vendredi, février 16, 2007

Immanensité océanique

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Immanensité océanique

Ego égoïste
Ego dérisoire
Ego angoissé
Ego effrayé
Ego terrorisé

Sirius
Carré de Pégase
Nébuleuse d’Andromède

Nuit claire
Nuit sereine
Nuit douce
Nuit lumineuse

Silence éternel
Espaces infinis
Apaisement total
Océan de paix
Un Dieu
Pour quoi faire
L’univers suffit

Une Église
Inutile
Le monde suffit

Une foi
À quoi bon
L’expérience suffit

Ainsi s’exprime l’ego pacifié

jeudi, février 15, 2007

L’irréelle

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

L’irréelle

L’inexplicable
L’inexprimable
L’irremplaçable
Toi, l’irréelle

Le silence
Le mystère
La mystique
Toi, l’irréelle

L’inconnue
L’infinie
La voie lactée
Toi, l’irréelle

La beauté
La lumière
L’inaccessible
Toi, l’irréelle

Le guidocanthrope

Par Jacques Rancourt et la complicité de Cyrille Champagne
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le guidocanthrope

Il qualifie d'insipide un courriel reçu sur la politique
Il vomit sur les futures campagnes électorales
Il préfère la truie d'Isidore Gagnon et ses sept gorets
Il classe au 278e rang de ses priorités la politique québécoise
Il classe au 862e rang de ses priorités la politique fédérale
Il considère le courriel de son frère libéral comme une horreur
Il constate que la politique n’est qu’un mauvais vaudeville
Qu’une grosse farce grasse
Qu’une foire d’empoigne
Qu’un tissu d’insignifiances et de mensonges
Qu’un long ronron vide de sens
Qu’un cirque de bouffons et de clowns
Qu’un spectacle minable et désolant
Qu’un piège à cons
Qu’une immense rigolade
Qu’une longue litanie de phrases creuses
Qu’un nid d’opportunistes et de menteurs
Qu’un repaire de profiteurs et de vendus

STOP

Ne le dérangez pas
Il préfère la poésie
Il préfère les grenouilles
Il préfère les quenouilles
Ne lui imposez pas certaines nouilles
Ne lui demandez pas de baiser cette nullité libérale
Ne lui demandez pas de s’abaisser à cette médiocrité
Ne le forcez pas à se rouler dans la boue
Il a trop à faire et trop d’affaires qui urgent
Regarder les étoiles
Humer les fleurs
Caresser la brise
Relire ses classiques
Noter ses pensées
Composer un poème
Flâner dans la rosée
Siroter un rosé
Écouter un aria ou une sonate
Jouer avec sa petite-fille
Cuisiner une friandise à la guimauve
Aller nourrir les moutons du voisin
Observer le coucher du soleil sur les îles du Bic
Se balader dans les champs
Photographier un couple de mésanges sur le sorbier
Rêver que cette planète est encore habitable!

STOP

Ne le dérangez surtout pas
Il préfère la rêverie aux âneries
Il préfère les songes aux mensonges
Il préfère les romances aux manigances
Il préfère les nuits romantiques aux nuits des longs couteaux
Il préfère jongler avec des vers plutôt que tripoter des billets verts
Il préfère les pissenlits
Les fougères
Les lapins de son rang
Au lieu du macadam et des buildings des grandes villes
Il préfère le silence et la contemplation au brouhaha et autres tintamarres
Il préfère la liberté dans la pauvreté que la servitude de l’opulence
Il préfère être et non paraître
Il préfère se taire et disparaître au lieu de gueuler pour mieux paraître!

STOP

Ne le dérangez plus
Il ne vous entend plus!

mercredi, février 14, 2007

La rose

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

La rose

La rose que j’arrose
Elle est sans pourquoi
Elle ignore mon existence
Elle fleurit tout simplement

La rose que j’arrose
Elle n’a aucun souci
Elle ne se pose aucune question
Elle ne doute de rien

La rose que j’arrose
Elle ne désire être vue
Elle s’offre à la pluie
Elle s’offre au soleil

La rose que j’arrose
Elle est sans parole
Elle est silence
Elle est tout simplement

Je veux être cette rose
Je veux vivre sans pourquoi
Je veux être à l’abri des soucis
Je veux fuir le regard de l’autre
Je veux être tout simplement

mardi, février 13, 2007

Mots d’un vieil amoureux

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Mots d’un vieil amoureux

Écris et crie main droite
Écoute mon cœur gauche
Il a des mots à te dicter
Des mots d’amour et de tendresse

Gauchement le coeur balbutie
Timidement le coeur crie
Que l’amour existe encore
Encore et encore
Le vieux cœur usé bat la chamade

Il est de plus en plus usé
Il a tellement pompé
Il s’est tellement énervé
Il aime encore et encore
Il rêve de te surprendre
Il rêve de projets nouveaux

Il n’ouvre plus la boîte aux souvenirs
Il préfère les surprises à venir
Il ne garde du passé que le beau
Il te regarde à nouveau
Il sent un renouveau

Ce cœur contre ton cœur
Cette main dans la tienne
Ce corps enlacé
Cette âme complice
Cette journée valentine
Ce sourire moqueur
Que de tendresse
Que d’amour
Pour celle qui fait battre
Son vieux cœur usé

lundi, février 12, 2007

Le hérouxvillocanthrope

Par Jacques Rancourt
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le hérouxvillocanthrope

Il sort peu de son village
Il est à l’aise dans les bois
Il se méfie du Survenant
Il est très ancré dans son identité

Ne lui parlez pas de migration humaine
Tenez-le à distance du processus de métissage
Il a peur des étrangers
Il a peur de disparaître

Il se dicte un code de vie
Il craint la différence
Il craint la lapidation de sa femme
Il craint l’excision de sa fille

Ne lui parlez pas du partage des cultures
Tenez-le loin des accommodements raisonnables
Il voit des intégristes partout
Il ne tolère pas la tolérance

STOP

Rétrograde il est
Fermé d’esprit il est
Laissez-le dans sa grande noirceur

dimanche, février 11, 2007

Le cellulairocanthrope

Par Jacques Rancourt
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le cellulairocanthrope

Elle cellulairise
Il temporise
Elle active sa jugulaire
Il maudit son cellulaire

Elle parle
Il regarde
Elle articule
Il gesticule

Elle parle à sa mère
Il regarde la mer
Elle commère
Il s’exaspère
Elle se confie
Il rebondit
Elle jubile
Il devient débile

Elle s’esclaffe
Il piaffe
Elle s’entretient
Il se retient

Elle s’exprime
Il déprime
Elle converse
Il tergiverse

Elle égrène ses mots
Il endure ses maux
Elle adore la communication
Il déteste la résignation

Elle envoie des messages
Il veut des massages
Elle court-circuite la distance
Il déplore l’absence de présence
Elle rit avec sa lointaine mamie
Il craint une autre sonnerie
Elle colle son cellulaire à l’oreille
Il plonge dans le sable ses orteils

Elle termine enfin son appel
Il rêve du repos éternel
Elle cellulairise à nouveau
Il se croit dans un tombeau

Elle n’en finit plus
Il n’en peut plus