jeudi, octobre 26, 2006

Torpeur

Par Isabelle, 17 ans

Photo = À Black Hills USA, la Devil Tower qui mesure plus de 200 mètres.
Je publie aujourd'hui le poème d'Isabelle (17 ans) qui crie toute sa souffrance face à la torpeur des humains.

Torpeur

Brise douce de printemps sur ma peau
Vent du Sud, vent du Nord
Apportez bien au loin ces mots
Qui me rongent à mort.

Je crie toute ma souffrance
Je crie cette effroyable douleur
Pour me procurer une simple délivrance
Pour me sortir de cette torpeur.

Je crie à qui veut bien m'entendre
Mais personne n'accueille mes paroles
Vous ne voulez pas comprendre
C'est votre monde qui dégringole.

Je vois la guerre et la violence
Envers cette foule de gens innocents.
Je crie tout haut la misère de cette pauvre enfance
Qui sera plus tard victime de ces tourments.

Continuez de faire les sourds, aveugles et muets
Continuez de vivre dans votre merveilleux monde imaginaire
Mais vous verrez comment c'est laid
Lorsque vous aurez découvert la vraie vie: l'enfer.

mardi, octobre 24, 2006

Un couple énigmatique

Photo de ce magnifique couple prise par le poète au Bic (Québec)

Par Jacques Rancourt


Un couple énigmatique

Ils avaient vingt-cinq ans
Sur les bords du Lac-Mégantic
Ils venaient de renouer
Revisiter leur adolescence trinitaire
Déjouer la solitude existentielle
Forger des rêves complices

Un certain jour de février
Au temps des blancs hivers
Ils ont dit oui
À une aventure commune
Ils ont quitté les bords du lac
Ils ont opté pour le grand fleuve
Les îles du Bic les ont envoûtés
Les jardins de Métis charmés
Dans le silence du rang
Ils ont égrené un chapelet amoureux
Ils ont étonné par leur joie de vivre
Ils ont socialisé, exploré et explosé
Un repos bien mérité se profile
Ils ont près de soixante ans
Non loin du grand fleuve
Ils vont forger d'autres rêves
Dont ils ont le secret

lundi, octobre 23, 2006

Revenir ou rester là

Photo prise lors d'un voyage dans l'Ouest américain. Il s'agit du geyser Old Faithfull.

Revenir ou rester là

On me croyait mort
On a été très surpris
On a un peu pleuré
On m’a quelque peu louangé
On m’a totalement incinéré
On a beaucoup festoyé
On m’a assez vite oublié
Business as usual

J’ai exploré ces nouveaux lieux
J’ai mesuré ce que représente l’éternité
Je me suis promené dans les galaxies
J’ai visité d’autres mondes
Je me suis questionné

Devrais-je me réincarner ?

En capitaliste
Pour exploiter les humains
Non jamais

En ministre du culte
Pour berner les humains
Non jamais

En politicien
Pour mentir à la population
Non jamais

En prolétaire
Pour quémander toute ma vie
Non jamais

En employé du mois
Pour faire jouir mon patron
Non jamais

En poète
Pour amener une autre dimension aux humains
Oui peut-être

En musicien
Pour faire oublier le terrible quotidien
Oui peut-être

En gardien de chèvres
Pour ne pas vivre dans les villes
Oui peut-être

En femme africaine
Pour soutenir l’Afrique
Oui certainement

En femme pakistanaise
Pour combattre les extrémistes de tout acabit
Oui certainement

En femme haïtienne
Pour recréer une république libre
Oui certainement

En…
Pour…
Oui, non, peut-être, certainement

J’ai l’éternité
Pour résoudre
Mon problème
Existentiel

Vous pouvez attendre
Longtemps
Ma décision



samedi, octobre 21, 2006

Salon funéraire

Photo du mur d'Hadrien lors d'un séjour en Angleterre
J'ai concocté un poème sarcastique sur un sujet très sérieux.
Salon funéraire
Je suis mort
Bel et bien décédé
Bien au chaud
Dans mon cercueil

Trois jours déjà
Dans mon repos éternel
Le temps du défilé
Des larmes arrive

Trente minutes
Avant l’ouverture officielle
S’amènent frères et sœurs
Timidement et religieusement

Mourir si jeune
À peine 64 ans
Retraité à peine
Quelle tristesse

L’année dernière
Une crise cardiaque
La deuxième cette année
Lui fut fatale

Un saule
Il avait voulu couper
L’an dernier
L’arbre l’a foudroyé

De la Grèce
À peine
Il revenait
Ruines en tête

Trop d’émotions
Trop de mémoires guerrières
Trop de mythes et légendes
Trop, c’est trop

Mon cœur a flanché
Ma conscience s’est envolée
Pleurez mes proches
Pleurez sur mes restes funèbres

Les morts ne reviennent pas
Je ne vous dis pas où je suis
C’est mon secret
Vivez votre vie avant de mourir votre mort

Ne mourez pas votre vie
Ne vivez pas votre mort
Mordez dans la vie
Vivez sans remords


jeudi, octobre 19, 2006

Mince à tout prix

Photo prise lors d'un séjour à Paris.
Probablement que cette jeune Sonia exprime dans son poème une réalité vécue : le culte de la minceur. On parle beaucoup au Québec de ce problème et un mouvement s'amorce pour rejeter ces canons de la beauté (i.e. de la maigreur) fort heureusement. Les femmes commencent à voir la manipulation dont elles sont victimes. Être bien dans sa peau, c'est ce qui compte!

Mince à tout prix
par Sonia


Ce mal omniprésent
Qui ronge mon existence
Cette peur constante
Qui me blesse à chaque instant

J'aimerais avoir la force
D'en finir pour de bon
Mais j'ai toujours cette peur
Qui étouffe mon bonheur

Je me sens faiblir
Je suis consciente
Que je gâche ma santé
Mais je persiste toujours
Je veux être mince à tout prix

Plus je maigris plus je veux maigrir
Et plus je maigris plus j'ai l'impression
D'être énorme
C'est une roue qui tourne
Qui nous entraîne
Dans un enfer insupportable

Je ne pense qu'à cela
C'est une idée qui m'obsède
Je veux ressembler à ces femmes
Qui réussissent à marier
La minceur et la beauté.

mercredi, octobre 18, 2006

Ne me sculptez pas




Ne me sculptez pas

Ne me lisez pas
Ne me passez pas au rayon X
Comprenez-moi bien quand je dis cela
C'est que je ne veux pas être un livre ouvert
Je n'aime pas que vous lisiez ces vers
Je suis de glace comme l'hiver

Je suis concrète trop souvent
Je suis poète à mes instants
Je virevolte comme le vent

Je ne veux pas être un livre ouvert
Je n'aime pas que vous lisiez ces vers
Je suis de glace comme l'hiver

Si je vous laisse parfois un goût amer
faisant des vagues comme la mer
Sachez chers gens et surtout gens chers
Que malgré tous les tourments que je vous ai fait subir
Et malgré tout ce que j'ai pu vous dire
Que sous mon air de militaire
Se cache un être à part entière
Coule un amour comme la rivière

J'aime l'humain sans condition
J'aime la terre avec passion
J'offre ma tendresse au compte-goutte
Mais ces gouttes sont gigantesques
Je vois la grandeur des petites choses
Cela a ses inconvénients
Je fais tout un plat pour pas grand chose

Je ne veux pas être un livre ouvert
Je n'aime pas que vous lisiez ces vers
Je suis de glace comme l'hiver

Je suis parfois un peu rebelle
J'ai l'esprit de contradiction
Je n'aime pas être sous tutelle
Le premier mot que j'ai dit c'est non
Je ne veux pas qu'on m'arrache les ailes
Je n'aime pas être en prison

J'ai mes principes, j'ai mes idées
Je suis de nature réaliste
Je suis une éternelle idéaliste
Je suis un être de contradiction
Je suis un être paradoxal
Je peux vous aimer, vous faire mal

Même si dans ce monde tout ne tourne pas rond
Même si dans ce monde rien ne va plus
J'aime l'humain sans condition
J'aime la terre avec passion
Je veux connaître votre prénom
Je souhaite entendre votre chanson



mardi, octobre 17, 2006

Trop tôt devenue femme


Cette photo a été prise à Montréal dans le Vieux Port où il y avait une exposition florale.

Je publie aujourd'hui le poème d'Anne-Marie, une étudiante qui exprime dans ses mots le vécu de plusieurs de ses collègues. À l'aube de leurs 17 ans, elles ont vécu déjà trop d'expriences, pas toutes heureuses. Je comprends la tristesse de ces jeunes qui ont basculé trop vite dans le monde adulte. La pression sociétale est tellement forte, hélàs!


Trop tôt devenue femme

Jeune fille
Trop tôt devenue femme
Tu vacilles
Telle une fleur qui se fane.

Tu as perdu ta jeunesse
Pour obtenir quelques caresses
Trop tôt tu t'es donnée
À celui qui disait t'aimer.

Tu te sens sale
Attisé par le désir
Il t'a fait mal
Il a eu son plaisir.

Aujourd'hui il est parti
Briser une autre vie
Toi, tu es seule dans la rue
Qu'es-tu devenue ?

Depuis tu fumes
Pour effacer l'amertume
Des souvenirs qui te hantent
Et de ces plaisirs qui te tentent.

Au bord de la démence
À l'aube de ton existence
Tu ne vis, ma jolie
Qu'en attendant la nuit.

Plus rien à découvrir
Lassée de tant souffrir
Tu lances ton dernier éclat de rire
Au moment de partir.

Dommage !