jeudi, août 13, 2009

Une certaine litanie optimiste

Par Jacques Rancourt

Qui anime le Show du refuge

Dan Bigras

Qui se préoccupe de la forêt nordique

Richard Desjardins

Qui veut sauver nos rivières

Richard Séguin

Qui dénonce le génocide du Darfour

Mia Farrow

Qui ramassait les orphelins de Calcutta

Mère Teresa

Qui conscientisait les pays riches

Dom Helder Camara

Qui dit une vérité qui dérange

Al Gore

Qui est une source de fierté haïtienne

Michaël Jean

Qui est admiré par les Africains

Obama

Qui prône la simplicité volontaire

Serge Mongeau

Qui réalise ses rêves

Guy Laliberté

Qui dénonce la torture

Amnistie internationale

Qui luttait pour la discrimination des Noirs

Martin Luther King

Qui a amené l’abolition de l’Apartheid

Nelson Mandela

Qui peut amener le beau sur la planète

L’être humain

Qui est capable de poésie

L’être humain

Qui peut aimer

L’être humain


mercredi, août 12, 2009

Une certaine litanie pessimiste

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Qui fait les guerres
L’être humain
Qui détruit la planète
L’être humain
Qui laisse les autres mourir de faim
L’être humain
Qui pratique le génocide
L’être humain
Qui vole son prochain
L’être humain
Qui se sert de Dieu pour tuer
L’être humain
Qui pollue lacs et rivières
L’être humain
Qui torture son prochain
L’être humain
Qui drogue pour l’argent
L’être humain
Qui exploite les enfants
L’être humain
Qui blesse hurle crie
L’être humain
Qui ne pense qu’à son moi
L’être humain
Qui se suicide
L’être humain
Qui se saoule comme un cochon
L’être humain
Qui fait cette litanie pessimiste
Un être humain parmi d’autres

mardi, août 11, 2009

Marée basse

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Impossible de prendre le large
J’ai la marée très basse
J’en ai marre d’être amarré
Impossible de me marrer

Non je ne suis pas l’Onondaga
Cette épave jadis célèbre
Pour rester sur le côté
Au côté des vicissitudes
Refusant de reposer sur son socle
Refusant d’avance la visite
Des voyeurs et des chasseurs
D’épaves

Je ne suis pas une épave
Quoique ce matin faute de marée
Je crains qu’on fasse de moi
Un restaurant pour touristes

Ma sœur plus grande et plus obèse
Vit non loin d’ici amarrée à un quai
En ruines et rumine son passé
Je refuse un tel destin
Je veux prendre le large
Que vienne la maudite marée haute
J’ai un petit ami qui m’attend
À la Pointe-au-Père


lundi, août 10, 2009

Tu regardes

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


Tu regardes attentivement
Ces crapules qui flouent
Qui mènent la grosse vie
Avec l’argent des autres

Tu regardes attentivement
Ces donneurs de leçon
Que sont ces seigneurs de Dieu
Que sont ces saigneurs du Capital
Qui s’enrichissent de la sueur
Des autres et de leurs prières
Qui osent prétendre à une place de choix
Dans ce qu’ils nomment le Paradis
Dans ce paradis fiscal plein d’indulgences
Où ils se sentent à l’abri et où ils prient
Loin de cette plèbe qui souffre
Que leurs avoirs fructifient
Que le fruit des entrailles des autres
Remplisse le calice de leur fêlure d’âme

Tu regardes attentivement
Tu as envie de ruer
Tu as envie de galoper
Tu as envie de redevenir
Un animal sauvage
Fuir cette contrée de crapules
Paître enfin dans un pré
Loin de la connerie humaine

dimanche, août 09, 2009

Délaissée

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Comme cette vieille pelle
Abandonnée dans les champs
La poésie se sent délaissée
Dans ce blogue depuis quelque temps

Où est-il passé le poète
À quelle tâche si urgente
Ses neurones sont-elles occupées
Quelle excuse inventera-t-il
A-t-il une justification

Personne ne se soucie de cette vieille pelle
Pourtant si utile en son temps
La poésie n’accepte pas les excuses
En ces temps incertains
Comme cette vieille pelle
Elle doit revenir dans ce blogue
Elle a trop à dire encore
Pour rester silencieuse
Et délaissée


samedi, août 08, 2009

L'amour

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Aimer avec passion
Aimer avec tendresse
Aimer avec attention
Aimer avec fidélité

Emprunter le même sentier
Regarder dans la même direction
Gravir les mêmes montagnes
Éviter les profonds précipices

Marcher main dans la main
Arroser son jardin
Arracher les mauvaises herbes
Contempler ses rejetons

Oui il y a de ces hommes et de ces femmes
Qui s’aiment pour toujours
Oui il y a ce miracle quotidien
Le plus admirable et le plus étonnant


jeudi, juillet 16, 2009

Monologue masculin

Par Jacques Rancourt
Monologues
Mes autres poèmes

Je refoule depuis trop longtemps
Je garde tout dans mes voûtes secrètes
Oui, j’ai des émotions
Oui, j’ai l’âme à la tristesse
Dans ma très grande détresse

On dit que je suis aux commandes
Des pouvoirs économiques
Des pouvoirs politiques
Des pouvoirs sociaux
De ce qui me donne de l’ivresse

À quoi servent ces pouvoirs
Quand le ciel me tombe sur la tête
Quand tout s’écroule autour de moi
Quand j’ai besoin d’aide
Quand je suis incapable de parler
De ma très grande détresse

Je vois mes semblables
Aux idées suicidaires
Incapables d’assumer une rupture
Mal à l’aise dans la paternité
Ignares dans la gestion des émotions
Mal préparés à vivre un veuvage
Faisant de l’isolement sa maîtresse

Oui au partage au masculin
Non au suicide, à la violence
Oui demander de l’aide
Non à se cacher dans la forêt
Oui briser le silence
Parler ce n’est pas une faiblesse

Changer sa condition masculine

Voilà toute une promesse