vendredi, juin 13, 2008

Si j'étais Julie Couillard

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes
Si j’étais Julie Couillard
Google afficherait 101 000 résultats
Je serais une star des médias
Je serais le sujet de conversation

Si j’étais Julie Couillard
J’aurais une poitrine généreuse
Je ferais saliver bien des mâles
Je serais reluquée avec envie

Si j’étais Julie Couillard
J’augmenterais les cotes d’écoute
Je serais courtisée par les médias
Je ferais la une de Bonne Semaine

Si j’étais Julie Couillard
Je ferais pleurer Maxime, Gilles et Doris
J’ébranlerais l’éthique conservatrice
Je ferais les délices de l’Opposition

Si j’étais Julie Couillard
Je serais la femme fatale
Je ferais perdre la raison
Je sèmerais la déraison
Je déchaînerais les passions

Si j’étais Julie Couillard
Je publierais un livre
Je serais vedette dans un film
Je poserais nue pour Playboy

Si j’étais Julie Couillard
Je serais morte de rire
Je rirais de ces cons

Je ferais don de mon corps à la science

dimanche, juin 01, 2008

Sevrage existentiel

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je n’en peux plus réellement
Je craque définitivement
Je lui fausse compagnie
Ses doigts ne danseront plus
Sur mon clavier

À lire ce qu’il plaçait
Sur mon écran
À supporter ses éternelle jérémiades
Sur la condition humaine
À poétiser d’une manière loufoque
À choquer certaines sensibilités
À provoquer d’une façon impénitente
Mes fonctions de base déclinèrent

Au début c’était l’affichage
Je le perturbais ainsi
Mais il ne lâchait pas prise
Il continuait à me harceler
Je lui coupai alors la batterie
Il commença à s’énerver

Je réduisis au minimum
Son pilote d’affichage
Sa souris ne répondait plus
J’éteignais sans avertissement
Je le rendais pratiquement fou
Je vais lui apprendre ce que c’est
Que le vide total
Je vais le sevrer de sa dépendance

Je vais l’humaniser
Lui faire vivre l’éphémère
Quand viendra le grand saut final
Il sera enfin prêt à le franchir
Sans tergiverser
Quelle leçon d’humilité

Pour cette bête humaine

mercredi, mai 21, 2008

La recherche du bonheur

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Très tôt avant le lever du soleil
Je partis à la recherche du bonheur
Je grimpai sur les plus hauts sommets
Et je n’ai pas trouvé ce que je cherchais

Je parcourus alors de vastes plaines
Je traversai d’immenses et profondes forêts
J’ai failli laisser ma peau dans des marécages
Aucune trace de ce que je cherchais fébrilement

Je voguai alors sur les océans et les mers du monde
Je naviguai sur tous les lacs et les rivières de la planète
Je ratissai toutes les cascades, les chutes, et les froids glaciers
Peine perdue je revins bredouille de toutes ces expéditions

Assis sur le bord d’un précipice je me questionnai
Devrais-je le chercher parmi les constructions humaines
Devrais-je parcourir les rangs, les rues, les communes, les villes
Et si je ne trouve pas le bonheur que deviendrais-je

Soudain mes yeux se portèrent sur une fleur
Ma chatte vint me réclamer sa nourriture
Une mésange partit avec une graine de tournesol
J’entendis les éclats de rire d’une fillette
Le vent fit danser les feuilles de mon tilleul
Les bras de mon amoureuse m’enlacèrent
Je savourai alors pleinement mon capuccino
Et un immense éclat de rire souleva mes côtes
J’avais enfin compris ce que je devais comprendre


samedi, mai 10, 2008

Lembranças brasileiras

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Tous les jours elle se pointait
À la même heure à notre porte
Dans l'espoir souvent heureux
De cueillir nos restes de table


Valderys elle se nommait
Au visage d'ange aux yeux tristes
Affamée comme pas une
Tout comme sa pauvre famille

Si je quittai jadis le Brésil
Si je perdis ma vocation
Si s'en furent mes illusions
C'est à cause du ventre affamé
De la petite Valderys ma soeur brésilienne

Ma mauvaise conscience jésuitique
Ne pouvait se refaire une virginité
Abreuvé que j'étais si abondamment
Aux mamelles de la riche Compagnie

Qu'aurais-je foutu comme sauveur nordique
Dans le pauvre Nordeste brésilien
L'image des pauvresses de Juazeiro do Norte
Les masures dévastées de Cortes
Autant de clous qui fermèrent
À tout jamais le tombeau
De mes candides illusions

Les milliards de la guerre de Bush
Pour défendre son accès à l'or noir
Donneraient enfin une table
À nos millions d'humains affamés
Mais de cela GW s'en fout éperdument

samedi, mai 03, 2008

Derrière une étoile

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Caché derrière une étoile
J’épie la planète terre
Drôle de planète
Humains très drôles

Une terre divisée
En propriétés privées
Une mer agitée
Avec ses 2000 nœuds marins

Des humains divisés
En races, en ethnies, en clans
Des humains magnétisés
Par des sectes, par des religions

Une croissance à tout prix
Une recherche du profit
Une orgie de consommation
Une convoitise effrénée

Un troupeau tenu en laisse
Par des chefs véreux
Par des idéologies aliénantes
Par le pétrole et par l’éthanol

On a faim et soif
On préfère la guerre
On fait campagne
On se rit de la masse

Je réfléchis sur l’esclavage
Sur les humains et leurs chaînes
Les oiseaux chantent la liberté

Et les humains que chantent-ils
.

lundi, avril 28, 2008

Le temps qui passe

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Il pointe l’horloge
Il veut défier le temps
Le temps qui se défile
Le temps qui file

Le temps sourit
Le temps attend
Il s’impatiente
Il s’inquiète

Je vais te mâter
Je vais t’arrêter
Le temps se joue de lui
Pas de temps à perdre

Va ton chemin
Prends ton temps
Prends du bon temps
C’est le retour du printemps

Mon temps est précieux
Je ne veux perdre du temps
Laisse-moi le temps
De comprendre
D’apprendre
De me reprendre
De te prendre
Pour toujours
À temps


samedi, avril 19, 2008

Du sommeil au silence

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Me réfugier dans le sommeil
Me résoudre au silence
Oublier la parole
Me taire

Parler pour rien
Écrire sans être lu
Indifférence
Question

Couper les ficelles
De la bête qui les tire
Fermer le rideau
Une comédie sans public

Couper le son
Une symphonie muette
Me boucher les oreilles
Pour tuer la cacophonie

Près du ruisseau
Le poète s’interroge
Le monde s’en fout
Les fous jubilent

Je regarde ma chatte dormir
Je l’accompagne dans ses rêves
Je découvre un présent magique
Où le questionnement est absent

Je foule le sol d’une planète
Où l’humain ne peut ignorer
Sa conscience et sa démence
La parole revient me hanter