mercredi, juin 06, 2007

Laura

Par Jacques Rancourt

Laura

Toi, l’américaine aimée
À quelque part en Ouganda
La faucheuse de vie a frappé
Un bête accident tout simplement

Pleine de projets
Pleine de joie de vivre
Éducatrice de tes enfants
Tu vas créer un vide irremplaçable

Implacable est le destin
Pourquoi toi
Question sans réponse
Tant de pleurs et difficiles consolations

Si au moins on savait où tu es
Si peu de réponses de ce côté
L’éphémère existence terrestre
Que de réflexions et que de questions

mardi, juin 05, 2007

Limpidité exténuée atténuée éternuée

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Limpidité exténuée atténuée éternuée

Pif paf arabes arrachent et crachent
Talibs proscrits cris cris hauts hauts
Al qui aida yes Bush cache cache où
Bing bang sautés sautés encore encore

Pas fini fini oui oui pourri pourri
Demain tomorrow torrieux pieux vœux
Parlottes soliloques bloquent blocs
Déprime en crime cimes déciment

Afri faim miam miam pas pas bocou
Désert pas dessert désert pas eaux pas eaux
Sec pas sou pas saoul pôvres peau à peine
Pétrole pas intérêt pas Afri en friche pas riche

G8 embonpoint gros poings pas de points
Pas G point mieux eros G8 mal en point
Ki qui Kyoto autos trop pétro trop trop
UIUSQUE té Sam oncle honte honte

Deus hola allah boude pas faqueketchausse
Planète tite tite bleue moins moins avec trous
Assauts chars blindés débridés rouillés rêvé rêvé
Pacte Paix paître moutons rivières poissons contents

lundi, juin 04, 2007

Pluie et puis

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Pluie et puis

Gouttes par gouttes elle tombe la pluie
Projets humains en déroute après la nuit
La terre boit et renvoie cette pluie
Coule et refoule le petit bisse

Nuages qui se dégonflent
Humains qui songent
Ciel ouvert bien couvert
Elle tombe sur le vert

Soleil bien caché
Humains enragés
Nuages bien placés
Elle sera longue la journée

Pluie fine et pluie dense
Humains pas de chance
Adieu la plage
Adieu le golf

Pluie et puis
Humains à demain
Gouttes à gouttes
Nature et culture
Horticulture
Gouttes
Gouttes
Gouttes
Fin de la pluie
Soleil lui reluit
Humains réjouis

samedi, juin 02, 2007

Des animaux aux humains

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Des animaux aux humains

Poète, tu as poétisé sur les animaux
Ces derniers temps
Poète, pourquoi délaisses-tu les humains
Ces temps-ci
Tes animaux mangent, boivent, copulent
Les humains volent, tuent, escroquent
Ne méritent-ils pas quelques vers aussi

Les humains se haïssent et s’exploitent
Les humains délimitent leurs territoires
Les humains salivent à la richesse
Les humains adorent la gloire
Les humains construisent des bombes
Les humains érigent des murs
Les humains vident la nappe phréatique
Les humains pompent le pétrole
Les humains surpêchent
Les humains divisent la planète en pays
Les humains financent des armées

Est-ce à cause de cela que tu préfères les animaux
Mais il y a des missionnaires
Mais il y a des humanistes
Mais il y a des environnementalistes
Mais il y a des idéalistes
Mais il y a des sœurs contemplatives
Mais il y a des bénévoles
Mais il y a des aidants naturels

Le poète resta silencieux et songeur
On vit une larme ruisselé sur son visage
Il fit une longue marche dans la campagne
Une violente averse le laissa détrempé
Il revint chez lui transi par le froid
Le soleil restait bien caché derrière les nuages
Cette nuit-là il ne parvint pas à dormir
N’est-il pas lui aussi un humain parmi les humains

jeudi, mai 31, 2007

Le paradis des animaux

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Le paradis des animaux

Dans le paradis des animaux
Y a des taureaux qui copulent
Des vaches qui se déhanchent
Au large des enclos
Dans le paradis des animaux
Y a des veaux qui dorment
Comme de jeunes tourtereaux
Le long des berges sacrées
Dans le paradis des animaux
Y a d’autres boeufs qui beuglent
Pleins d’idées lubriques
Aux premières lueurs
Mais dans le paradis des animaux
Y a des espoirs qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs paradisiaques
Dans le paradis des animaux
Y a des vaches qui broutent
Dans des prairies trop abondantes
Des trèfles pullulent
Elles vous en mettent plein la gueule
À croquer la fortune
À décoiffer la lune
À bouffer des haubans
Et ça sent le bon foin
Jusque dans le cœur des prairies
Que leurs grosses pattes invitent
À revenir en plus
Puis se lèvent en courant
Dans un bruit de tempête
Referment leurs margoulettes
Et sortent en rotant

Dans le paradis des animaux
Y a des boeufs qui mangent
En se frottant la panse
Sur la panse des vaches
Et ils tournent et ils dansent
Ils oublient cette terre et sa misère
Ils oublient l’Irak et l’Afghanistan
Ils oublient le Darfour et le Liban
Ils oublient ces humains monstrueux
Ils sont loin de toute cette misère
Et quand ils ont bien oublié cette terre
Se plantent le nez vers elle
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur ces humains sans pareil
Dans le paradis des animaux
Dans le paradis des animaux
..............................................................................
À la manière de Jacques Brel

mercredi, mai 30, 2007

La Complainte d’un veau orphelin

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

La Complainte d’un veau orphelin
Je sais ma mère abandonnée par un taureau
Ma mère a été inséminée par un vétérinaire
D’où vient la dite semence qui me donna la vie
Qui est mon géniteur avec qui je pourrais m’identifier

J’ose rêver que ce soit Starbuck
Si tel est l’éventuelle possibilité
J’ai des milliers de frères et sœurs
Rien d’original côté descendance

Je vis un cruel vide existentiel
J’ai une hantise d’ordre généalogique
Je veux connaître mon profil ancestral
Je sais que ma mère est une Holstein

On me dit que c’est la vache idéale
Que je dois en être très fière
Le comble de mon bonheur a un nom
Ce nom est Starbuck, mon père

Entendez-vous ce Meuh Meuh Meuh
Ce veau appelle son père en vain
Il n’est pas seul sur cette planète
Plusieurs appels ne seront jamais entendus

mardi, mai 29, 2007

La complainte d'une vache abandonnée

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes

La complainte d'une vache abandonnée

Cré-moé, cré-moé pas

Quéqu' part dans le clos
Y a une vache qui s'ennuie en maudit
Son taureau est parti
Se faire engraisser
Dans un enclos en Abitibi

La vache est tout seule

A r'garde la prairie
Qui brille par l’absence de l’amant viril
A pense à l’Abitibi
En pleurant tout bas
C'est comme ça quand ton taureau t'a lâchée

Ça vaut pas la peine

De laisser ceux qu'on aime
Pour aller te faire engraisser
Des gros T-Bone ben épais
Ça fait jouir les corpulents
Ça ramasse de la graisse pour longtemps
Ça fait enrichir les cliniques minceur
Quand les bedaines n’en peuvent plus

Quand la vache s'ennuie

A imagine son membre viril
Comme les tiges des grands arbres de l’Abitibi
A rêve à se faire grimper
À jouir avec son taureau
A voudrait voir son taureau sur son dos

C'est rien qu'une histoire

J' peux pas m'en faire accroire
Mais des fois j'ai l'impression qu' c'est moé
Qui est assis dans le clos
Les deux mains dans la face
Mon amour n’est pas là pis j' m'ennuie.................................................................
À la manière de
Beau Dommage
Photo prise par Guy Rancourt au Bic (Québec)