense
Un beau cadeau ensoleillé du ciel

Oui
Je n’ai besoin que de sable
J’ai des flots qui m’entourent
J’ai du bonheur plein les bras

Oui
Je n’ai besoin que de vin
Je n’ai besoin que de houblon
J’ai du soleil qui me comble
Mieux que toutes les ivresses

Un grand, grand bonheur immense
Un beau cadeau ensoleillé du ciel

Tu n’es pas un fardeau dans ma vie
Tu es l’apogée de mon existence