vendredi, février 06, 2009

De l’enfermement à la détestation

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Il y avait en douce France
Un quelconque chef ritalin
Avec un jugement assez court
Avec un esprit assez simple
Aveuglé par tout ce qui était jupon
Notre Gaulois écartait sur son passage
La racaille qui osait s’opposer à son éminence

Un ami ayant un pouvoir corporatif très grand
Lui faisait causette et le renseignait sur un certain petit peuple
Il lui parlait de cette petite racaille qui s’agitait la plotte à terre
Pour créer une terre avec toutes les apparences d’un royaume

Un visiteur venant de cette terre peuplée d’ours et de castors
Voulait naïvement lui montrer deux de ses gosses, de ses avortons
Après avoir reçu une médaille pour je ne sais pas trop quoi
On adore tout ce qui brille et est accroché à un bout de tissu
Notre Gaulois voyant devant lui un auditoire décida
De dire n’importe quoi sachant qu’il était un personnage
Important et qu’il se devait de mâter cette tribu rebelle lointaine
Étant certain que le médaillé rapporterait fidèlement son verbe

Prenant son courage à deux mains il élucubra
Sur le sectarisme, le renfermement sur soi
Sur la vilaine détestation d’un peuple
Que les connards séparatistes qualifiaient de voisin
Plus il s’écoutait plus il jouissait et plus il gesticulait
Une certaine Carla seulement pouvait lui faire un tel effet
C’est ainsi qu’une énorme crise s’ensuivit et plusieurs
Sauvages de la contrée lointaine arrachèrent leurs plumes
Et réalisèrent qu’ils ne vivaient pas dans le meilleur monde possible

lundi, février 02, 2009

LUI

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je t’ai cherché
Dans une église
Dans une mosquée
Dans une synagogue
Dans un ashram
Nulle trace de toi

J’ai prié
J’ai supplié
J’ai imploré
J’ai demandé
J’ai quémandé
Nulle réponse

Je suis seul
Vraiment seul
Solitaire
Prisonnier
Abandonné
Esseulé
Voilà

Je suis
Es-tu
Nous sommes
Ah oui les autres
On en tue cependant
À cause de LUI

Mais il y a les fleurs
Mais il y a le ruisseau
Mais il y a le crapaud
Mais il y a cet amour
Mais il y a cette étoile

vendredi, janvier 30, 2009

Côté sombre masochiste

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

On dit souvent de moi
Que je me mets les pieds dans les plats
Que je dis n’importe quoi n’importe quand
Que je suis imbu d’un moi proéminent
Que je ne vois pas ce que tous voient

Eh bien, très chères bêtes humaines
Vous avez totalement raison et encore plus
Je souffre tellement de ce côté sombre de ma personne
Je me triture les neurones à essayer de comprendre
Ce que la génétique a bien voulu concocter

Il y a de ces jours où je serais le meurtrier du Scorpion
Ce grand pion qui se promène sur la planète avec des airs de prophète
Cache-toi vil être qui emmerde les êtres bien pensants
Va te gaver ailleurs des déchets terrestres aux alentours de tes ailleurs
Piétine tes arrogances et crache dans la poubelle de ta néantitude

Dire que tu as voulu dépoussiérer les arcanes célestes
À la recherche d’une compréhension d’un ailleurs si lointain
Dire que ta propre bête déroutante demeure un mystère
Laisse le divin et intéresse-toi à cet humain qui emmerde
Trêve de masochisme et relève un peu la tête cher imbécile

Tu effeuilles des mots pour contrer tes obsessions
Tu écoutes Mozart et Beethoven pour apaiser tes neurones
Tu regardes ta planète et tu te plais à rêvasser perdu dans la lune
Tu es un imbécile heureux qui sait contempler et un peu aimer
Finalement ton côté sombre jette une ombre sur ta lumière

mercredi, janvier 21, 2009

Dicomel

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

J'ai rencontré un homme malheureux
Totalement dominé par elle
Pour lui remonter le moral
Je lui suggère un médicament miracle
Qui a pour nom DICOMEL

Je lui donne comme prescription
De lire le poème humoristique
Qui avec le médicament
Apportera l’harmonie dans son couple

Prescription

Dis comme elle
Cela donne des ailes
Retourne à ta pelle
Écoute son appel

Dis comme elle
Comme elle est belle
Remonte sur ta selle
Donne-lui ce miel

Dis comme elle
Vide la poubelle
Parfume tes aisselles
Danse avec elle

Dis comme elle
Reste près d’elle
Évite les querelles
Aie une envie d’elle

Dis comme elle
La nuit près d’elle
Chuchote à son oreille
Qu’elle est une merveille

lundi, janvier 19, 2009

Regarder autrement

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Prisonnier d’une culture
Tricoté par une idéologie
Tissé par des liens familiaux
Gavé de fausses certitudes
Il regarde le monde
Il regarde la vie
Il regarde le futur
Comme il a regardé le passé
Impossible de regarder autrement
À moins de subir un choc
D’être secoué par un événement
D’être interpellé par l’autre
Il fera alors un plongeon rétro
À cause d’une peur viscérale
À cause d’une peur atavique
Ou il fera le saut salutaire
De regarder autrement
Cet autrement qui le faisait trembler
Qui impliquait un changement radical
Qui allait bousculer les certitudes
Qui exigerait une réponse décisive
Une réponse autrement plus difficile
Que de répéter les inepties du passé
Que de râler indéfiniment sans changer
Quoique ce soit dans une approche rétrograde
Autrement dit faire un saut en hauteur
Au lieu de reculer indéfiniment
Avancer au lieu de piétiner sur place
Oser l’impossible avec certitude
Assumer enfin son êtreté pleine et entière


Elle nous mène et je l’emmène

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


J’ai suivi son sentier contre toute espérance
Je me suis égaré maintes et maintes fois
J’ai gardé la foi malgré ma désespérance
Je retournai sur mes pas combien de fois

Jamais elle ne fit fausse route
Même si j’ai fait de longs détours
Je compris vers la fin de ma vie
Que sur cette planète expérimentale
Il en était ainsi et non autrement

La frénésie me servit de distraction
Chaque fois la vie m’amenait ailleurs
Mon plus long voyage fut en-dedans de moi-même
Même si à chaque fois je refusais l’inéluctable

Maintenant mon regard sur elle est lucide
Je ne lui demande plus rien pour demain
J’attends l’heure fatidique avec sérénité
Cet ailleurs sera peut-être le gage d’une vie meilleure
Cette vie qui me mène je saurai bien l’emmener ailleurs

mercredi, janvier 14, 2009

Tibériade

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Les pieds dans l’eau du lac de Tibériade
Je rêvais d’une pêche miraculeuse
Je me voyais marcher sur ses eaux
En réalité je me sentais comme un lépreux
Qui quête en vain sur le bord d’une route

S’est-il fait crucifier en vain
Ce Nazaréen des temps jadis
Qui dans les temps présents
Se laisserait crucifier pour la conviction
Que l’humain devrait aimer l’autre
Que l’humain devrait enterrer la hache de guerre
Que l’humain devrait partager avec l’autre
Que l’humain n’est pas que poussière

Personne me dis-je
Même pas moi-même
Même pas mon voisin
Même pas celui qui se cache dans le Vatican

Je quittai la mer de Galilée
Plus triste que jamais
Je vis un papillon sur une fleur
On me vit le début d’un sourire