samedi, août 22, 2009

Cette langue française

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Cette langue qui permet
D’exprimer des mots d’amour
De pulser des trésors de tendresse
D’imaginer le rêve possible

Cette langue qui permet
À Cabrel de nous ensorceler
À Nelligan de dire toute sa tristesse
À Laberge de nous évader

Cette langue qui permet
D’échanger sur Twitter
De potiner sur Facebook
D’envoyer des messages avec l’Iphone

Cette langue qui permet
De créer des blogues
De partager des recettes de cuisine
De garder contact avec la francophonie

Oubliez les dédales du MELS
Oubliez les éditeurs de manuels scolaires
Découvrez tout son mystère
Apprenez à l’apprivoiser
Engagez-vous à la défendre
À vous battre avec acharnement

Cette langue vous permettra
De dénoncer les inepties du Système
De mener des batailles contre l’imbécilité
D’exprimer votre intériorité
De vous faire écouter avec respect

Osez contre toute désespérance
Combattez l’ignorance
Prenez votre place dans la société
Cette langue à conquérir vous attend
Avec amour
Avec patience
Avec complicité


jeudi, août 20, 2009

Monologues d’un Cyberprofesseur

Par Jacques Rancourt
Monologues
Mes autres poèmes

J’ai mal à ma langue ce matin
Je sirotais mon café en lisant le journal
Mes yeux tombent sur le constat fatidique
On échoue allègrement l’épreuve uniforme
L’examen de français à la fin du cégep

Je n’en croyais pas mes yeux
20 % quittent sans leur diplôme
À cause de cet échec
Moi qui me tue à programmer
Des tests dans mon http://www.cyberprofesseur.com/
J’étais consterné

Des souvenirs de ma pratique pédagogique
Remontent à la surface
Je revois les erreurs de mes gars et filles de 17 ans
Des participes passés bafoués
Des verbes qu’on refuse d’accorder avec le sujet
Des homophones maltraités
La ponctuation ridiculisée

Et pourtant et pourtant
Comme le chante si bien Aznavour
Un beau matin je sais que je m'éveillerai
Différemment de tous les autres jours
Je constaterai qu’on utilisera mon site
Pour courir rapidement vers le succès
Et réussir enfin cet examen
Qui donnera enfin l’accès
Au fameux diplôme manquant
Et pourtant et pourtant
J’espère que mon coeur
Sera délivré de toute cette tristesse
Que l’effort d’un apprentissage soutenu
Sera au rendez-vous pour cette belle jeunesse

mercredi, août 19, 2009

Confidences humano-bernachiennes

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Hier un poète parlait avec sa plante
Aujourd’hui un autre échange avec une bernache
Il lui raconte sa vie
Elle s’émerveille
Il la caresse
Elle tressaille

Qui dit qu’elle est sauvage
Cette Bernache
Elle lui parle du Mexique
Il lui raconte ses randonnées
Dans la campagne du Bic

Il lui promet des grains de maïs
Elle préfère les fruits sauvages
Il lui parle d’un poète
Qui converse avec sa tête d’oie
Elle sourit tendrement

À contempler les humains du haut
Elle apprend à son ami bicois
Des secrets sur la bête humaine
Il lui parle alors de fleurs et de poissons
C’est ainsi que naquit une grande amitié


mardi, août 18, 2009

Lysimaque cou d’oie

Par Jacques RancourtMes autres poèmes




Quand je regarde le bipède humain
Souvent je me désole
Que faire pour consoler mon moi triste
Contempler ma Lysimaque cou d’oie
Et le sourire revient par enchantement

Elle est source de sagesse
Elle me donne des leçons de vie
Elle est tolérante à plusieurs types de sols
Comme je devrais tolérer plusieurs types
De notre chère espèce humaine

Elle accepte les sols humides et pauvres
Et même secs
Comme je dois accepter différentes formes
D’imbécilité et y trouver quelque chose
Elle adore coloniser les sous-bois
Comme j’adore débusquer les travers
Des humains

Cette tête d’oie est fière et digne
Je passe des heures en sa compagnie
Nous parlons de tout et de rien
Elle ne se prend pas pour une autre
Elle n’est pas capricieuse
Je vis une sainte paix en sa compagnie


dimanche, août 16, 2009

Ce ciel trop proche ou trop lointain

Par Jacques Rancourt
Cette Galaxie du Chapeau
À 28 millions d’années-lumière
Captée par le télescope Hubble
Cela donne à réfléchir

Car vers un ciel trop proche
Un sens à ma vie
Je croyais donner
Nageant dans cette mélasse
Intoxiqué par cet opium
Trop longtemps hélas
Jusqu’au début hélas
De l’âge adulte hélas

Je compris enfin
Qu’à force de regarder
Vers ce ciel trop proche
On se donne un torticolis
On se berce d’une douce illusion
On édulcore la réalité
On vit en illuminé dangereux

Vers ce ciel trop proche
Aucune réponse
Grosse perte de temps
Puissant analgésique
Pour la déprime
Pour cette quotidienneté
Pour ce terrestre destin

À trop rêver d’un ciel proche ou lointain
On oublie de vivre sur la terre qu’on piétine
On oublie l’essentiel hélas
Celle de vivre sa propre légende personnelle


samedi, août 15, 2009

Le mystérieux dimanche

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes


Au temps de ma jeune enfance
Il y avait ce dimanche après-midi
Avec une routine implacable
Comprise tard à l’âge adulte

À cette phase naïve de mon enfance
Impossible à mon jeune cerveau
D’imaginer ou de soupçonner
Ce qui pouvait bien se tramer

Et pourtant il s’en passait
Des scènes grandioses
Dans cette mystérieuse chambre
Celle de mes parents en cet après-midi
Que chaque dimanche amenait

Il fallait déguerpir et s’éloigner
De ce coin mystérieux où disparaissaient
Eugène et Florence pressés qu’ils étaient
À aller accomplir l’acte qui donna
Une multitude de rejetons grâce
À la méthode Ogino mal comprise
Par Florence qui recevait la semence
De son mari alors qu’elle était féconde
Et qui s’abstenait en période d’infertilité

Il faut dire que l’abbé Donat Tanguay
Lui avait expliqué la chose et elle l’avait
Comprise comme elle pouvait
C’est-à-dire de travers
Au grand bonheur du curé
Qui voyait ses ouailles augmenter
Au fil des coïts répétés frénétiquement
Dans l’acte conjugal exécutoire
Sous peine de damnation éternelle

C’est ainsi que je fus conçu
Et que je compris plus tard
Que l’après-midi du dimanche
Était réservé à l’acte copulatoire
L’acte conjugal béni de Dieu

vendredi, août 14, 2009

Revenir sur terre

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Il était temps
Après toutes ces années
Enfin comprendre
Et prendre le temps

À regarder sans cesse en Haut
On oublie le en Bas
Où tout se joue
Inutile de tourner les yeux
Vers le très Haut
Sauver sa peau
Sans se cacher sous le manteau
Du très Haut

De toute façon
Le très Haut se fout
Du très Bas
Le très Bas pour se calmer
A inventé le très Haut
Alors pas de miracle à attendre
Prières, offrandes, rituels
N’y peuvent rien
L’encens monte vers le Haut
Et rencontre le très Vide
Le très Bas se doit
De se battre seul
Le très Bas doit
Revenir sur terre
Sa patrie