vendredi, février 23, 2007

Monologues d’une bête humaine pacifiée

Par Jacques Rancourt
Monologues
Mes autres poèmes

Monologues d’une bête humaine pacifiée

Je vis au présent
J’habite le présent
J’oublie les souvenirs
J’oublie les projets
J’oublie les rêves

Je n’espère rien
Je ne crains rien
Je suis serein
Je suis en paix
Je vis la béatitude

Finies les commotions
Finies les tribulations
Finies les agitations
Finies les interrogations`
Finies les négations

Infinies disponibilités
Infinies ouvertures
Infinies escapades
Infinies rencontres
Infinies et folles amours

jeudi, février 22, 2007

Monologues d’un corps en décrépitude

Par Jacques Rancourt
Monologues
Mes autres poèmes

Monologues d’un corps en décrépitude

1
Ce corps usé m’a transporté dans trop d’errances inutiles
Gérer ses maux m’apporte des délires à la limite du supportable
Petit à petit il se désagrège et me laisse dans un état d’hébétude
Comment avoir une oreille attentive quand cette même oreille
Me bourdonne des sons inaudibles et des refrains de fausses notes
Comment traverser monts et vaux quand la simple plaine me cause
Des peines insurmontables pour cette hanche gauche qui se disloque
M’abreuver du nectar des fleurs comme les abeilles est l’entreprise
La plus sotte quand la fulgurance d’une stomatite me laisse une bouche
Pleine de crevasses insatiables avec des goûts d’eaux contaminées

11
Je suis éreinté par la désespérance de déambuler avec des articulations
Toutes croches me laissant dans un état agonique et antinomique
Dire qu’il devait épurer le trop plein de mes beuveries ce rein qui
Regimbe et refuse sa fonctionnalité première et me renvoie aux fins
Dernières dans des temps non prévisibles pour ce mortel que je suis
Ce fleuve à l’orée de l’horizon que mes yeux décodent péniblement
Seul appel qui me donnait un répit à toute cette détresse dressée
Devant la fenêtre des anticipations futures d’escapades imaginaires
La fluvialité même m’est refusée moi marin en eaux troubles
Ayant parcouru à travers les Routards ces milliers de lieux secrets

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Ne demandez pas à cette bête écorchée de sourire et de prendre pour acquis
Le temps dans cette attente héréditaire et misérable auquel je suis confiné
Même les regards sur les écorchures passées ne sont rien à côté des brûlures
Présentes et des projections futures que la folle du logis m’empoisonne
Je claudique ne sachant où ces pas rongés par les meurtrissures m’enverront
J’étouffe les cris de rage subite qui mettent ma gorge en feu et en désarroi
Ne me demandez pas d’être un gérant d’estrade pour vos pronostics présents
Je gère et digère à peine ces restes d’un corps en lambeaux sanguinolents
Je suis le reflet authentique de cette planète qui saute les plombs à rafistoler
La gangrène généralisée monte sur ce seul esquif où on se cassera la gueule

mardi, février 20, 2007

Monologues de l’aliénation d’un autre temps

Par Jacques Rancourt
Monologues
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Monologues de l’aliénation d’un autre temps

1
Je me promène parfois dans mes mémoires
Je revois dans les recoins de la maison de mon enfance
Tant de cadavres cachés frileux et pieux
Je ne puis croire que tant de sottises ont peuplé
L’émergence des forces de vie annihilées
Par tant de remontrances et de prescriptions loufoques
Abuser de la verdeur de l’innocence est la honte
Inconsciente d’une époque révolue et à oublier

11
La plupart du temps j’achetais ces inepties
Je m’empêchais de vivre mes pulsions libératrices
Je côtoyais tant de négations et de subjectivismes
Que je restais aveuglé et incapable de voir autrement
Jamais quelqu’un n’a osé tirer la sonnette d’alarme
Jamais on a tenté de me sortir des dépendances
J’errais avec un vague à l’âme non identifié
J’édulcorais la réalité par peur de perdre la raison

111
La prison de mon enfance a fortifié ses murs
Jusqu’à l’adolescence les barreaux empêchaient toute fuite
Je ne pensais même pas fuir tant étaient apprivoisées les inepties
La cohorte des âmes bien pensantes fortifiaient et congratulaient
Les imbéciles heureux pullulaient et je rongeais mon frein
J’étais mal dans mon corps et je haïssais mon âme
Le bonheur semblait aussi loin qu’une éventuelle délivrance

1V
À l’aube de l’âge adulte les griffes du destin m’enserrèrent lourdement
Je plongeai soudainement dans un monde si irréel et si mystique
Incapable de gifler le destin engluant j’errai dans mes extravagances
J’imaginai d’autres mondes et d’autres lieux à fouler pour déguerpir
Le scénario de ma vie s’écrivait dans l’encre des décideurs aveuglés
J’anticipais un destin à la mesure des insignifiances inséminées
Le réveil fut brutal et à la mesure de mes inconsciences abreuvées
Le chemin de la liberté fut un calvaire construit sur les cendres de ce passé renié

Monologues d’une bête humaine exténuée

Par Jacques Rancourt
Monologues
Mes autres poèmes

Monologues d’une bête humaine exténuée

Je cours sans arrêt
Je passe mon temps à courir
Je cours après le temps
Je veux arrêter le temps

Je veux dompter le temps
Je veux comprendre cette course
Je suis prisonnier du manque
Je suis prisonnier du néant

Je veux dompter le désir
Je suis prisonnier du désir
Je veux combler le vide
Je suis vidé par cette course

Je ne veux plus rien à espérer
Je ne veux plus rien à regretter
Je ne veux plus rien à posséder
Je ne veux que la plénitude

Je ne veux que le pur plaisir
Je ne veux que la puissance
Je me veux pèlerin de l’immanence
Je ne veux que l’ici et le maintenant

lundi, février 19, 2007

Le vinocanthrope

Par Anne Brunelle, webmestre de Océanie
La série Ocanthrope
Mes autres poèmes

Le vinocanthrope

du Champagne à l'apéro ? élégant !

son col est blanc
ses habits, taillés sur mesure
son langage, châtié

un Madère avec le potage ? moelleux !

ses amis son triés sur le volet
ses idées, approuvées,
son vote, toujours gagnant

un Chablis avec le poisson ? quel bouquet !

c'est un homme important
sa compagnie est recherchée
il sait jouir de la vie

un grand cru de Bordeaux avec le rôti ? racé !

il a dédain de l'argent
il investit ses économies
il vaut plus mort que vivant

ciel ! pas de vin avec la salade !

ses lectures sont littéraires
sa musique, classique
ses voyages, enrichissants

un Sauternes avec le dessert ? suave !

il ne connaît rien aux sports
il est amateur d'arts
il est poète à ses heures

un Porto millésimé avec les fromages ? noble !

il est connaisseur de café
il n'a aucun sens de l'humour
il a toujours raison

une fine Cognac pour finir ? divin !

vendredi, février 16, 2007

Immanensité océanique

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Immanensité océanique

Ego égoïste
Ego dérisoire
Ego angoissé
Ego effrayé
Ego terrorisé

Sirius
Carré de Pégase
Nébuleuse d’Andromède

Nuit claire
Nuit sereine
Nuit douce
Nuit lumineuse

Silence éternel
Espaces infinis
Apaisement total
Océan de paix
Un Dieu
Pour quoi faire
L’univers suffit

Une Église
Inutile
Le monde suffit

Une foi
À quoi bon
L’expérience suffit

Ainsi s’exprime l’ego pacifié