lundi, avril 20, 2009

La petite forme du poète (19 à 24)

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes



La fille de jade lance la navette comme un avertissement
Pour toute l’inconscience de cette économie polluante
Pour tous ces pesticides qui nous tuent à la vitesse TGV
Pour tous les méfaits de cette mauvaise alimentation

L’aiguille au fond de la mer cherche à remonter à la surface
Pour piquer ces vils accrocs du profit à outrance
Pour qui ce n’est jamais assez peu importe les moyens
Qui ne pensent qu’à leur moi et se foutent des autres

Déployer l’éventail de la simplicité volontaire
Revenir enfin à l’essentiel
Développer la conscience citoyenne
Redéfinir l’ordre social

Pivoter balayer le lotus avancer et coup de poing
Pour un réveil planétaire sur le danger qui nous guette
Celui de la destruction de notre petite planète bleue
Il est minuit moins une et il est déjà très tard

Fermeture apparente de nos pouvoirs politiques
Qui préfèrent palabrer qui sont d’une nullité totale dans l’agir
Qui portent la lourde responsabilité de ce qui arrive
Le problème est planétaire et la solution est planétaire

Croiser les mains et fin pour qu’enfin on comprenne
Je crie haut et fort qu’il faut changer les choses
J’entends déjà les futurs enfants nous accuser
D’avoir détruit ce monde leur monde leur avenir

mardi, avril 14, 2009

La petite forme du poète (13 à 18)

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes



Frapper les oreilles pour créer l’écoute
Trop de mots planent dans l’obscurité
L’imagination est vue avec suspicion
L’art et la liberté déesses agonisantes

Pivoter et coup de talon à gauche
Pour une nécessaire remontée de la poésie
Pour faire reculer la prédominance routinière
Pour ressusciter les muses aux seins nus

Le serpent rampe à gauche et se cache sous les jupons
Il craint la pensée humaine la prose et les vers
Il préfère l’obscurantisme source de son pouvoir
Il sera terrassé par le verbe ennemi de l’esclavage

Le coq d’or se tient sur la patte gauche victorieuse
La parole crie chante enseigne et jubile
Elle se promène fièrement avec sa sœur la liberté
Elle est expression elle est sentiment elle est étoile

Le serpent rampe à droite et tente d’esquiver les coups
Il refuse la fierté d’un peuple qui veut la liberté
Il cherche des alliés dans le monde des préjugés
Il leur fait miroiter un paradis que répudie Dante

Le coq d’or se tient sur la patte droite de l’espérance
Jamais il n’accepte la défaite sœur du mensonge
Il relève le front et fonce droit devant plus que jamais
Le jour nouveau des possibles se pointe enfin à l’horizon

samedi, avril 11, 2009

La petite forme du poète (7 à 12)

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes



Attraper la queue de l’oiseau prophétique
Pour vivre l’odyssée de Jonathan Livingstone
Alors que l’insipide masse invite à la médiocrité
Répudié par le clan il poursuivra sa quête en solitaire

Simple fouet pour chasser l’élite qui pense tout savoir
Mais qui fait gober aux gens crédules leur salade indigeste
Qui met à terre l’ordre précaire construit sur le sable mouvant
Loin de ce qui est nécessaire pour vivre dans la sainte paix

Balayer les nuages qui transportent les faux rêves
Pour laisser apparaître un soleil printanier
Qui remontera le moral du poète en quête d’essence
Nécessité absolue pour donner une direction à l’existence

Simple fouet à nouveau pour la bête humaine
Qui n’a rien compris encore malgré les mots du poète
Elle se doit de recevoir ce choc existentiel
Seule issue pour faire un saut en hauteur vers le plus être

Caresser l’encolure du cheval galopant dans la verte campagne
Espoir qu’une vie nouvelle peut s’implanter
Dans ces terres arides tenues au sec
Par cette vieille culture millénaire freinant
Des lendemains meilleurs pour l’espèce humaine

Coup de talon droit en signe d’avertissement
Un retour en arrière est toujours possible
Heureusement le poète veille et scrute l’horizon
Il ne faut pas que les ténèbres reviennent encore et encore

jeudi, avril 09, 2009

La petite forme du poète (1 à 6)

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes



Il s’ouvre à tout ce qui peut l’émerveiller

Il sépare la crinière du cheval sauvage
Qui empêche de regarder droit devant
Ce que sera l’avenir du bipède humain
Et de sa terrestre demeure

La grue blanche déploie ses ailes
Afin que le poète puisse prendre
Tout son envol vers ces horizons
Inexplorés de l’âme humaine

Brosser les genoux de tout ce peuple
Qui accepte trop facilement les conneries
De ces autres frères censés les guider
Dans les dédales des constructions humaines

Jouer du pipa dans les moments de folie
Pour apaiser les soubresauts de son âme
Pour ignorer les turbulences éphémères
Et retrouver le peu d’espoir qui lui reste

Repousser le singe avec toutes ces grimaces
Qui te font accroire aux fumisteries déguisées
Sous les apparences de la loi et de l’ordre
Retrouver le véritable équilibre intérieur

dimanche, avril 05, 2009

Rappels salutaires

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je regarde les gouttes qui tombent sur la véranda
Les quiscales viennent manger les dernières graines
Les nuages ne veulent pas laisser la place au soleil
Comment ne pas sombrer ainsi dans une morne léthargie

On vit on parle on écoute on se révolte on rumine
Je retourne feuilleter un roman égaré quelque part
Je n’entends plus depuis longtemps les cris rieurs
Je cherche ce qui pourrait remplacer le soleil

On avance on recule on rit on pleure on s’endort
Les jours s’alignent les fleurs poussent les chats guettent
Ainsi les jours s’écoulent les nuits se succèdent
Je me tiens debout devant la fenêtre et je jongle

Soudain un grand coup de fouet me fait trébucher
Le cruel fouet de la conscience qui réveille même les morts
Je me rappelle l’Ecclésiaste et je m’éclate dans un rire sonore
Le sage voit devant lui et le fou marche à tâtons
Il y a un temps pour tout et un temps pour tout faire sous le ciel
Et le Cantique des cantiques me rappelle ses vers coquins
Qu’il me baise des baisers de sa bouche
Tes amours sont délicieuses plus que le vin
N’empêche que je boirai ce soir de ce vin
Afin que ma morne léthargie laisse la place
Aux doux rayons d’un soleil printaniers

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mardi, mars 17, 2009

Miséricorde mon oeil

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


Quand ils sont au bout de la corde
Quand ils ont semé la discorde
Quand ils créent le désordre
Ils nous parlent de miséricorde

Ils vivent dans des palais épiscopaux
Ils s’habillent comme au Moyen-Âge
Ils se font servir par des nonnes dévouées
Ils nous parlent de miséricorde

Ils rejettent les homosexuels
Ils fustigent les lesbiennes
Ils ignorent les divorcés
Ils nous parlent de miséricorde

Ils ont brûlé Jeanne-D’Arc
Ils ont harcelé sans répit Galilée
Ils ne veulent rien savoir des prêtres mariés
Ils nous parlent de miséricorde

Ils nous prêchent l’abstinence
Ils camouflent leurs pédophiles
Ils refusent l’égalité des femmes
Ils nous parlent de miséricorde

Faut-il être rendu à ce point
Au bout de la corde
On vous l’accorde
Vous créez l’Apocalypse

On va fuir l’Église Institution
La débaptisation approche
Ne nous parlez plus
De votre miséricorde


jeudi, mars 12, 2009

Dom Helder et Dom José

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Jadis archevêque d’Olinda et Recife
Dom Helder Camara n’aurait jamais
Excommunié
Lui il était l’avocat des pauvres
L’apôtre de la théologie de la libération
Il prônait la non-violence
Il était un libérateur

Maintenant archevêque d’Olinda et Recife
Don José Cardoso Sobrinho a honteusement
Excommunié
La mère de la fillette violée par son beau-père
Les médecins pleins de compassion
Ce Sobrinho a posé un geste de violence
Il est un fossoyeur

Comment peut-il se regarder
Dans un miroir
Ce fou du droit canon
Qui se foute de l’évangile
Qui impose sa morale
Issue du Moyen-Âge

À son tour le peuple l’excommunie
Les femmes opprimées l’excommunient
Les pauvres du Nordeste l’excommunient
Les vrais chrétiens l’excommunient

Cet homme n’a plus sa place dans l’Église
Il s’est excommunié lui-même
Par son geste ignoble
Qui maintenant osera l’écouter
Il n’a plus rien à dire
Il se doit de garder le silence
Il doit se cacher dans un confessionnal