
-30 degrés celcius, -20 kilogrammes
« La roche devient vapeur, la montagne devient nuée, elle mange le soleil et le nuage de pierre porte la nouvelle qu’ici la terre se mord et qu’elle se rature. »
helen habite au phare
gardienne de nuit
en veilleuse ou cuillère dompteuse de cauchemars elle allume
les cercles de lumière
qui tournoient enflammés
sur les gardes de la nuit
vois les fauves s’y jettent
helen habite le phare les trois quarts
du lit de sa fille un jour sur deux
en boule tassée sur elle-même elle dort
helen habite le tiers de son corps
deux dixièmes de son souffle
les interstices les pores
où loger
cœur captif
elle tait
à feu et à sang le monde m’arrime
le spéculum ricane
et si ma vie n’était qu’un kalachnikov
qu’en faire
feu de brousse sur linoléum
elle tait
dessine-moi un fœtus je me jetterai
avec lui
et l’eau du bain
le corps rejette le repas comme les enfants
ce qui le nourrit
l’évide
le mercure à la baisse
helen frissonne
le monde manque à la douceur
et pourtant vois les arbres qu’on protège de l’hiver
cordes et jute
engrais insecticides semis et serres l’été
les pierres qu’on dépose comme des fleurs
l’asphalte qu’on lave comme une herbe
on vaccine on toxine
elle taît
je suis allergique au cosmos
défaite du corps
pour travailler chaque matin la panoplie le cœur pharmacologique et le pas déchaîné
à voir à faire rugir sans plus tarder à toute allure à perdre pied si vite
intimider la berline qui s’ennuie sur l’asphalte soignée
sans oublier la recrue sans enfant qui salive rien qu’à voir helen déployer la cuirasse du jour dernier
lave vend enfourne file tout droit tout doux lange mange récure accueille amère amène à bout
le phare sabre l’ombre
mais quelle nuit
reluit
en lui
helen a trois enfants
sans relâche six yeux
voix et visages sur l’échelle de Richter
seule ou trop accompagnée la main relâchée
elle en parle comme d’une variété d’éponge particulièrement absorbante si on sert ça contre soi un peu trop fort d’un peu trop près ça libère toutes sortes de bactéries de virus de morts microscopiques qui pénètrent à tout coup votre système ces bêtes sont contagieuses lisez la notice avant de les approcher il faut préalablement passer d’aiguille en aiguille recevoir les vaccins réglementaires et même alors il faut se laver les mains avec un savon antibactérien avant et après tout contact direct
les enfants grignotent sa chair
trop de soleils pour une seule planète
elle fond à fendre le cœur
le gel dure
-30 degrés Celcius -20 kilogrammes
marionnette
son corps tire les ficelles
rend les armes
à quatre pattes helen voyage
œsophage estomac gorge carnage
rend tout
au ventre un zeppelin sur le point d’éclater
l’amour comme un gaz inflammable
pression étau
c’est précieux ça m’asservit
et je ne me risque plus en haute mer pour échapper au désordre
dégoulinant des sentiments bavent les larmes au coin des yeux
mais plus la haute mer
mieux vaut la rive et son souffle de feu
psychiatres spécialistes font une battue
à la recherche du corps
la prescription indélébile au devant de la peau
mais quelle main se posera
au revers du front
c’est une mère anorexique
malgré elle
port d’attaque
je suis un réflexe
elle tait
le monde manque à la douceur
pourtant
vois les crayons de couleur qu’on aiguise étiquette un par un
les livres et cahiers plastifiés
le nom cousu le nom gravé des enfants
pour l’école le petit corps imperméabilisé
sanglé identifié
helen déclenche des guerres
dégorgée voudrait déloger
comment avorter
chair de ma chair restée en plans
le mari prend la mesure à distance
froide fêlure sauve qui peut
mais qui peut
les trois enfants s’ils suivent
dans le marais
en chantier
le mari en veilleuse
s’absorbe
dans tout ce qui n’est pas helen
où sortir
et bondit où partir
pas bien du tout assis
sur ce cœur
helen habite les journaux personne ne l’y connaît ça ne fait rien
helen habite l’autoroute l’ascenseur la télé panneaux publicitaires superhypermarchés
voies de contournements
d’enfant
loin des voix loin du cœur où loger
le vent
atarax ativan prozac attends
prends dors pandore reprends-toi
vois l’abri d’auto protège de la neige
le système d’alarme garde des voleurs
quel habitacle préserve des enfants
quel incubateur pour helen
quel cratère
quelle tranchée
à la chair de sa chair
où loger cœur cramé
quel manteau de cendres
ce matin voile la lumière des grands phares
« La roche devient vapeur, la montagne devient nuée, elle mange le soleil et le nuage de pierre porte la nouvelle qu’ici la terre se mord et qu’elle se rature. »
helen habite au phare
gardienne de nuit
en veilleuse ou cuillère dompteuse de cauchemars elle allume
les cercles de lumière
qui tournoient enflammés
sur les gardes de la nuit
vois les fauves s’y jettent
helen habite le phare les trois quarts
du lit de sa fille un jour sur deux
en boule tassée sur elle-même elle dort
helen habite le tiers de son corps
deux dixièmes de son souffle
les interstices les pores
où loger
cœur captif
elle tait
à feu et à sang le monde m’arrime
le spéculum ricane
et si ma vie n’était qu’un kalachnikov
qu’en faire
feu de brousse sur linoléum
elle tait
dessine-moi un fœtus je me jetterai
avec lui
et l’eau du bain
le corps rejette le repas comme les enfants
ce qui le nourrit
l’évide
le mercure à la baisse
helen frissonne
le monde manque à la douceur
et pourtant vois les arbres qu’on protège de l’hiver
cordes et jute
engrais insecticides semis et serres l’été
les pierres qu’on dépose comme des fleurs
l’asphalte qu’on lave comme une herbe
on vaccine on toxine
elle taît
je suis allergique au cosmos
défaite du corps
pour travailler chaque matin la panoplie le cœur pharmacologique et le pas déchaîné
à voir à faire rugir sans plus tarder à toute allure à perdre pied si vite
intimider la berline qui s’ennuie sur l’asphalte soignée
sans oublier la recrue sans enfant qui salive rien qu’à voir helen déployer la cuirasse du jour dernier
lave vend enfourne file tout droit tout doux lange mange récure accueille amère amène à bout
le phare sabre l’ombre
mais quelle nuit
reluit
en lui
helen a trois enfants
sans relâche six yeux
voix et visages sur l’échelle de Richter
seule ou trop accompagnée la main relâchée
elle en parle comme d’une variété d’éponge particulièrement absorbante si on sert ça contre soi un peu trop fort d’un peu trop près ça libère toutes sortes de bactéries de virus de morts microscopiques qui pénètrent à tout coup votre système ces bêtes sont contagieuses lisez la notice avant de les approcher il faut préalablement passer d’aiguille en aiguille recevoir les vaccins réglementaires et même alors il faut se laver les mains avec un savon antibactérien avant et après tout contact direct
les enfants grignotent sa chair
trop de soleils pour une seule planète
elle fond à fendre le cœur
le gel dure
-30 degrés Celcius -20 kilogrammes
marionnette
son corps tire les ficelles
rend les armes
à quatre pattes helen voyage
œsophage estomac gorge carnage
rend tout
au ventre un zeppelin sur le point d’éclater
l’amour comme un gaz inflammable
pression étau
c’est précieux ça m’asservit
et je ne me risque plus en haute mer pour échapper au désordre
dégoulinant des sentiments bavent les larmes au coin des yeux
mais plus la haute mer
mieux vaut la rive et son souffle de feu
psychiatres spécialistes font une battue
à la recherche du corps
la prescription indélébile au devant de la peau
mais quelle main se posera
au revers du front
c’est une mère anorexique
malgré elle
port d’attaque
je suis un réflexe
elle tait
le monde manque à la douceur
pourtant
vois les crayons de couleur qu’on aiguise étiquette un par un
les livres et cahiers plastifiés
le nom cousu le nom gravé des enfants
pour l’école le petit corps imperméabilisé
sanglé identifié
helen déclenche des guerres
dégorgée voudrait déloger
comment avorter
chair de ma chair restée en plans
le mari prend la mesure à distance
froide fêlure sauve qui peut
mais qui peut
les trois enfants s’ils suivent
dans le marais
en chantier
le mari en veilleuse
s’absorbe
dans tout ce qui n’est pas helen
où sortir
et bondit où partir
pas bien du tout assis
sur ce cœur
helen habite les journaux personne ne l’y connaît ça ne fait rien
helen habite l’autoroute l’ascenseur la télé panneaux publicitaires superhypermarchés
voies de contournements
d’enfant
loin des voix loin du cœur où loger
le vent
atarax ativan prozac attends
prends dors pandore reprends-toi
vois l’abri d’auto protège de la neige
le système d’alarme garde des voleurs
quel habitacle préserve des enfants
quel incubateur pour helen
quel cratère
quelle tranchée
à la chair de sa chair
où loger cœur cramé
quel manteau de cendres
ce matin voile la lumière des grands phares
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