vendredi, novembre 17, 2006

Petit guide des volcans d'Amérique (2e partie)

Je présente en trois blogues le poème de Rosalie Lessard "Petit guide des volcans d'Amérique". Ce poème lui a valu en 2006 le Prix littéraire de Radio-Canada, volet poésie. Aujourd'hui, je publie la 2e partie de son poème. Rosalie sera présente au Salon du livre de Montréal. Voir l'encadré ci-haut.

-30 degrés celcius, -20 kilogrammes

« La roche devient vapeur, la montagne devient nuée, elle mange le soleil et le nuage de pierre porte la nouvelle qu’ici la terre se mord et qu’elle se rature. »


helen habite au phare
gardienne de nuit
en veilleuse ou cuillère dompteuse de cauchemars elle allume
les cercles de lumière
qui tournoient enflammés
sur les gardes de la nuit
vois les fauves s’y jettent
helen habite le phare les trois quarts
du lit de sa fille un jour sur deux
en boule tassée sur elle-même elle dort
helen habite le tiers de son corps
deux dixièmes de son souffle
les interstices les pores

où loger
cœur captif

elle tait
à feu et à sang le monde m’arrime
le spéculum ricane
et si ma vie n’était qu’un kalachnikov
qu’en faire
feu de brousse sur linoléum

elle tait
dessine-moi un fœtus je me jetterai
avec lui
et l’eau du bain

le corps rejette le repas comme les enfants
ce qui le nourrit
l’évide

le mercure à la baisse
helen frissonne
le monde manque à la douceur

et pourtant vois les arbres qu’on protège de l’hiver
cordes et jute
engrais insecticides semis et serres l’été
les pierres qu’on dépose comme des fleurs
l’asphalte qu’on lave comme une herbe

on vaccine on toxine
elle taît
je suis allergique au cosmos
défaite du corps

pour travailler chaque matin la panoplie le cœur pharmacologique et le pas déchaîné
à voir à faire rugir sans plus tarder à toute allure à perdre pied si vite
intimider la berline qui s’ennuie sur l’asphalte soignée
sans oublier la recrue sans enfant qui salive rien qu’à voir helen déployer la cuirasse du jour dernier

lave vend enfourne file tout droit tout doux lange mange récure accueille amère amène à bout
le phare sabre l’ombre
mais quelle nuit
reluit
en lui

helen a trois enfants
sans relâche six yeux
voix et visages sur l’échelle de Richter
seule ou trop accompagnée la main relâchée

elle en parle comme d’une variété d’éponge particulièrement absorbante si on sert ça contre soi un peu trop fort d’un peu trop près ça libère toutes sortes de bactéries de virus de morts microscopiques qui pénètrent à tout coup votre système ces bêtes sont contagieuses lisez la notice avant de les approcher il faut préalablement passer d’aiguille en aiguille recevoir les vaccins réglementaires et même alors il faut se laver les mains avec un savon antibactérien avant et après tout contact direct

les enfants grignotent sa chair
trop de soleils pour une seule planète
elle fond à fendre le cœur
le gel dure
-30 degrés Celcius -20 kilogrammes

marionnette
son corps tire les ficelles
rend les armes
à quatre pattes helen voyage
œsophage estomac gorge carnage
rend tout
au ventre un zeppelin sur le point d’éclater
l’amour comme un gaz inflammable
pression étau

c’est précieux ça m’asservit
et je ne me risque plus en haute mer pour échapper au désordre
dégoulinant des sentiments bavent les larmes au coin des yeux
mais plus la haute mer
mieux vaut la rive et son souffle de feu

psychiatres spécialistes font une battue
à la recherche du corps
la prescription indélébile au devant de la peau
mais quelle main se posera
au revers du front

c’est une mère anorexique
malgré elle
port d’attaque
je suis un réflexe
elle tait
le monde manque à la douceur

pourtant
vois les crayons de couleur qu’on aiguise étiquette un par un
les livres et cahiers plastifiés
le nom cousu le nom gravé des enfants
pour l’école le petit corps imperméabilisé
sanglé identifié

helen déclenche des guerres
dégorgée voudrait déloger
comment avorter
chair de ma chair restée en plans
le mari prend la mesure à distance
froide fêlure sauve qui peut
mais qui peut
les trois enfants s’ils suivent
dans le marais
en chantier

le mari en veilleuse
s’absorbe
dans tout ce qui n’est pas helen
où sortir
et bondit où partir
pas bien du tout assis
sur ce cœur

helen habite les journaux personne ne l’y connaît ça ne fait rien
helen habite l’autoroute l’ascenseur la télé panneaux publicitaires superhypermarchés
voies de contournements
d’enfant
loin des voix loin du cœur où loger
le vent

atarax ativan prozac attends
prends dors pandore reprends-toi

vois l’abri d’auto protège de la neige
le système d’alarme garde des voleurs
quel habitacle préserve des enfants

quel incubateur pour helen
quel cratère
quelle tranchée
à la chair de sa chair

où loger cœur cramé
quel manteau de cendres
ce matin voile la lumière des grands phares

jeudi, novembre 16, 2006

Petit guide des volcans d'Amérique (3e partie)

Je présente en trois blogues le poème de Rosalie Lessard "Petit guide des volcans d'Amérique". Ce poème lui a valu en 2006 le Prix littéraire de Radio-Canada, volet poésie. Aujourd'hui, je publie la 3e partie de son poème. Rosalie sera présente au Salon du livre de Montréal. Voir l'encadré ci-haut.


le ciel se soucie peu de ceux qu’il couve

« Après une éruption, le soleil pourpre disparaît à l’horizon dans la poussière moirée tout d’abord violette, puis jaune et enfin orange; le ciel rougeoie encore longtemps après que le soleil s’est couché. »

« Les cratères eux aussi attendent nids vidés. »


quand partir comment partir

la maison le rang le village
désert
on a soigneusement disposé
en ville les vivants les vieillards
à la traîne

le ciel se soucie peu de ceux qu’il couve

lucienne parle un à un
tombés du fantôme au dernier voisin
personne n’est venu qui reste-t-il

lucienne dans sa dernière dépendance
chambre parmi les chambres
camp ici on empaille la mémoire

derrière elle les objets qui rappellent le passé
elle a dû se défaire
sa vie d’avant
la vaisselle les berceuses au dépotoir les brèches qui pourrait bien
en vouloir
quel musée de l’intime

la maison respire même vide
même sans elle la grange le râle des bêtes
en rêve elle fait du pain
à l’étage les enfants naissent les briques brûlent les pieds
le ruisseau glousse
le goût du dénuement tient la bride
du temps

usés à la corde
comme les habits
de frère en frère passés
les vieux gestes reviennent
en rêve lucienne met la table
sert et décharge douze regards en bataille

on a coupé court
défriché les cercles de feu
on regarde la fumée
se dissiper
on frissonne seul enflammé

quand je cesse de m’appartenir
œil os rêves font sans moi

perd l’ouïe perd la vue perd l’envie
mais la parole dure
et grince
s’ils retirent village du dictionnaire
quel mot trouvera-t-on pour se souvenir de moi

j’ai vécu trop vite et je ne meurs plus
sur le bas-côté fallait-il accorder
le temps qu’il faut au cœur
pour s’épuiser

l’espace mort avant elle
qui donc voudrait survivre
au paysage
quelle drôle d’idée

par la fenêtre
les clôtures se déglinguent à la lisière et l’amour même disparu
le fantôme se lève tôt
redresser le cadre et nourrir les bêtes
domestiquer le champ gelé
le fantôme porte tous les âges dépareillés
une cigarette veste bottes et casquette contre les grands froids
lucienne le trouve beau ses caresses se font plus pressantes depuis qu’il est mort

chaque soir lucienne confronte le fantôme
qui s’époumone à disparaître
elle lui parle des enfants
tous élevés pourrais-je maintenant m’affaisser
me déprendre
quand partir comment partir

elle raconte les voyages de ses fils
de ses filles les vacances le parcours des petits-enfants
de la ville à la grand ville tant d’autoroutes elle tremble
reprise repasse les itinéraires
colibri
en un éclair tant de terre parcourue
et dire qu’elle n’a quitté le rang
qu’une fois pour le village sa chambre d’hiver

lucienne tricote chausser le pas
de ceux qui à peine debout
courent s’effondrer
sur le bas-côté

je lisais soixante ans oublieuse de cancer du fantôme l’évasion véranda et la chienne a fugué
je n’ai rien entendu le poids lourd les roues le klaxon
mais le cri
je lisais trente ans nous avions donné quelques sous à céline cinq cents pour cinq ans quelques sous qu’elle s’achète donc des friandises au dépanneur en face au coin tout près nous la guettions du coin de l’œil je lisais au moment de traverser en face au coin tout près c’est au retour le carrefour le poids lourd en boisson
je lisais pas eu le temps mais le cri et céline a roulé
passé repassé le poids lourd d’un éclat de cervelle
sur la route trente ans
et la chienne a roulé
en boule soixante ans
sur le bas-côté
je lisais
pourquoi ai-je vécu à côté de la grand route
la seule beauté mon enfant sur le bas-côté

tout gagner tout perdre dans un sursaut
je ne me suis pas ménagée
comme le reste
compté comptabilisé pour que rien ne manque
à la boucle du mois
pour ceux qui résistent

quand partir comment partir

sa vie déborde
lucienne découpe l’excédent de souvenirs
plus de place pour rien au monde
que l’enfant perdue
il y a si longtemps
la maison le rang le village
désert
où partir du côté ivre des chambres de jeunesse quelle caravane de poids lourds
elle raconte le voyage de ses fils le parcours
où partir

Le Père Noël au pays de la lecture

Par Jacques Rancourt
10e péripétie de la saga humoristique pour adultes avertis
Sommaire des autres péripéties


10e rappel : Toute ressemblance avec le vrai Père Noël est le fruit de votre imagination. S'ouvre à Montréal le salon du livre. Quelle belle occasion de faire oeuvre utile et parler de lecture pour faire oublier que je suis une ordure au service du dieu argent. Comme vous le constatez, j'essaie de me refaire une certaine virginité, mais c'est du travail...

Le Père Noël au pays de la lecture

Je suis le Père Noël
Je suis une ordure qui veut développer la culture
Je vous amène au merveilleux pays de la lecture
Je veux vous éloigner de mon royaume de bébelles

Je sais que la lecture est un problème de société
Je vois peu d’adultes lire pour le plaisir
J’aimerais les voir arriver au travail avec un livre
Je déplore que la lecture ne soit pas privilégiée

Je sais que la lecture est un problème pédagogique
Je sais qu’enseigner à lire a une valeur inestimable
Je sais que c’est un privilège, une responsabilité, une mission
Je rêve du jour où on fera lire beaucoup et souvent

Je sais que la lecture est un problème individuel
Je veux que l’on fasse rêver les jeunes par la lecture
Je veux que l’on fasse rire les jeunes par la lecture
Je veux que l’on fasse découvrir le monde par la lecture

Je veux qu’on leur fasse découvrir des univers infinis
Je veux qu’on arrête de faire lire par devoir
Je veux qu’on leur fasse découvrir des millions d’expériences
Je veux qu’on les fasse participer à une sorte d’éternité

Je me suis égaré en route au pays de la lecture
Je ne sais pas ce que je fais là
Je suis le Père Noël
Je veux vous donner en cadeau le goût de la lecture

mercredi, novembre 15, 2006

Le Père Noël au Darfour

Par Jacques Rancourt
9e péripétie de la saga humoristique pour adultes avertis
Sommaire des autres péripéties

9e rappel : Toute vraisemblance avec le vrai Père Noël est le fruit de votre imagination. Hier, j'étais à Nairobi au Kenya pour conscientiser les imbéciles qui polluent notre planète. Aujourd'hui, je vais dans un autre pays d'Afrique où les humains s'entretuent du mieux qu'ils peuvent. Allons observer l'oubliée tragédie du Darfour au Soudan où l'ONU révèle une fois de plus son impuissance.

Le Père Noël au Darfour

Je suis le Père Noël
Je suis une ordure
Je cours observer le Darfour
Je suis dans cette région meurtrie du Soudan

Je ne sais pas où se situe le conflit
Je ne sais pas si c’est un génocide
Je suis un Père Noël inculte
Je ne connais que la mystification

Je ne sais pas si c’est un nettoyage ethnique
Je ne connais pas ces milices Janjawid
Je marche parmi ces millions d’exilés par elles
J’ai vraiment l’air fou dans mon accoutrement

Je ne sais pas pourquoi elles violent impunément
Je ne sais pas pourquoi elles tuent impunément
Je ne sais pas pourquoi elles kidnappent impunément
Je suis un ignare des questions internationales

Je ne suis pas un cavalier noir armé d’un kalachnikov
Je ne suis pas un pauvre qui se bat contre les pauvres
Je suis le riche qui appauvrit les pauvres
Je suis le mercenaire du capitalisme

Je n’ai rien su de la famine de 1985
J’ai fermé les yeux comme l’Onu
Je ne suis pas armé par le gouvernement de Khartoum
Je promène ma poche de cadeaux tout simplement

Je constate la désertification au Nord du Darfour
Je comprends les nomades à chercher des terres au Sud
Je vois des villages attaqués la nuit
Je suis le pire des impuissants

Je foule le sol où se déroule une guerre coloniale
Je vois que cette guerre est menée par Khartoum
J’assiste à une guerre d’exploitation économique
Je suis mal placé pour faire la morale

Je serai courtisé par les grandes compagnies agro-industrielles du Golfe
Je vois un gouvernement qui ne cherche à développer rien
Je constate l’insuffisance et l’hypocrisie de la communauté internationale
Je suis tellement embêté par ce conflit et je me sens tellement con

Je suis au Darfour
Je ne sais pas ce que je fais là
Je suis le Père Noël
J’observe cette immense bavure

Le Père Noël défend le protocole de Kyoto

Par Jacques Rancourt
8e péripétie de la saga humoristique pour adultes avertis
Sommaire des autres péripéties

8e rappel : Toute ressemblance avec le vrai Père Noël est le fruit de votre imagination. Je sais que se déroule aujourd'hui une conférence sur les changements climatiques à Nairobi au Kenia. Comme je vis dans le Grand Nord canadien, je veux me désolidariser de la position du gouvernement conservateur de Harper. Sa position ne reflète pas celle des Québécois et celle de l'ensemble des Canadiens. D'ailleurs, il dirige un gouvernement minoritaire.

Le Père Noël défend le protocole de Kyoto

Je suis le Père Noël
Je suis une ordure qui veut respecter la nature
Je milite pour le respect du protocole de Kyoto
Je suis victime du réchauffement dans le Grand Nord

Je vois les glaces fondre dans mon Grand Nord
Je vois le froid moins froid, l’hiver moins long
Je ne veux pas que le Nord devienne la Floride
Je ne veux pas me départir de mon chaud costume

Je suis contre la position de Harper à Nairobi
Je sais qu’il dirige un gouvernement minoritaire
Je sais qu’il ne représente pas la position du Québec
Je sais que les partis d’opposition rejettent sa position

Je sais que l’hydro électricité pollue moins que les sables bitumineux
Je sais que Harper est albertain et protège l’Alberta
Je sais qu’il refuse les sommes promises au Québec
Je sais qu’il se ferme les yeux sur ce problème

Je sais qu’Ottawa ne veut pas accorder 45 secondes à Béchard
Je sais que Béchard a une entente secrète avec Rona Ambrose
Je sais qu’il a promis de ne pas écorcher Ottawa à Nairobi
Je sais que Harper est attaqué de toutes parts à Nairobi

Je sais que notre planète est malade
Je sais qu’il faut arrêter de la polluer
Je sais que tous doivent s’impliquer
Je sais qu’il faut le faire savoir aux politiciens

Je suis à Nairobi au Kenya
Je ne sais pas ce que je fais là
Je suis le Père Noël
Je veux respirer de l’air pur

lundi, novembre 13, 2006

Recueil de poèmes de Rosalie Lessard

Le Père Noël fait relâche aujourd'hui pour vous faire connaître une jeune écrivaine et poétesse québécoise.
Il s'agit de ma nièce et filleule Rosalie Lessard.

Le jeudi 9 novembre, au Saint-Sulpice sur la rue Saint-Denis à Montréal, les Écrits des Forges lançaient le second recueil de Rosalie Lessard : La Chair est un refuge plus poignant que l’espace. La célèbre maison de poésie procédait à un lancement collectif ; étaient donc aussi lancés les derniers recueils de Claude Beausoleil, François Charron, Yolande Villemaire… Rosalie a eu l’occasion de lire quelques-uns de ses poèmes.

La Chair est un refuge plus poignant que l’espace scrute l’écart et l’union, décortique les liens qui unissent les êtres. À quelle distance doit-on se tenir les uns des autres ? À quelle distance de soi ? Quel espace ramène à soi ? Quel espace déroute ? Quelle relation peut nous rétablir? Comment exister dans l’amour sans se détruire?



Présentation du recueil


Dans sa langue épurée, le second recueil de Rosalie Lessard raconte l’histoire d’un exil. Un homme quitte son pays pour une femme, dont la voix porte le recueil :

tu quittes une terre pour un corps
mue des désirs
la chair est un refuge plus poignant que l’espace

Vivre avec un exilé, c’est entrer soi-même en exil, c’est accepter de devenir « corps d’attache / chair d’asile », creuset de l’identité de l’autre, c’est consentir à « remodeler le vide / ton regard sur le mien », à partager une histoire, une parole. Accepter de donner ses « souvenirs à boire / très chauds / pour rendre le nouveau monde présent ».

C’est également devenir traducteur du sensible – paysage, langage, imaginaire. C’est donc aussi déplacer ses yeux, aborder le monde depuis ses bords, ses limites, depuis la différence, dans l’éloignement et la nécessité de comprendre, d’expliquer, de donner un sens au réel qui, au premier regard, est indéchiffrable.

Le recueil dépeint donc une expérience d’expatriation culturelle qui donne lieu à une déportation intérieure, à une « migration sous terre » :

voix d’érosion
les manies et le sens transplantés
l’immigré à plat ventre
éviter le tir
d’un oubli plus total

L’œuvre de Rosalie Lessard spécule sur l’inquiétante fusion amoureuse, ce « volcan sans fenêtre », sur l’intimité, tendre et déchirante, puis sur la rupture, distance retrouvée, « la chambre où tu n’es pas / un corps à soi ».

tu m’offres des fleurs dont je ne peux prendre soin
il n’y a qu’à regarder
vivre et mourir

il n’y a toujours que soi
dans un décor qui n’en finit plus d’apparaître
soi dans les yeux et les fleurs
soi
un doigt une voix qui pointe le réel
soi derrière l’amoureux la maison le voyage
décalé décodé soi

tu m’offres des fleurs dont je ne peux prendre soin
il n’y a qu’à se regarder
vivre et mourir


Le recueil se referme sur l’esquisse et l’interrogation de quelques formes d’exil social et existentiel, notamment « la distance en soi » qu’implique tout acte terroriste :

ils ont pris une école en otage

les mains peuvent-elles tout faire
sans domicile fixe,
démolir le savant désordre du cosmos

loin des yeux
un sablier problématique avale une vaste plage

ils n’ont jamais vécu
jamais joué
ou si peu
les mains nues


Quelques liens Internet concernant Rosalie Lessard

Biographie courte
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosalie_Lessard

Les Écrits des Forges (Photo du recueil)
http://www.ecritsdesforges.com/2006/lachairestunrefuge.shtml

Festival international de poésie de Trois-Rivières
http://www.fiptr.com/FIPTR-fr/quoideneuf/quoideneuf_2006.html

Festival international de poésie de Manzanillo (Mexique)
http://www.oqaj.gouv.qc.ca/francais/nouvelles/n251105.html

Salon du livre de Montréal
http://www.salondulivredemontreal.com/

dimanche, novembre 12, 2006

Le Père Noël au Temple de la renommée

Par Jacques Rancourt
7e péripétie de la saga humoristique pour adultes avertis
Sommaire des autres péripéties

7e rappel : Toute ressemblance avec le vrai Père Noël est le fruit de votre imagination. J'essaie aujourd'hui de faire oeuvre utile ou inutile i.e. accompagné Patrick Roy, l'entraîneur des Rempart de Québec à Toronto. Cela me sortira du cauchemar vécu chez Wal-Mart.

Le Père Noël au Temple de la renommée

Je suis le Père Noël
Je suis une ordure qui veut se donner de l’allure
J’accompagne Patrick Roy au Temple de la renommée
Je dois l’amener de force à la cérémonie d’intronisation

Je comprends sa tristesse d’être sacré si jeune
Je suis comme lui irrité et en même temps souriant
Je sais que Patrick y va à reculons
Je sais qu’il a passé à autre chose maintenant

J’aimerais moi aussi passer à autre chose demain
Je suis piégé par le système capitaliste
Je joue cette comédie pour faire sonner les tiroirs-caisses
Je sais que le tiroir-caisse sonnera lundi à Toronto

J’entends bourdonner ton sarcasme sur Latendresse
Je déplore comme toi la commotion suscitée par cette blague
Je suis heureux moi aussi que Latendresse touche à la rondelle
Je donne en cadeaux aux ados tellement de ces bébelles

Je suis totalement fasciné par ce morceau de caoutchouc
Je vois qu’il fait courir et vibrer des foules
Je sais que la foule se défoule sur ce qui la refoule
Je lancerais cette rondelle contre une poubelle

J’accompagne Patrick au Temple de la renommée
Je ne sais pas ce que je fais là
Je suis le Père Noël
Je suis à Toronto la pure et j’en ai cure