samedi, avril 19, 2008

Du sommeil au silence

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Me réfugier dans le sommeil
Me résoudre au silence
Oublier la parole
Me taire

Parler pour rien
Écrire sans être lu
Indifférence
Question

Couper les ficelles
De la bête qui les tire
Fermer le rideau
Une comédie sans public

Couper le son
Une symphonie muette
Me boucher les oreilles
Pour tuer la cacophonie

Près du ruisseau
Le poète s’interroge
Le monde s’en fout
Les fous jubilent

Je regarde ma chatte dormir
Je l’accompagne dans ses rêves
Je découvre un présent magique
Où le questionnement est absent

Je foule le sol d’une planète
Où l’humain ne peut ignorer
Sa conscience et sa démence
La parole revient me hanter



vendredi, avril 04, 2008

Le relief de tes hanches

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Quelques décennies dans mes mémoires
Souvenirs certains du relief de tes hanches
Plus beau que tous les reliefs appalachiens
Vents des hauteurs que tout déhanche

Ces hanches comme des fougères
À l’ombre de mes regards espiègles
Où jonglent ces divines idées lubriques
D’un cœur esseulé en quête d’ivresse

Les senteurs des boisés appalachiens
Affolent mon odorat taquiné à outrance
Tes hanches me pulsent des transes
Mes errances convergent vers ce relief

Le butor du Lac à Busque me sort de cette rêverie
La clocher de la petite église esquisse un sourire
Pendant que mes mains sur tes hanches frémissent
Un sublime lien amoureux s’installe paisiblement

mercredi, avril 02, 2008

Les poissons de la Pozer

Par Jacques Rancourt
Au pays des souvenirs
Mes autres poèmes

Retour dans la terre perdue de mon enfance
Abandonné dans mes rêves et mes souvenirs
Je me revois marcher vers la mythique Pozer
Il fallait traverser la terre interminable à Dophe

Terre aride pleine de roches et d’arbrisseaux
Là où les quelques vaches allaient brouter
Là où nous allions les chercher à l’orée du boisé
Boisé où se cachait l’inoubliable sucrerie artisanale

Assoiffé de conquête j’avançais vers le but ultime
Cette rivière poissonneuse à la mesure de mon imaginaire
Je savais qu’ils attendaient ces vers poisseux du tas de fumier
Le bruit du feuillage, les branches qui se frappent l’épouvante

Comme si tout d’un coup je traversais le continent
Comme si blessé dans mes attentes j’étais happé vers là
Fasciné par l’inédit par la fuite des bras maternels protecteurs
Cette rivière éloignée du repère familial était l’éden convoité

Peu importe si des poissons m’attendaient cachés là
Le plus important était l’odyssée elle-même
Le parfum des conifères, l’excitation des ombres

Le désir profond de confronter mon possible désir d’être


mardi, avril 01, 2008

Poissons-scies

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Il y a des si
Il y a des scies
Il y a des poissons-scies
Il y a des poissons d’avril

Si les guerres étaient des poissons d’avril
Si les famines étaient des poissons d’avril
Si la drogue était un gros poisson d’avril
Si la pollution était aussi un poisson d’avril

Je suis prêt à courir ce genre de poisson
Vous pouvez m’en placer plein le dos
J’ai le dos bien large et bien accueillant
Mais ne me prenez pas pour un poisson d’avril

Je connais ce genre de poison déguisé en poisson
Je suis incapable d’avaler ce genre de potion
Pour ma planète bleue c’est une malédiction
Trop de mes humains vivent dans l’affliction

On a beau rire aujourd’hui de ce poisson d’avril
Moi je ne ris pas du tout et je pleure toutes mes larmes
Jamais je ne maudirai assez la violence et les armes
Mais je ne suis qu’un acteur figurant dans cette comédie

samedi, mars 29, 2008

Une vache de leçon

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je passais par là
Elles étaient pourtant là
L’une me regardait attentivement
Les autres me tournaient le dos dans l’indifférence

Celle qui me regardait
La bouche grande ouverte
Me disait de passer mon chemin
Que j’avais autre chose à faire

Je m’arrêtai tout de même
Je voulais savoir ce qu’elle pensait
Je voulais découvrir son monde intérieur
Je voulais développer un animal intérêt

Si tu savais mon pauvre blogueur poète
Comme je suis bien ici dans mon champ
Je broute et je rumine et je donne mon lait
Que veux-tu de plus simple mon poète angoissé

Mais tu ne crains pas la vache folle
Mais tu ne crains pas la grippe aviaire
Mais tu ne crains pas la maladie du hamburger
Mais tu ne crains pas la pollution atmosphérique

Arrête de ronger ton frein mon blogueur poète
Tes problèmes sont plus graves que les miens
Sida drogue hépatite b famine guerre
Regarde-moi ruminer sous mon arbre

Je suis en paix avec moi-même
J’ai reçu avec plaisir la semence du taureau
Je te regarde passer épouvanté
Va ton chemin et ne pense plus à moi


vendredi, mars 28, 2008

Au pied de son arbre

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


Je me suis réveillé en sursaut
Le cœur battait très fort
Étrange rêve pour un mortel
Et si c’était pourtant vrai

J’étais dans une situation inextricable
Je ne voyais aucune sortie possible
La confusion la plus totale régnait
Aucun sauveur à l’horizon

Je me devais d’agir sinon tout était foutu
La prière et les incantations ne servaient à rien
Il fallait une solution à la mesure de l’obstacle
Les recettes du passé ne pouvaient plus servir

Le mortel tremble devant l’inconnu
Il s’invente un dieu pour se sécuriser
La pensée magique qui devrait tout régler
L’abdication de sa mortelle responsabilité

Alors le mortel se réveille en sursaut
Son cœur bat à tout rompre
Il s’imagine que c’est un rêve
Ses proches ne peuvent rien pour lui

Une envie soudaine de fuir le surprend
S’il oubliait tout dans une lointaine contrée
Pas facile de rester assis au pied de son arbre
S’il s’entendait dire que la réponse est pourtant là


mardi, mars 25, 2008

Libre malgré l’autre

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Le prêt-à-jeter
Le prêt-à-porter
Le prêt-à-penser
Le prêt-à-consommer

Je ne suis pas prêt
À tout accepter
À ne rien dire
À ne pas dénoncer

Qui es-tu pour me dire
Quoi penser
Quoi faire
Quoi éviter

Tu es un humain comme moi
Qui habite ma planète
Qui a une histoire oui
Qui a une culture oui

Mais pas au point de ne plus penser
Mais pas au point de perdre sa centricité
Mais pas au point de perdre sa liberté
Mais pas au point de nier sa conscience

Je suis né dans la solitude
Je mourrai ou je passerai
Dans une autre dimension
Seul

Je n’ai rien à foutre
Des idéologues
Des théologues
Des dirigotologues

Des fossoyeurs de la liberté