dimanche, juin 17, 2007

Souvenirs sélectifs du paternel

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes

Souvenirs sélectifs du paternel

Ma mémoire se veut volontairement sélective
Je lui demande que de beaux souvenirs
Des souvenirs heureux de la jeunesse passée
Des moments de complicité filiale et familiale

Je demande à ma mémoire d’ignorer
Les images de grogne
Les clips d’autoritarisme
L’avalanche de jérémiades
Le contrôle inquisiteur
Le redresseur et le moralisateur

Que des souvenirs heureux lui dis-je
Souvenirs où il galopait avec un rejeton sur les épaules
Souvenirs où il berçait ses deux cadets
Sur les accoudoirs d’une chaise berceuse

Des souvenirs de la conduite de sa Ford 1952
Des souvenirs où il venait quérir son fils pensionnaire
Des souvenirs de fierté à conduire son cheval noir
Des souvenirs de cueillette de sirop d’érable

Des souvenirs de chantier et de travail en forêt
Des souvenirs de travaux bien faits
Des souvenirs de veaux et de vaches laitières
Des souvenirs de jardins et de prairies vertes

Des souvenirs de tracteur gris ou rouge
Des souvenirs de grange et de poulailler
Des souvenirs de veillée avec Hector
Des souvenirs d’église et de chapelets


Ah paternel tu aurais 95 ans aujourd’hui
Salue ta douce Florence où tu es
Tes fils et tes filles lèveront un verre pour toi
Au pays de l’Oncle Sam nous penserons à toi

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Photo d'Eugène remaniée par Mathieu tirée de l'album familial

2 commentaires:

Mathieu a dit...

Très bon poème. Cette photo me dit quelque chose ...

guy a dit...

Quelle belle photo!
Photo prise en 1936, alors que notre père avait 24 ans. Un an avant de se marier, notre père et ses deux frères, Gonzague ton parrain et Roland le parrain d'Élie avaient décidé d'un commun accord d'aller se faire photographier. Cette photo avait été légèrement modifiée, surtout l'arrière-fond avec Les Rocheuses par notre neveu Mathieu, cadeau pour son 90e anniversaire de naissance.
Vision idyllique du paternel, mais qui pourrait bien te le reprocher?
Certes pas moi! (rires)
En vieillissant, on a tendance à embellir la réalité et à fabuler!