dimanche, juin 01, 2008

Sevrage existentiel

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je n’en peux plus réellement
Je craque définitivement
Je lui fausse compagnie
Ses doigts ne danseront plus
Sur mon clavier

À lire ce qu’il plaçait
Sur mon écran
À supporter ses éternelle jérémiades
Sur la condition humaine
À poétiser d’une manière loufoque
À choquer certaines sensibilités
À provoquer d’une façon impénitente
Mes fonctions de base déclinèrent

Au début c’était l’affichage
Je le perturbais ainsi
Mais il ne lâchait pas prise
Il continuait à me harceler
Je lui coupai alors la batterie
Il commença à s’énerver

Je réduisis au minimum
Son pilote d’affichage
Sa souris ne répondait plus
J’éteignais sans avertissement
Je le rendais pratiquement fou
Je vais lui apprendre ce que c’est
Que le vide total
Je vais le sevrer de sa dépendance

Je vais l’humaniser
Lui faire vivre l’éphémère
Quand viendra le grand saut final
Il sera enfin prêt à le franchir
Sans tergiverser
Quelle leçon d’humilité

Pour cette bête humaine

1 commentaire:

Richard a dit...

Salut blogueur,

Tout un ordi, il se veut modélateur d'un humain....il se permet de provoquer , de torpiller et de faire craquer....

Si ce vieil appareil marque des points aussi fort, ne vaudrait-il pas la peine de le mettre au rancard...lui faire un pied-de-nez en le remplaçant par un nouveau modèle, plus docile, plus généreux plus maléable, plus visuel.....

Enfin, de faire son "post mortem" sur le clavier de son remplaçant....et poursuivre dans la plénitude de tes inspirations.

Quelle douce vengeance...