samedi, octobre 21, 2006

Salon funéraire

Photo du mur d'Hadrien lors d'un séjour en Angleterre
J'ai concocté un poème sarcastique sur un sujet très sérieux.
Salon funéraire
Je suis mort
Bel et bien décédé
Bien au chaud
Dans mon cercueil

Trois jours déjà
Dans mon repos éternel
Le temps du défilé
Des larmes arrive

Trente minutes
Avant l’ouverture officielle
S’amènent frères et sœurs
Timidement et religieusement

Mourir si jeune
À peine 64 ans
Retraité à peine
Quelle tristesse

L’année dernière
Une crise cardiaque
La deuxième cette année
Lui fut fatale

Un saule
Il avait voulu couper
L’an dernier
L’arbre l’a foudroyé

De la Grèce
À peine
Il revenait
Ruines en tête

Trop d’émotions
Trop de mémoires guerrières
Trop de mythes et légendes
Trop, c’est trop

Mon cœur a flanché
Ma conscience s’est envolée
Pleurez mes proches
Pleurez sur mes restes funèbres

Les morts ne reviennent pas
Je ne vous dis pas où je suis
C’est mon secret
Vivez votre vie avant de mourir votre mort

Ne mourez pas votre vie
Ne vivez pas votre mort
Mordez dans la vie
Vivez sans remords


1 commentaire:

guy a dit...

Ode funèbre et humour noir!
Il est toujours un peu déstabilisant de voir un vivant raconter son décès. C'est peut-être une façon d'exorciser après tout sa propre mort...Bien sûr, après l'avoir frôlée de si près l'an dernier, ça doit aider à mettre les pendules à l'heure ou le sable dans le sablier! (rires) Poème troublant, voire dérangeant pour tous ceux et toutes celles qui te connaissent. À bas les superstitions et n'y voyons point un poème prémonitoire à une semaine de ton soixante-quatrième anniversaire! (rires)