mardi, novembre 10, 2009

Quand tout s’efface

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

J’ai l’âme à la tristesse
Oublier toute une vie
Oublier tout son passé
Vivre une mort en attente
Vivre dans l’angoisse
Vivre désespérée

Chaque fois que je la visite
Je remarque sa présence absente
Je vois la détresse sillonner son visage
Je vois ses mains calleuses
Je vois son regard triste et inquiet
Elle me regarde et elle se questionne
Qui est cet étranger près de moi
Que vient-il faire dans ma chambre
Pourquoi toutes ces questions sur moi
Je ne sais même pas où je suis et ce que je fais ici
Je ne me souviens plus de ce que j’ai fait de ma vie
Je ne reconnais plus les êtres qui m’ont été si chers
Je suis incapable de savoir si c’est le jour ou la nuit
Je ne me souviens plus des moindres gestes à peine exécutés
Ne me demandez pas de me projeter dans votre futur
Quelques bribes de mon passé remontent à la surface
Je plonge parfois dans des moments de ma vie passée
Comme si je les vivais maintenant en temps réel

Chaque fois que je la visite
Je deviens inconsolable
Quelle triste fin pour une femme
Qui a tant vécu travaillé et aimé
Cette longue attente dans les corridors de l’oubli
Ces gouttes de tristesse qui ruissèlent sur son visage
Ce silence lourd d’une personne qui a tant bavardé
Cette terrible agonie d’un corps dont l’âme s’évapore

4 commentaires:

Anonyme a dit...

Bravo Jacques ça me touche beaucoup ce beau poème sur tante lucienne que jài tant aimée. merci de me le faire partager. Une nièce et cousine Pierrette.

guy a dit...

Triste et si triste de voir une personne sombrer goutte à goutte dans le néant...
Je compatis avec toi, moi qui vis à peu près les mêmes "dévastitudes !" (oui, je sais, je sais, ce mot n'existe pas encore dans Le Robert ou le Larousse !) mais les dégâts sont si néfastes et si incompréhensibles...
Tableau et portrait très réaliste de ce naufrage, de cette tragédie...

gisèle a dit...

cher bloggeur
que de tristesse dans ce message, que de souvenirs me reviennent en pleine face....
Inconsolable est mon ame
car cette maladie nous laisse sans armes
Une famille pleure un parent qui oublie
une fille pleure sa mere sans vie
Un seul espoir nous rattache a cette vie
c'est l'amour qui unie.

Lise a dit...

Cher Jacques
Merci de ce poème qui me met les larmes aux yeux. Chère tante Lucienne, si jolie, si vive, si vivante et si belle. La photo que tu as mise me brise. Elle me rappelle maman, sa soeur Jeanne. Elles s'aimaient tant toutes les deux.
Bon courage à Andrée et à toute la famille. Je suis avec vous. Je sais trop combien il est difficile de voir ce que l'on aime enfermé dans un monde inaccessible.