dimanche, avril 29, 2007

Edgar la prune

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes

Edgar la prune

Étrange personnage que cet Edgar
Être mystérieux et libertaire
Il intriguait tout le rang
Personne n’était familier avec Edgar

Il promenait sa grosse prune au front
Il avait ainsi hérité de ce surnom
Il avait toujours sa grosse chique de tabac
Il ne riait pas pour des niaiseries

Il était pour plusieurs un mécréant
Il avait osé mettre un curé à la porte
Il ne voulait rien savoir des rites religieux
Il défiait les bonnes âmes crédules

Il se promenait fièrement dans le rang
Il était pour moi le symbole de la liberté
J’admirais secrètement cet homme
La sainte paix était son refuge divin

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Rang Sainte-Evelyne - photo prise par Jacques Rancourt

jeudi, avril 26, 2007

Sans toit et sans toi

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Sans toit et sans toi

Je suis sans toit
On l’a bombardé
On cherchait Ben Laden
On voulait détruire l’axe du mal

Je suis sans toit
Soufflé par un kamikaze
Il voulait créer le chaos
Il veut le retour des talibans

Je suis sans toit
On me chasse de ma terre
Je suis du Darfour
C’est l’horreur

Je suis sans toit
La dernière inondation l’a emporté
Je vis dans un abri de fortune
Cela fait deux ans

Je suis sans toi
Pour m’aider
Pour comprendre
Pour me donner un toit

Sans toit
Sans toi

mardi, avril 24, 2007

J’arrive

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

J’arrive

Toi qui seras mon futur toit pour les ans à venir
Toi qui me verras tranquillement vieillir
Toi qui me verras outrageusement souffrir
Toi qui me verras probablement mourir

Tu deviens ma nouvelle demeure
Tu seras le cocon où j’aimerai me bercer
Tu seras le théâtre de mes errances poétiques
Tu seras de nouveau l’hôte des parents et amis

Je veux te remplir d’une saine sérénité
Je veux te garantir une certaine sagesse
Je veux dépasser l’observable et l’éphémère
Je veux y bercer les amours de ma bien-aimée

Sois un lieu propice à l’intériorité
Sois l’oasis qui m’apportera la sainte paix
Sois le futur point d’ancrage de ce qui ne se voit pas
Maison, façonne-moi des souvenirs inoubliables

lundi, avril 23, 2007

Je te quitte

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je te quitte

Toi qui fus mon toit trente quatre ans durant
Toi qui fus témoin de tant de mes rêves
Toi qui m’as vu sourire, rire et pleurer
Toi qui fus le théâtre de mes amours passionnelles

Toi qui fus témoin des premiers pas de mes enfants
Toi qui fus massacré par leurs jeux enfantins
Toi qui as subi morsures et griffes des chiens et chats
Toi qui fus rendu fou par le bruit de l’aspirateur central

Toi qui as accueilli parents et amis
Toi qui as salivé nos agapes et bacchanales
Toi qui as subi les foudres de nos hivers
Toi qui as traversé les soubresauts du temps

Je te quitte pour toujours
Je te dis adieu à tout jamais
Je te confie à un jeune couple plein de projets
Maison, tu resteras dans mes souvenirs pour toujours

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Photo de ma maison par Jacques Rancourt

dimanche, avril 22, 2007

Amazonie

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Amazonie

Tu es si fière de ta forêt
Tu es le poumon de notre planète
Ta flore et ta faune sont si merveilleuses
Tu es la forêt mythique des amants de la nature


On veut réduire ta taille de 50 %
On veut voter ta minceur au Congrès brésilien
On veut te déboiser, te déflorer, te défauner

Quatre fois le Portugal, quelle horreur


On veut t’utiliser pour l’agriculture
On veut du pâturage pour le bétail
On veut trancher ton bois pour le vendre
On veut enrichir les grandes multinationales


Ton sol privé de ta forêt est inutilisable
Tu es trop acide et encline aux inondations
Tu vas te désertifier très rapidement
Tu vas contribuer malgré toi à l’effet de serre



Je crie à qui veut l’entendre
Qu’il faut arrêter ce carnage
Qu’il faut se réveiller, en parler
Que toute la planète est concernée
Qu’il faut stopper l’appétit vorace du Dieu argent
Que cette petite planète a besoin d’être protégée
Qu’il faut éviter ce désastre écologique
Que ce cri du cœur ne passe pas dix mètres
Au-dessus de la tête des pauvres bipèdes sans plumes
Que nous sommes
Qu’il n’y a pas de futur sans nature

vendredi, avril 20, 2007

Mon père

Par Nancy
Mes jeunes écrivains

Pourquoi ?

Un vide s'est installé dans ma vie
depuis que tu es parti
Pourquoi tu m'as quitté ainsi
sans même me dire que tu m'aimais

Toi qui me berçais
quand je pleurais
Toi qui me consolais
quand je pleurais

Pourquoi tu es parti
Je me poserai la même question
Toute ma chienne de vie

Malgré cette tragédie
Au jour le jour, je vis ma vie
Je pense à toi
Je ne t'abandonne pas
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Tableau d'une artiste beauceronne

jeudi, avril 19, 2007

Si je t’écoutais

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Si je t’écoutais

Si je t’écoutais cher styliste
Je ne me reconnaîtrais plus
Je serais incapable de me regarder
Je serais ta créature dépersonnalisée

Si je t’écoutais cher styliste
Je deviendrais un hétéropolitain
Je retournerais dans les années 40
Je célébrerais selon toi ma virilité
Je me matérialiserais en faux-hawk
J’aurais un côté Wall street le jour
Je deviendrais quelque chose
De plus fou la fin de semaine

Si je t’écoutais cher styliste
J’aurais été applaudi jadis en métrosexuel
J’aurais raffolé des petits pots en crème
J’aurais migré même en übersexuel
J’aurais célébré à qui mieux mieux le poil

Si je t’écoutais cher styliste
Je favoriserais l’approche testotéronisante
Je privilégierais le style tombeur
Je reviendrais à un style italien suave
J’aurais les cheveux semi-longs
Je les repousserais vers l’arrière avec des pommades

Si je t’écoutais cher styliste
Je devrais être encore plus osé
Je devrais avoir les cheveux rasés
Je devrais avoir des motifs sculpturaux
Je devrais savoir exploiter les poils faciaux
Je devrais créer des motifs avec ma barbe
Je devrais créer des motifs avec mes favoris

Je ne t’écouterai pas cher styliste
Je garderai le contrôle de ma tête
Je répudie tes tendances en coiffure masculine
Je refuse ton monde superficiel
Un agonisant n’a que faire de tes tendances
Un cadavre dans un salon mortuaire
La cendre dans l’urne funéraire
Se moquent du styliste ad vitam aeternam

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Photo de Jacques Rancourt par lui-même au début de la trentaine