samedi, juillet 29, 2006

Illusion



Lucide cette Marie-Ève! Quand on regarde ce qui se passe dans le monde, force est de constater que tout est éphémère.

La mer est calme
Le ciel est d'un bleu éclatant
Le soleil brille
Le vent souffle doucement

Les gens sont heureux
Rayonnant de bonheur
Ils s'accrochent à leurs rêves
Autant qu'à la vie

L'orage s'enchaîne
Le vent se déchaîne
Le ciel se couvre
La mer se défoule

Les larmes coulent
Les guerres éclatent
Trahison et haine s'enchaînent
La peur et la crainte les ravagent

Désespérés
Ils se regardent couler
Chantent un dernier au revoir
Et disparaissent à jamais...

vendredi, juillet 28, 2006

Sans coeur

Dans ce poème, Véronique crie la détresse d'une fille abandonnée par son père. Ce drame existentiel marque pour la vie. Expérons que Véronique saura trouver la paix, que la vie lui amènera des joies inespérées.

Comment vivre une vie normale sans toi?
Sans tes conseils, tes caresses et même tes colères
Je suis tel un oiseau aux ailes rongées par le froid
Un manque envahit ma tête, mon coeur, mon corps
Pourtant, depuis longtemps je suis vidée
Depuis longtemps tu manques à ma vie
J'aurais dû t'oublier, te haïr, te sortir de ma vie

Je n'ai pas pu

J'ai toujours gardé espoir malgré tout, malgré moi
Toutes ces années à t'écrire, à te chercher, à te défendre, à pleurer et à t'aimer
Je suis épuisée, épuisée de toi
Je suis tannée de me demander pourquoi, tannée de me questionner sur toi

Tu es méchant, tu es un monstre, tu n'as pas de coeur
Je te déteste, je te haïs, je veux t'oublier, te sortir de ma vie
Pourquoi m'as-tu faite si tu ne voulais pas de moi
Pourquoi m'as-tu abandonnée Papa?

jeudi, juillet 27, 2006

Veux-tu te battre?

Par Marice-Claude, 16 ans

La jeune Marie-Claude exprime dans son poème une réalité quotidienne : la violence.
La famille, la rue, l'école : reflet de ce qui se passe à l'échelle des nations. Nous sommes les témoins impuissants de ce qui se passe au Liban, en Israël, en Irak, au Darfour, etc.


Veux-tu te battre
Âme rigide, poing fermé
N'ayant plus rien à perdre
Ne voulant qu'oublier

Aveuglé par la haine
Enivré par la rage
Laissant son corps allé
Telle une marionnette
Manipulé par la démence

Ne laissant que la colère
Parcourir l'atmosphère
Ne laissant que le noir
Se déverser dans ses veines

À coup de demi ton
S'écriant, jurant, beuglant
«M'a te péter la gueule»
... et vlan dans les dents.

mardi, juillet 25, 2006

Je promets, je promets…


Au nom de certains hommes
Hélas trop nombreux
J’aligne une série de promesses
Qui ne seront pas tenues hélas!

Je promets de ne plus me servir d’une certaine idée de Dieu
Pour imposer ma vision du monde
Pour contraindre les autres à accepter ma vérité.

Je promets de ne pas abuser du fait que je suis propriétaire
Pour exploiter mes employés
Pour les maintenir exclusivement au service de mes intérêts

Je promets de ne pas me servir de l’holocauste
Pour me flageller éternellement
Pour culpabiliser les autres ad vitam aeternam

Je promets de ne pas me servir du pouvoir politique
Pour soutirer des subventions à répétition
Pour m’engraisser aux frais des contribuables

Je promets de changer ma vision de la femme
Pour ne plus lui imposer le voile et les chaudrons
Pour en faire une égale à moi-même

Je promets de protéger mon environnement
Pour ne plus polluer davantage
Pour assurer une planète vivable pour les générations futures

Je promets de promouvoir le bien-être des enfants
Pour ne plus les voir victimes de la faim, orphelins des guerres
Pour les sortir de l’exploitation sexuelle, de la pédophilie, etc.

Je promets de promouvoir la paix
Pour ne plus supporter des armées
Pour ne plus engloutir des milliards dans l’industrie de la mort

Je promets de prôner un gouvernement mondial
Pour ne plus vivre des déséquilibres criants
Pour répartir également les richesses sur la planète

Je promets de me changer d’abord
Je promets d’être plus conscient
Je promets de tenir mes promesses

Je promets de continuer à rêver
À une possible fraternité
À une humaine amitié.

lundi, juillet 24, 2006

Point Oméga

Hier, point G
Point de convergence
De ma terrestre condition
Où je mets le doigt sur le possible

Aujourd’hui, point Oméga
Point d’incidence
De ma cosmique condition
Où je mets le doigt sur l’impossible

G aspiré par Oméga
Fusion amoureuse
Point culminant
De mon odyssée personnalisée
Qui me sort de cette prison
Où l’ego s’ennuie

Oméga qui rend possible
L’amour fusionnel
Avant-goût d’un amour universel
Aimant qui me rend aimable
Centre de mes centres

Oméga, synthèse de moi-même
Centre réel et actuel
Ma raison de Survie

dimanche, juillet 23, 2006

Evelyne

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes

Évelyne, la sainte du ciel ?
Non, la contrée, théâtre de mon enfance
Celle où à l’orée des bois j’allais cueillir les myrtilles
Celle où sur les tas de roches s’offraient les framboises
Celle où dans les champs se cachaient les fraises

Évelyne, le rang aux braves gens
Qui le peuplaient abondamment
Qui lui extirpaient un maigre butin
Qui ouvraient sa route l’hiver avec sueurs au front
Qui se retrouvaient en mai près d’une croix de chemin

Évelyne, aux gens colorés avec milles manies
Hector, le raconteur d’histoires, la commère du coin
Fidèle, le discret, commerçant très habile
Godefroy, plein de bonne volonté, gaffeur inconditionnel
Josaphat, le timide, toujours avec son sourire énigmatique
Eugène, l’invalide, homme de devoir
Lorenzo, le chiqueur, toujours affairé
Adolphe, friand d’Algarol, fermier manqué
Edgard, la prune au front, agnostique

Évelyne, ton rang est méconnaissable
Je ne pleure pas sur ton passé
Je me le rappelle
Ces braves gens appartiennent au passé
Tes maisons ancestrales sont presque toutes disparues
Une abbaye s’y est même installée
Le bitume a remplacé la terre de ta route

Évelyne d’autrefois, tu ne vis que dans mes souvenirs
Je ne suis pas le seul poète à me rappeler mon coin de terre
Que de poètes ont chanté la terre ancestrale, celle d’autrefois
Chaque poète dans son coin peut en témoigner
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Photo dans le rang Sainte-Évelyne par Alexandra Rancourt

jeudi, juillet 20, 2006

Ma mère, ma terre

Le cri d'Édith, cette jeune québécoise de 16 ans, sera-t-il entendu?

Je crie à qui veut m'entendre
Que des hommes au visage amer
Meurtrisse ma mère, ma Terre.

Je crie à qui veut m'entendre
Que des canons de haine
Transforment fleurs en cargot de peine.

Je crie à qui veut m'entendre
Que des cravates de pouvoirs inventés
Étouffent les rires de vos pensées.

Je crie à qui veut m'entendre
Que dansent amèrement des joies synthétiques
Au milieu de murs de béton fatidiques.

Je crie à qui veut m'entendre
Mais ma voix résonne dans une oreille sourde
Mon utopie est trop lourde.