lundi, juin 12, 2006

Nostalgie voltairienne

Encore aujourd’hui
Je relis ton poème
Sur le désastre de Lisbonne
Cri existentiel
Sur une telle absurde souffrance

Encore aujourd’hui
Tu aurais écrit un poème
Sur le désastre causé par le tsunami
Cri démentiel
Sur une telle asiatique agonie

Encore dans un lointain hier
Tu dénonçais les guerres
Dans les contrées ravagées de ton époque
Cri de colère
Sur la royale bêtise humaine

Encore dans un proche aujourd’hui
Tu ragerais contre les intrusions impériales
Sur les terres du Golfe
Cri viscéral
Sur ce persique carnage humain

Encore il y a si longtemps
Tu raillais les pontifes religieux de tout acabit
Sur leur hypocrisie camouflée
Cri désespéré
Sur leur sainte sauvage supercherie

Encore maintenant
Tu pourfendrais ces bonzes
Sur leurs offensives kamikazes et suicidaires
Cri de haine
Sur le prétendu axe du mal ou du bien

Plus que jamais aujourd'hui
Tu te bidonnerais de ces bonzes de l'UNESCO
Sur leurs minables congrès ou conférences
Sur le dialogue des cultures
Sur la convergence des religions
Sur l'accueil des imbéciles au pouvoir
Qui proclament des fatwas à qui mieux mieux
Qui assassinent les opposants politiques

Voltaire, reviens
Ton absence est insupportable aux temps présents
Voltaire, reviens
Je ne supporte plus cette grande noirceur planétaire
Ta lumière est indispensable.

3 commentaires:

guy a dit...

Mon cher frère, je connais ton amour pour Voltaire, amour que ne date pas d'aujourd'hui, ni d'hier. En fait, ta connaissance de Voltaire remonte à plus...de 40 ans! lors de tes études classiques et, surtout de tes études en philosophie dans les années fin 60! Voltaire n'a pas d'âge et tu l'as prouvé à maintes reprises quand professeur tu te plaisais à chaque année à inscrire au moins une de ses oeuvres au programme! Ou encore, la visite en 96 à Ferney Voltaire où tu enseignais la littérature dans un lycée à Genève...Tu m'avouais dans une longue lettre préférer Voltaire à Rousseau : "Je suis plus du côté de Voltaire que de Rousseau même si Voltaire était un drôle de moineau!". (rires)
Amusant clin d'oeil, car tu connaisais ma préférence pour l'idéalisme et le romantisme de Rousseau à la hargne et à la grogne de Voltaire! Oui, je te reconnais bien dans ce poème...
Fondamentalement, pour toi, la poésie ne rime pas uniquement avec "lyrisme", mais, avec "cynisme", "critique", "sarcasme". La poésie est contestation, combat et prise de conscience.
Moi aussi je souhaite le retour de Voltaire!

Anonyme a dit...

Cher frère franco canadien, J’ai croisé ton blog poétique, poignant et pathétique par hasard ,au détour d’une recherche sur l’art grec,en l’occurrence une statue de Zeus .J’ai bien aimé ton poème implorant le retour de Voltaire, mais pour garder les pieds sur terre et la tête orienté vers le « ciel étoilé» dont parlait un autre « illuminé », j’aurai encore plus aimé que tu exerces ton cynisme poétique (évidemment a la Diogène et pas du tout Machiavélique) contre toutes ces organisations internationales comme l’UNESCO ,dont les bonzes pontifiants et parasites attitrés (touchant des salaires exorbitants) , au lieu de continuer l’œuvres des « philosophes » en initiant des « siècles de lumières » permanents se foutent de la gueule des gens en organisant de minables congres sur le « dialogue des cultures » par ci,des conférences sur la convergence des religions par la, en invitant des présidents de république democratiques islamique dont le sport national reste la promulgation de fatwas de peine capitale contre les Salman Rushdie (le Voltaire du Pakistan) et l’assassinat d’opposants octogénaires comme Shahpur Bakhtiar (le Rousseau de l’Iran).Ton frere greco latin

Jacques Rancourt a dit...

Mon frère gréco-latin,

J'ai aujouté une strophe que tu vas apprécier.